Sarthe, Inv. arch. T. I, série G-G., année
51. Aug. de Trémault, L'ass. pub. dans la ville de Vendôme avant 1789. In-S. Vendôme, 1882, p. 23-24.
gnie de charité. Il a la première place aux assemblées, voix prépondérante en cas de partage, et siège sans étole 52.
Si la paroisse rurale est importante, le curé se trouve assisté d’un certain nombre de messieurs et de dames. Les petits centres se contentent, en général, d’une compagnie de dames et de demoiselles nommées dans une assemblée des marguilliers, ou même par exception, lors de l’assemblée générale des habitants. Ces dames, choisies en raison de leur piété et de leur dévouement aux œuvres, ont pour mission de visiter à domicile les pauvres en santé et en maladie et de procurer à tous les secours nécessaires. Elles élisent une trésorière dont les fonctions, renouvelables, cessent au bout de trois ans.
Une fois constituées les Dames se recrutent habituellement elles-mêmes. Il est spécifié parfois que les femmes mariées doivent justifier du consentement préalable de leur époux.
Il existe, en outre, suivant les localités, un trésorier ou receveur des pauvres, qu’on nomme aussi : Procureur de la charité. Elu tous les trois ans dans une assemblée générale du Bureau (ou une assemblée des paroissiens), il a la charge de recouvrer les revenus, tant fixes que casuels, appartenant aux indigents, à quelque titre que ce soit ; même le produit des troncs et des quêtes. C’est entre ses mains que les marguilliers en exercice de comptables versent également « les sommes et rentes dues chaque année par la fabrique, à la charité, soit des pauvres malades, soit des pauvres ménages. »
Les Curés, une fois un Bureau constitué, peuvent continuer « à disposer avec prudence, fidélité et discrétion, des aumônes remises en leurs mains : avec cette condition spéciale qu’ils en soient les seuls distributeurs. »
Dans l’intervalle d’une assemblée à l’autre, le trésorier doit avoir soin de recueillir les billets que les pauvres mettent dans la
52. Arrêt de la Cour de Parlement, 1785, diocèse de Reims, op. cit ., art. GUI. Pour tous les détails, consulter : J*** (Jousse), conseiller au Présidial d’Orléans. Traité du gouvernement spirituel et temporel des paroisses, ln-12, Paris, 1769. Voir notamment le chapitre m, Du soin et gouvernement des pauvres des paroisses. (Il existe deux éditions de cet ouvrage portant la même date mais n’ayant pas absolument la même pagination.) Potier de la Germondaye, Introduction au gouvernement des paroisses , suivant la jurisprudence du Parlement de Bretagne. In-12. Saint-Malo et Rennes, 1787.
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boîte à ce destiné. Ces bulletins sont ensuite distribués à chacun de ceux, ou de celles, que l’on charge, suivant les différents quartiers, de prendre les informations nécessaires sur ces infortunés et d’en rendre compte au Bureau.
Les assemblées de charité s’occupent habituellement de tout ce qui regarde le soulagement des nécessiteux de la paroisse ; y compris l’assistance des enfants « au lait et à la farine. » Ces assemblées peuvent être ordinaires ou générales.
Les premières se tiennent tous les mois, ou tous les quinze jours, selon l’usage, au presbytère, au banc de l’œuvre, quelquefois à la sacristie. Dans les petites localités, ces réunions comprennent forcément un nombre restreint de personnes.
Il y a également presque partout des sessions extraordinaires : à Noël, élection d’un procureur de charité, s’il y a lieu ; à la Pentecôte, audition et approbation des comptes de l’année écoulée.
Annoncées au prône de la messe paroissiale, le dimanche précédent, et rappelées le jour même par le son de la cloche, ces assemblées comprennent outre le bureau, les anciens marguilliers, les seigneurs, les dames du lieu ; les officiers municipaux ; le syndic et autres notables (ne sont souvent réputés tels que ceux imposés à 12 livres au moins de taille personnelle, et à un minimum de 6 livres à titre de capitation53).
On délibère alors sur tout ce qui concerne la charité, et les résolutions, prises à la majorité des voix, sont inscrites par les soins du procureur des pauvres, en un registre particulier conservé aux archives de la fabrique.
En dehors de ces dispositions générales et usuelles, les règlements du xvme siècle s’occupent avec un soin minutieux de l’emploi des biens affectés aux nécessiteux.
53. Art. 1er : te II y aura deux sortes d’assemblées ; celles du Bureau ordinaire, composées du Curé et des trois Fabriciens ; et les assemblées générales, composées des personnes de considération, Gentilshommes, Officiers de Judicature, Avocats, Notaires, Procureurs, Bourgeois, anciens Fabriciens et autres notables paroissiens. Art. 2. Ne seront réputés notables paroissiens, que ceux qui n'étant pas de l’une des conditions susdites, paieront actuellement 50 livres de taille... » (Arrêt du Parlement de Bourgogne, du 7 juin 1771, qui homologue une délibération des marguilliers, du 24 décembre 1770, contenant règlement pour l’Église, la Fabrique et la charité de la paroisse Saint-Pierre d’Avallon.) Ernest Blin, La charité d'Avallon , Bulletin Société de l'Yonne , 1er semestre 1905, p. 88 à 104.
Les revenus, quêtes, offrandes, etc. doivent être employés uniquement en faveur des indigents de la paroisse, en préférant les malades. Il est recommandé de ne point assister des individus adonnés au vice et à la débauche, les jureurs, ceux qui n’envoyent point leurs enfants à l’école et au catéchisme.
Les distributions sont faites autant que possible en nature et non en argent. « A l’examen des pauvres qui demandent de l’assistance, on ne doit ordonner aux valides qui prennent l’aumosne publiquement, sinon du pain et jamais de l’argent, de peur qu’ils ne le dépensent en de mauvais usages, et qu’ après l’avoir dépensé, ils ne soient contraints de mendier 54. »
Les fondations destinées à placer des enfants en apprentissage reçoivent fidèlement leur emploi 55 ; on choisit pour ces placements, et préférablement à tous autres, les petits paroissiens, et parmi eux, les sujets dont on peut constater l’assiduité aux classes et aux instructions religieuses.
Les Bureaux de charité vont ainsi croissant en nombre jusqu’en 1789 ; ils réunissent, pour le soulagement des malheureux, les personnes appartenant à toutes les classes de la société. Le Clergé est presque partout maintenu à la tête de ce mouvement charitable.
Ces institutions sombrent un moment au milieu de la tourmente révolutionnaire pour reparaître, en l’an V, sous le nom de Bureaux de bienfaisance avec un caractère nettement municipal.
Les secours, lorsque les ressources le permettent, sont distri-
54. Règlemens des assemblées politiques de charité des paroisses. .. Jouxte la copie imprimée à Rennes, et depuis augmentée par divers Missionnaires, qui travaillent à faire les établissemens marquez cy-dessus, suivant l'exemple de Bretagne. Paris (1662), in-4, 37 p., p. 11.
« Quant au mode d’assistance, Turgot condamnait, en général du moins, les secours en argent, parce que le vice en peut trop facilement changer la destination, et la distribution des soupes parce qu’elles ont l’inconvénient d’habituer à la mendicité, et qu’il est d’ailleurs très difficile d’y mettre de l’ordre et d’éviter l’abus des doubles emplois. Le moyen le plus simple et le meilleur consistant, d’après lui, à donner des bons de pain et d’aliments qui seraient reçus par les boulangers ou autres fournisseurs des bureaux de charité » (Batbie, Turgot philosophe, économiste et administrateur , in-8, 1866, art. III, p. 348).
55. « Rente de 28 livres destinée à faire apprendre le métier de couturière en drap à une pauvre fille de Saint-Nicaise de Chaalons-sur-Marne » ( Semaine religieuse de Chalons , 14 octobre 1893, p. 880).
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bues comme par le passé. Il est bien question, alors, dans les circulaires ministérielles, de soupes aux légumes , c’est simplement un nom nouveau donné à l’antique marmite des pauvres 56.
§4. — De quelques Institutions d' assistance fondées notamment à Lyon y La ville des aumônes.
Au xvie siècle, l’évêque de Verdun, Nicolas Psaulme « touche à toutes les institutions pour les vivifier. » C’est à ses réformes qu’il faut faire remonter le germe de Y association des Dames créée en faveur des indigents. « En son projet de règlement de l’aumône publique, ce prélat prie en effet les dames bourgeoises de la cité, d’aider les Recteurs dans leur tâche, et de quêter tous les dimanches 57 . »
Mais c’est seulement l’année 1665 que cette Confrérie se trouve constituée d’une manière définitive. Son but est de secourir à domicile les nécessiteux auxquels l’hôpital ne peut rien allouer. Ces pieuses protectrices des pauvres s’engagent à : « quêter pour les malheureux et les malades; prendre soin de leur guérison, les visiter, chacune en sa semaine, les nourrir, préparer leurs viandes, et, si Dieu en dispose, les préparer à la mort, leur procurer les derniers sacrements et pourvoir à leur sépulture. »
La compagnie est placée sous la tutelle de l’évêque, Président-né des réunions mensuelles. Il existe en outre : une supérieure, et une trésorière rendant ses comptes tous les mois.
Ces dames se trouvent débordées, en 1693, par le nombre des misères qu’il faut soulager ; elles traitent avec la Maison des Sœurs de Saint-Vincent-de-Paul ; d’utiles et indispensables auxiliaires viennent les seconder.
Des dons généreux permettent à ces femmes dévouées de faire
56. « Bourg : comptes de 1786. Rentes de la Marmite, 811 livres; elle fournissait du bouillon aux malades, aux femmes en couches et aux enfants » (Dr Ebrard, op. cit ., p. 98). On voit également se propager les recettes préconisées par Rumford, de Munich, pour obtenir des potages nourrissants à base d'orge, pommes de terre, pois, fèves, lentilles et haricots. Voir aussi ses systèmes de fourneaux économiques. Conférer : La Révolution et les Pauvres , op. cit., p. 226. Étab. d'humanité, op. cit., n° 1 (IV), n° XXVIII, p. 8 et 13. Essais politiques, économiques et philosophiques , par Benjamin, Comte de Rumford. 2 vol. in-8, Genève, an VII.
57. L.-H. Labande, La charité à Verdun. In-4. Verdun, 1894, p. 51 et suiv. , p. 94-95.
le bien ; le chanoine, Isidore Gerbillon, par exemple, leur confie la mission de distribuer, surtout aux pauvres honteux et aux prisonniers, une somme de 3.000 livres (1692).
Le budget annuel de l'association atteint 3.531 livres en 1769.
Il existe, à Albi, deux sociétés fondées l’an 1685, consacrées au soulagement des pauvres et des malades. Ces confraternités se rattachent par leurs statuts à l’ordre de saint Dominique. Nous voyons presque partout les personnes de conditions différentes se rencontrer pour soulager le prochain, ici, les sœurs noires , appartenant toutes à la noblesse, ne veulent point recevoir dans leurs rangs des roturières. Celles-ci fondent alors une seconde association portant le nom de sœurs blanches 58.
La charité est aussi ardente chez les unes que chez les autres ; si les premières disposent de ressources plus abondantes, les secondes, par contre, se consacrent davantage à la visite des malades 59 .
A Châlons-sur-Marne, nous trouvons, de 1281 à 1635, une œuvre appelée : dudit denier. Son nom provient « du denier que chaque confrère verse chaque semaine, conformément à l’article 4 du règlement, ce qui, pour 4.000 confrères, peut monter à 875 livres 60 . »
Presque tous les testaments des xve et xvie siècles, comprennent un petit legs en sa faveur. Cette confrairie est gouvernée par trois personnes « de bonne famée et bonne renommée », qui rendent leurs comptes deux fois par an.
58. Ceci est contraire aux règles ordinaires de la charité. « En effet, disent, en 1682, les statuts des assemblées de charité des paroisses bretonnes, ces employs sont un exercice d’humilité, où l’on ne se propose que l’exemple de Notre-Seigneur et des saints les plus humbles, si quelqu’un de ceux qu’on choisit pour directeur ou pour officier, fait quelque contestation pour le rang ou pour la préséance, il ne faut point l’engager à un employ pour lequel il semble que Dieu ne luy a pas encore donné assés d’humilité, de peur qu’il n’y fasse du trouble ; et qu’en y cherchant le vain honneur du monde, il n’y trouve la confusion, dont le Seigneur menace les orgueilleux» ( op . cit., p. 6).
59. E. Jolibois, lnv. Arch. du Tarn, t. II (ville d’Albi). Préface, p. 51 et suiv.
60. L. Grignon, La confrérie dudit denier . In-8, 31 p. Châlons, 1886. « 4. Item, Recepvront leur Saulveur à Noël, Pasques et Penthecoste au moins ; et pour accomplir les sept œuvres de miséricorde, chascune personne payera toutes les sepmaines ung denier à ceulx qui sont commis à le lever par les paroisses de Chaalons, lesquels en rendront compte, une fois le moys aux trois gouverneurs de lad. contrarie (op. cit., p. 8).
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Le but de l’association est de « faire guarir aux despens de lad. Contrarie, pauvres enfans et aûltres malades...
« Avoir plusieurs litz... pour prester et subvenir aux pauvres femmes gisantes, pauvres passants, pauvres escoliers et aultres pauvres personnes malades et nécessiteux. »
« Visiter tous les moys ordinairement soixante et dix pauvres lesquelz sont demourans en lad. ville de Chaalons pour eulx subvenir à ce qui leur est de nécessité, lesquels sont mis par escript en ung registre de papier estant entre les mains des dits maistres, et quant aulcun des dictz pauvres vont de vie à trepassement, on y en mect ung aultre pour le dict nombre accomplir. »
On distribue du pain blanc, du bois, des fagots ; « grande quantité de robbes, corcetz, jacquettes, menches, chausses et solliers... et montent tous les ans lesd. habitz, chausses et solliers à la somme de deux centz livres ou environ... »
Les trois gouverneurs de la confrairie « donnent également tous les ans grand nombre de deniers à plusieurs pauvres personnes malades; à l’ung deux sols, à l’autre huict, à l’autre six, selon que l’on peut congnoistre la nécessité, pour eulx subvenir pendant le temps de leur maladie, et montent tous les ans lesdicts deniers environ à la somme de sept à huict vingt livres tournois au plus, selon que le casv echiet61. »
En 1633, la réunion de cette Institution aux hospices de la ville, décidée dès 1606, devient un fait accompli. Les valets de la confrérie sont retenus pour être employés comme porteurs lors des funérailles.
A Paris, la Société ou maison philantropique naît du mouvement charitable qui marque le règne de Louis XVI 62.
61. « 19. Idem, Lesdictz maistres et gouverneurs font apprendre aux escolles pauvres petitz enfans orphelins et autres, iceulx entretenir de ce qui leur est nécessaire durant ledict temps, et après qu’ilz auront esté à l’estude quelque espace de temps et qu’ilz vouldront apprende leur mestier tel que leur esprit pourra comprendre et qu’ilz se conduiront, iceulx maistres leur feront apprendre aux dépens d'icelle confrarie, et iceulx entretenir durant le temps de leur apprentissage de ce qui leur est nécessaire. »
62. Consulter : Calendrier Philantropique, année 1787. In-8, civ, 120 p. Maison Philantropique. Le Roi chef et protecteur. In-8, 1790. Vicomte cl’Haussonville, Centenaire de la Société. Notice historique. In-8, 45 p. Paris, 1880. Péan de Saint- Gilles, La Maison Philanthropique de Paris. In-8, 282 p. Paris, Lemerre, 1892.
En 1780, des hommes « animés par le goût de la bienfaisance,, s’occupent à secourir par le concours de leur fortune ou de leurs, lumières, la vertu indigente et souffrante. »
<( Le mot de pliilantropc , dit la première notice parue l’année 1785, semble le plus propre à désigner les membres d’une société particulièrement consacrée à remplir ce premier devoir du citoyen. »
Savalette de Langes, garde du trésor royal, joue un rôle prépondérant dans cette organisation. « Vice-président en 1780- 1781 et 1782 ; secrétaire une partie de 1783, il est, comme doyen, membre perpétuel du Comité. »
Le nombre des membres grossit rapidement, et, vers 1789* la Société nouvelle exerce sa charité intelligente vis-à-vis de sept classes de malheureux : nonagénaires et octogénaires ; aveugles ; femmes en couches ; veufs et veuves chargés d’enfants ; enfants de familles nombreuses ; ouvriers estropiés et invalides ; pupilles élevés par la Société de charité maternelle. ( Maison phil ., op. cit., 1790, p. 246.) Le Budget de l’œuvre s’élève pour 1789 à 121 .000 livres.
La ville est divisée en quinze quartiers et les secours ne sont, en général, accordés qu’aux indigents domiciliés à Paris depuis trois ans.
Les calendriers de 1787 et de 1790 nous renseignent exactement à ce sujet.
Les octogénaires touchent 9 livres ou 15 livres par mois ; les nonagénaires 18 livres. Les femmes en couches doivent prouver la légitimité de leur mariage et l’existence de cinq enfants. « Une mère qui, n’ayant que trois ou quatre descendants, complète le nombre de six, en accouchant de deux ou trois jumeaux, obtient pour la naissance de chacun le secours répété de 48 livres. Les layettes, lorsqu'il y en a, ne peuvent être distribuées, outre le secours ci-dessus, qu’aux mères qui nourrissent elles-mêmes leurs enfants . »
Pour obtenir des subsides, veufs et veuves, sont tenus de prouver qu’ils ont la charge de six enfants, l’aîné ayant moins de quinze ans.
« On exige qu’indépendamment des trois années de domicile, les postulants soient ouvriers sans qualité, veuves, enfans ou
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femmes d’ouvriers, gens de peine, comme journaliers, porteurs d’eau, gagne-deniers, compagnons, etc. A moins qu’il n’y ait dix ans que l’état de domesticité soit revenu à un état de peine, ou la profession de la maitrise ait cessé par indigence. »
La Société se compose de philantropes , payant une souscription de quatre louis; d'associés à la bienfaisance de la Société qui versent deux louis ; d’associés regnicoles répandus dans les Provinces et d’associés étrangers , en petit nombre. Le Comité comprend : un président, deux vice-présidents, un trésorier, neuf commissaires généraux et un rapporteur.
Les noms de personnes appartenant à la plus haute noblesse figurent sur les listes de l'institution, dont le progrès, nous le répétons, est rapide 63 .
Mais hélas ! les mauvais jours arrivent : l’hiver désastreux de 1788-1789 ; la diminution des fortunes ; l’émigration. La Société essaie encore de lutter; les Jacobins, qui veulent que l’assistance émane d’eux seuls, englobent la Maison philantropique dans la proscription universelle de la charité privée.
La Convention, séance du 29 prairial an 2, sur le rapport du citoyen Ducos, prononce l’arrêt de mort de l’œuvre en passant à l’ordre du jour, à l’occasion d’une demande en subvention formée par les membres de cette Société autrefois si prospère 6L
63. « De tous côtés des étrangers nous demandent des renseignements... Lorsque d’un bout de l’Europe à l’autre, on semble s’être donné le mot pour secourir la vieillesse et l’enfance malheureuses, la bienfaisance, cette vertu non moins douce à ceux qui donnent qu’à ceux qui reçoivent, ne paraît- elle pas désormais affermie sur des fondements indestructibles » (Communiqué au Journal de- Paris , 1787. Péan de Saint-Gilles, op. cit., p. 35-36).
64. Voici le texte exact du décret rendu; chaque mot doit être médité par ceux qui, à l’heure actuelle, se font encore illusion sur le sort que nos Jacobins français du xx® siècle réservent à toute manifestation de la bienfaisance n’émanant pasdu Dieu-État.
« Décret portant qu'il n'y a lieu h délibérer sur la demande d'une somme de 20.000 liv., formée par la société philantropique de Paris , pour continuer sa distribution. Du 29 prairial, l’an deuxième.
« La Convention nationale, après avoir entendu le rapport de son comité dessecours publics sur la demande d’une somme de dix-huit à vingt mille livres, formée par la Société philantropique de Paris, pour continuer ses distributions
« Considérant que la nation française a contracté rengagement de secourir l’indigence ; que ce seroit manquer le but d’extinction de la mendicité, que de confierà des sociétés particulières la répartition des sommes destinées au soulagement des pauvres ; que c’est de la nation seule que le citoyen en souffrance a droit de réclamer, et doit directement recevoir de quoi subvenir à ses besoins ;
A Lyon, il existe également une Société de même nature, fondée par quelques citoyens charitables, réunis le 24 septembre 1789, en vue de se concerter sur les moyens d’assister les indigents durant l’hiver.
Ces hommes de cœur ouvrent, à cet effet, une souscription individuelle de 42 livres, payable 6 livres pendant sept mois. Le Roi souscrit pour 25.000 livres. De 1789 à 1790, 177.000 livres se trouvent employées à des distributions de pain; les allocations en charbon reviennent à 21.000. En janvier 1791 s’ouvre un bureau destiné à procurer du travail aux ouvriers et aux ouvrières qui en manquent. Le Règlement date du 14 avril 1791, il pose en principe (art. 1er, § 1 et 2) « que le but de la Société Philantropique, établie dans le district de Lyon, est de soulager l’infortune et l’indigence en dirigeant plus particulièrement ses soins et ses secours sur ceux des habitants qui y sont nés ou qui y sont domiciliés depuis un an.
« Procurer à l’indigent les moyens de subsister par le travail, et ne donner une subsistance purement gratuite qu’à celui qui est dans l’impuissance absolue de travailler ou de gagner, en travaillant, ce qui lui est nécessaire pour exister ; telle est la règle invariable que la Société prescrit à sa bienfaisance 65. »
On ne saurait édicter des règles meilleures, mais en 1791 on est bien près du 21 vendémiaire an 2, et la cité lyonnaise,
« Considérant que, s’il a été précédemment accordé quelques sommes à des sociétés philantropiques, c’est lorsque les lois n’avoient pas suffisamment pourvu aux moyens de secourir tous les indigens de la république ; mais que, dans ce moment, quiconque est hors d’état de subvenir à ses besoins, en retrouve les ressources dans la générosité nationale, sans devoir recourir à des assistances individuelles, trop avilissantes pour des citoyens français;
« Considérant enfin que toute répartition qui n’émaneroit pas des lois communes seroit abusive, destructrice des principes de justice, d’égalité et du mode de répartition consacré par autant de lois qu’il existe de classes indigentes ou malheureuses, et que par celle du 13 pluviôse, les conseils généraux des communes dévoient se concerter avec les sociétés philantropiques, et arrêter les distributions sur les états et renseignemens qu elles leur fourniroient ;
« Décrète qu’il n’y a pas lieu à délibérer. » ( Collection des Décrets, prairial an 2, p. 142).
65. Règlemens de la Société philantropique, ou de bienfaisance chrétienne, établie dans le district de Lyon. In-8, 1791. Les détails qui précèdent sont empruntés à une note manuscrite, non signée, jointe à notre exemplaire. « Les noms et adresses des membres du Bureau central des commissaires députés et des officiers des Bureaux particuliers, ont été publiés dans l’almanach de Lyon pour 1791. »
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détruite en partie, « se voit effacée du tableau des villes de la République. La réunion des maisons conservées doit porter désormais le nom de Ville affranchie 66. »
C’est là également que la Société des hospitaliers veilleurs de nuit' prend naissance vers 1764. Trois ouvriers, qu’unissent les liens de l’amitié, sont membres d’une confrérie de métier ; l’un d’eux, atteint par la maladie, étant transporté à l’hôpital, ses amis l’y visitent ; ils aident à lui assurer les soins nécessaires. D’autres malheureux sont ensuite assistés ; l’idée prend corps en 1782, environ quatre-vingts membres dévoués ne laissent pas sans assistance des infortunés privés de parents et d’amis ; ils les veillent gratuitement, pourvoyant à toutes leurs nécessités. Les règlements se trouvent arrêtés en 1790. Les soins spirituels ne sont pas négligés 67.
C’est dans cette pensée que se fonde, dès l’année 1677, « la Société des Dames unies pour le secours des pauvres atteints de maladies incurables dans l’étendue de la paroisse de Saint- Nizier 68 ». Il s’agit de venir en aide à une multitude de malades « dont une partie est exclue, par la qualité même de leurs affections invétérées et incurables, de la ressource de pouvoir être reçus dans les Hôpitaux généraux... »
« Il est bien convenable, disent les statuts de 1747, que le soulagement des pauvres dont les infirmités sont les plus vives et les plus rudes à supporter, soit confié et remis entre les mains des Dames auxquelles le Seigneur donne un caractère naturellement si compatissant, si propre à entrer dans les détails nécessaires, et même à porter une consolation chrétienne et édifiante dans 1 esprit et le cœur des malades destitués de toute espérance de guérison... »
66. « La ville de Lyon sera détruite. Tout ce qui fut habité par le riche sera démoli. Il ne restera que la maison du pauvre, les habitations des patriotes égorgés ou proscrits, les édifices spécialement employés à l’industrie, et les monuments consacrés à l’humanité et à l’instruction publique » ( Collection des Décrets , 21 vendémiaire an II, p. 192-193).
67. Article de M. J. -B. Guise, Réforme sociale, 3e série, t. IV-XXIV, juilletaoût 1892, p. 529-540.
68. Règlemens de la Compagnie des Dames unies pour le secours des pauvres incurables de la paroisse de Saint-Nizier de Lyon. In-12, 38 p. Lvon, Valfray,
Cette association prend une vie nouvelle au xvme siècle et se compose de dames et de demoiselles placées sous l'invocation de sainte Élisabeth de Hongrie.
Les assemblées générales ont lieu deux fois par an ; le mardi de la semaine sainte, et au mois d’août.
Les directrice, trésorière et secrétaire, nommées pour trois ans, peuvent être continuées dans leurs fonctions. Le territoire de la paroisse est divisé en douze quartiers « pour servir de borne à la visite, et de règle aux soins des Dames infirmières préposées à chacun desdits Quartiers69. »
Le 5 avril 1699, des habitants de la paroisse Saint-Michel d’Ainay, réunis chez leur curé, approuvent « une méthode pour servir de conduitte et de raigle au soulagement des pauvres dans la ville de Lyon 70 »\ Ce règlement, sauf quelques modifications de détail, sert encore de base à « l’œuvre des Messieurs » de ladite paroisse en 1773; une édition en est alors publiée « pour exciter la générosité des riches sensibles et compatissants, à contribuer par amour encore plus que par devoir, au soutien d’une entreprise si nécessaire pour diminuer les sources de la misère publique, si consolante dans les vues du christianisme, et, par là même, si glorieuse à la religion71. »
Assistons à une séance, elle s’ouvre, si vous le voulez bien, ami lecteur, le premier dimanche du mois d’avril 1701, après les vêpres, au presbytère. Les membres présents, chrétiens honorables, viri boni testimonii , ecclésiastiques ou laïques, sont présidés par M. le prévôt-curé, assisté de deux conseillers, du trésorier (toujours un laïque), et du secrétaire. Celui-ci commence par
69. « L'on pourra admettre à la portion les femmes accouchées, nouvellement sorties de l’Hôtel-Dieu, mais ce ne sera que pour un tems qui ne sera ordinairement que de quinze jours, sauf à le prolonger en cas de besoin, ce qui est remis à la prudence de la Dame infirmière qui donnera alors un billet de prolongation pour quelques jours. La portion ne sera jamais accordée à des personnes suspectes de mauvaise vie, ou attaquées de maladies extraordinaires, pour ne pas exposer les Dames qui feront la visite à entrer dans de tels endroits ; elle ne sera non plus accordée qu’à des personnes domiciliées dans la paroisse, depuis six mois si ce n’est dans des castrés pressants. . . » (Règlement cité, p. 17).
70. J. Godart, Une œuvre de charité dans la paroisse Saint-Michel d'Ainay à la fin du XVIIe siècle. In-8, 21 p. Lyon, Vv0 Mougin-Rusand, 1898.
71. Instruction concernant l'administration de l’œuvre des Messieurs, établie pour le soulagement des pauvres dans la paroisse d’Ainay. Petit in-8, 46 p. Lyon,
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« faire la lecture d’un livre contenant quelque traité sur l’aumône tant pour empescher qu’on ne se repende en discours inutiles que pour disposer lesassistans au suject qui les assamble. » Après un quart d’heure de lecture, ou environ, on se met à genoux, implorant le secours du Saint-Esprit par la récitation de l’hymne Veni Creator , on consacre quelques moments à la méditation et, •chacun ayant repris sa place, le secrétaire lit le procès-verbal de la séance précédente.
Si un retardataire arrive, la lecture commencée, il n’est pas admis; le règlement ne porte exception que pour le prévôt-curé en raison des devoirs de son ministère.
La paroisse comprend douze quartiers égaux à la tête de chacun desquels sont préposés deux « des messieurs de l’œuvre », afin qu’ils puissent se remplacer mutuellement. Ces visiteurs viennent, à tour de rôle, entretenir leurs confrères du résultat de leurs visites. A la suite de chaque exposé, les membres opinent, s’il y a lieu, avec brièveté, sans attache à leur opinion propre, « laissant la décision de tout à la pluralité des voix et à la conduite de l’esprit de Dieu qui doibt animer tous les assistans. »
Les préposés aux divers quartiers ont, pour se guider dans leurs ■explications, des imprimés divisés en colonnes et contenant les noms, demeures, professions des familles, l’âge des enfants ; les secours que ces indigents reçoivent de l’aumône générale de la ville ; « leurs besoins spirituels ou corporels » ; les allocations qui leur ont été faites par l’œuvre ; enfin « leurs mœurs, bonnes ■ou mauvaises, sans rien exprimer toutefois qui puisse flétrir la réputation des particuliers, à moins qu’ils ne soient déjà diffamés eux-mêmes par quelque vice public ». Ces imprimés, ou rôles, ■sont révisés avec soin, deux fois par an, à Noël et à la Saint- Jean-Baptiste.
L’OEuvre n’alloue aucun secours de loyer, « ces secours étant •capables d'absorber des sommes considérables et entraînant beaucoup d’abus 72 » ; on ne donne jamais d’argent comptant. En dehors des allocations de pain, viande, « légumes et sel en carême », les visiteurs peuvent demander des subsides excep-
”2. Règlements de 1699 et de 1773 , art. III et art. XLIV.
tionnels : charbon, linge, vêtements, couvertures, « paillasses,, chevets et balles pour les enfans, affîn d’empescher qu’ils ne couchent avec leurs pères et mères, ou les frères avec leurs sœurs. »
Ces lits, draps, paillasses, sont revêtus d’une marque spéciale, enregistrés chez les Sœurs de Charité, et les pauvres doivent les. rendre s’ils quittent la paroisse.
Comme des membres nouveaux assistent pour la première fois» à la séance, le président croit utile de donner lecture de deux articles du règlement :
Art. IV. « La vizitte des pauvres, commaneée toujours par celle de Jésus-Christ au Saint-Sacrement, dans la chapelle du Saint-Esprit, les préposés se souviendront qu’ils remplissent les fonctions des premiers diacres de l’Église... On évitera, en entrant chez les pauvres et en sortant, touttes sortes de cérémonie pour ne point perdre du temps, on se présentera d’abord devant le crucifix qui doibt estre dans la chambre de chaque famille, on se mettra à genoux en prenant de l’equ bénite et faisant le signe de la croix, après quoy on interrogera le père et la mère... on les écouttera patiemment à l’esgard de leurs besoinssans les rebutter, leur parlant touttes fois avec une fermeté paternelle qui sera toujours mêlée de consolation, leur enseignant sur touttes choses à pratiquer la pauvreté d’esprit comme lemoyen infaillible d’arriver à la béatitude éternelle...
Art. XXIII 73. « L’ignorance des devoirs de la Religion conduisant presque toujours aux plus grands désordres, MM. les visiteurs sont priés de veiller sur-tout à ce que les enfants despauvres qu’ils assistent soient exacts à se rendre aux offices, catéchismes et instructions, ainsi qu’aux écoles de la paroisse... »
L’exposé des besoins des nécessiteux étant terminé, exposé pendant lequel le règlement recommande d’être attentif et de ne. pas parler bas à son voisin , l’assemblée s’entretient de diverses, affaires.
Un membre rend compte de la visite qu’il a faite à un confrère malade ; on fixe la date des messes qui seront dites pour le repos.
73. Cet article emprunté au Règlement de 1773 n’est que le développement d'uit paragraphe de l’article III du Règlement de 1699 .
LES DISTRIBUTIONS d’aüMONES (3e PARTIE)
de l’âme d’un confrère décédé et d’une personne ayant, par testament, laissé un legs à l’OEuvre.
Il est question également, du sermon annuel qui va avoir lieu le mardi de la Semaine Sainte... Le tronc devant être, selon l’usage, placé à la porte principale de l’église pour recevoir les aumônes des fidèles.
On désigne enfin ceux « des messieurs de l’Œuvre » chargés d’assister, à tour de rôle, à la messe mensuelle, célébrée le premier mardi « en l’honneur du saint Esprit, sans l’assistance duquel la compagnie ne pourrait subsister... »
Rien n’étant plus à l’ordre du jour, le président termine la séance par la récitation du psaume Laudate Dominum omnes gentes , l’antienne de la sainte Vierge, conforme au temps, et le De profundis.
Afin d’assurer d’une façon absolue le secret de la quête, un tronc, fermé de deux clefs, l’une entre les mains du prévôt-curé, l’autre remise au trésorier, est placé sur une table « hors et près la porte de la salle d’assemblée... » Chacun, en sortant, seul à seul, met dans le tronc, s’il le juge à propos, ce que sa charité lui inspire ; le tronc est ouvert lorsque tout le monde est sorti.
Ce court résumé, fait d’après les textes, nous donne une idée sommaire de l’Œuvre qui s’exerce ainsi pendant près de cent ans à Ainay, grâce au zèle de chrétiens dévoués ; leur exemple est suivi par d’autres paroisses de la cité, si bien nommée « la ville des aumônes », et même dans quelques localités du sud-est. Dispersés par la tourmente révolutionnaire, ces chrétiens se réunissent de nouveau au commencement du xixe siècle.
Cette association nous fournit ainsi un type particulier des confraternités de charité, elle se rattache, comme on le voit, à tout ce groupe d’institutions si nombreuses dans l’ancienne France 74 .
74. Cette œuvre offre l’intérêt particulier de constituer, dès 1699, une véritable Conférence de Saint-Vincent de Paul ; l’analogie est frappante ; il ne serait donc pas impossible d’admettre que les jeunes étudiants fondateurs de nos Conférences aient pu avoir connaissance de ces règlements lyonnais, si pratiques, si propres à assurer le soulagement des pauvres .
Quoi qu’il en soit, le bien a sa contagion comme le mal, la charité catholique ne cesse, depuis deux mille ans, de former une longue chaîne d’institutions qu’aucun effort hostile ne saurait briser, et, au dernier jour du monde, les anges exécuteurs
3i6 HISTOIRE DE LA CHARITÉ. LIVRE III. CHAPITRE VII
Nous ne pouvons terminer ce chapitre VIIIe sans dire quelques mots d’œuvres diverses qui viennent s’ajouter aux fondations dont nous venons de parler.
En dehors des Confréries de métiers on peut constater, dès le xvme siècle, des tentatives de Sociétés de secours mutuels.
La Société de Gaillac remonte à l’année 1781 et a pour but de procurer aux sociétaires pauvres les remèdes nécessaires pendant leurs maladies, et de pourvoir aux frais de leurs obsèques. Il semble même que les bienfaits de cette mutualité s’étendent à la fourniture de vêtements, de combustibles ; des secours pouvant même être fournis exceptionnellement à des personnes étrangères 75.
Nous trouvons aussi, en 1791, à Paris, un essai analogue, dont l’objet est de se prêter secours en cas de maladie, infirmité ou vieillesse 76.
L’hygiène prescrit l’usage des bains, mais trop souvent les nécessiteux sont privés de ces avantages. A la fin du xvme siècle, dans la Capitale, s’ouvrent des bains chauds, offerts gratuitement aux pauvres sur prescriptions des médecins ; c’est d’ailleurs plutôt un essai qu’une entreprise importante :7.
de la sentence divine trouveront encore de pieux fidèles occupés à ajouter un anneau à cette chaîne ininterrompue de dévouements et de sacrifices. (Cette société nous a fourni le sujet d’une communication à la réunion des Conférences de Paris — 21 avril 1901 — Bulletin de la société, juillet 1901, p. 169 et suivantes.)
75. Une Société de secours mutuels sous la Révolution, à Gaillac, par Ch. Portai, archiviste du Tarn. « Cette œuvre est l’un des cinq établissements dont la statistique officielle constate l’existence avant la Révolution. Le fait n’a rien de surprenant eu égard aux efforts de Chamousset pour faire apprécier et répandre un nouveau genre d’assistance mis à la portée des personnes peu aisées, qui, néanmoins, n’auront pas voulu réclamer de secours gratuits » (Compte rendu fait par Alfred des Cilleuls, Bulletin Comité des travaux historiques , sciences économiques, année 1907, p. 41). Conférer : Levasseur, llist. des classes ouvrières , op. cit., t. II, Liv. VII, chap. vin, p. 828-829.
76. Règlement pour la Société de secours mutuels formée en 1791. In-8, 1822. Lettre de Chabrol, Préfet de la Seine, aux membres de la Société, 1er mars 1822.
« Votre société de Secours Mutuels est l’une des plus anciennes. L’exemple précieux que avez donné par là des premiers, honore vos principes et vos sentimens... »
op. cit., p. 41.)
77. Dr Cabanès, Mœurs intimes du passé , 2e série. La vie aux bains. In-8, Paris, 1908. On trouve dans cet ouvrage, p. 335, le fac-similé d’une ordonnance de cette nature signée par le D1 Guillotin, 5 juillet 1792. Conférer : 1° Tuetey, L'ass. pub. à Paris , op. cit., t. VI, p. 522-524, nos 393-395. — 2° Arch. Nat., série F15, 270. Rapport du 8 fructidor, an 4, avec des formules imprimées, distribuées aux indi-
LES DISTRIBUTIONS D’AUMONES (3e PARTIE)
Après cet aperçu sommaire des Bureaux de charité et œuvres similaires de nos anciennes provinces, étudions avec quelques détails : V ordre d'admission pour le soulagement des pauvres , dans les principales paroisses de la Cité Parisienne,
gents, pour l’obtention de bains chauds. « Le citoyen Vigier avance qu'il ne peut plus faire de sacrifices en faveur de cette classe de malheureux, si le gouvernement n’en fait point à son égard. »