LES MÉDECINS A ROME
§ 1er. — Esculape et son culte.
L’homme cherche de tout temps les moyens de guérir le corps, de prévenir les maladies, et cette science si utile lui paraît d’origine divine : « Ejuscjue utilitas deorum immortalium inventioni consecrata » (Cic., Tus., III, 1). Le soleil reste le purificateur par excellence, en Italie aussi bien qu’en Grèce, et les vierges vestales l’invoquent sous un double titre : « Apollo medice. Apollo pæan L »
La magie, dans laquelle nombre d’adeptes saluent un art
1. Macrob., Saturn., I, cap. XVII. Lors d’une grave épidémie (184-3 78 av. J. -G.), les consuls sont chargés d’offrir des présents et de consacrer des statues dorées à Apollon, à Esculape et à la déesse Salus — un temple est élevé sur les bords du Tibre à Apollon médecin (Tit.-Liv., Hist ., XL, xxxvii). Sous le règne de Titus il y eut une peste dont les ravages furent effroyables ; on recourut pour guérir les malades et fléchir les dieux à toutes sortes de remèdes et de sacrifices (Suet., TU.. VIII). A Marseille, au dire de Pétrone ( Satyr ., CXLI), chaque fois qu'on était affligé de la peste, un pauvre se dévouait, à condition que la ville le nourrît une année entière des mets les plus délicats. L’année révolue, couronné de verveine et revêtu d’habits consacrés, on le promenait dans toute l’enceinte de la cité, on le chargeait d’imprécations, pour faire retomber sur sa tête les fléaux publics, et on le précipitait du haut d’un rocher.