‹ Histoire de la charité (volume 4)Chapitre 109 sur 142 · Consulter · texte numérisé non relu

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Dr Réné Briau : 1° L' assistance médicale chez les Romains, in-S, 1869 ;

2° U archiatrie romaine, on les médecins officiels dans l'empire romain, in-8,

Dr Victor Révillout, De la profession médicale sous l'empire romain, Compt ., rendus de l'Académie des sciences mor. et polit., année 1866, nos d’avril-mai et d’oct.-nov.; année 1867, n° de septembre.

Dr Dechambre, L' Assistance médicale chez les Romains et l' archiatrie romaine, analyse des mémoires du Dr Réné Rriau, in-8, 16 p. (ext. Gaz. heb. de méd. et de chirurg., octobre 1879).

20. « Le médecin : esclave, affranchi ou étranger ( Archiatrie romaine, p. 1) et à

LA BIENFAISANCE ROMAINE

à la campagne, Caton par exemple, se croient parfaitement capables de soigner leurs serviteurs au même titre que leurs animaux domestiques 21 .

Les particuliers riches ont auprès d’eux, au nombre de leurs esclaves ou de leurs affranchis, des individus plus ou moins habiles en médecine, achetés souvent fort cher en Grèce 22, ou qu’ils obligent, croyant leur découvrir des dispositions naturelles, à suivre les enseignements d’un praticien 23. Il n’existe pas en effet dans l’Italie de grandes écoles médicales analogues à celles dont s’honore le monde grec. Alexandre Sévère organise le premier des cours ; on permet aux pauvres de condition libre d’y assister moyennant une rétribution en nature 24.

Il ne faut pas s’étonner de l’usage fréquent des médecins domestiques; beaucoup de gens aisés préfèrent, au lieu de recourir à des praticiens de la ville, sentir constamment à leur disposition une personne moins savante peut-être, mais susceptible de connaître à fond leur tempérament, et, ajoute Galien, mieux disposée à la complaisance 25 ; pouvant, de plus, les accompagner en

peu près toujours Grec de naissance, se trouve placé sous l’empire du droit rigoureux et oppressif qui régit ces trois conditions ».

21. Plut., Cato, XXIII (Didot), p. 418. Voir, dans Caton {de re rust.), la description des nombreuses vertus curatives des choux. Varron {de re rust., II, x) désire que l’on n’ait pas besoin de recourir aux médecins, le métayer ayant par écrit tout ce qui concerne les maladies auxquelles les hommes et les bêtes sont sujets.

22. Il est constant que la science médicale fut bien plus cultivée chez les Grecs que chez les autres peuples (Celsi, De medicina, I, i).

23. Un certain Thessalus ayant, au dire de Galien (Méth. méd ., I), annoncé qu’en six mois il pouvait enseigner tout ce qu'un médecin doit savoir, eut en peu de temps une foule de disciples. Martial se plaint, dans une de ses épigrammes du nombre des disciples qui accompagnent les médecins, et dont la curiosité indiscrète et intempestive augmente les souffrances des malades {Ep., V, ix).

24. Rhetoricis, grammaticis, medicis, haruspicibus, mathematicis, mechanicis, architectis, salaria instituit et auditoria decrevit, et discipulos cum annonis pau. perum fîlios, modo ingenuos, dari jussit » (Lamp., XLIV). « Dans le second siècle, ce n’était pas généralement les médecins le plus en vogue qui donnaient ainsi des leçons. Galien lui-même, qui nous l’indique, après avoir, avec un grand succès, démontré l’anatomie et les autres sciences médicales lors de son arrivée à Rome, y renonça définitivement et ferma son amphithéâtre vers l’âge de trentequatre ans, aussitôt qu’il eut, comme praticien, une réputation établie, des malades riches et nombreux (Dr Révillout, Comp. rendus cités , 2e sem. 1866, p. 11).

25. « Ceux-ci n’auraient garde de leur refuser de l’eau froide s’ils en demandent ; des bains s’ils en témoignent le désir ; de la neige, même du vin s’ils l’exigent. Contrairement aux traditions antiques de ces descendants d’Esculape qui voulurent commander aux malades, comme des généraux à leurs soldats, comme des rois à leurs sujets » (Galien, Méth. méd., I, i).

voyage ou aux eaux thermales. C'est dans cette catégorie que se recrutent les exécuteurs de tant de crimes. Cicéron, en son Plaidoyer pour Cluentius , retrace l'émouvant tableau de quelquesunes de ces tragédies domestiques alors trop fréquentes 2G.

Les grands propriétaires ont dans leurs maisons de ville des infirmeries (valetudinaria) auxquelles, si besoin est, sont attachés des esclaves spéciaux 27, sous les ordres de l'esclave ou de l'affranchi médecin. C’est ainsi qu'après la chute de l'amphithéâtre de Fidènes (règne de Tibère), de nombreux blessés se trouvent recueillis et traités : « Patuere procerum domus, fomenta et medicipassim præbiti » (Tacit., Ann., IV, lxii-lxiii).

Les expertises et constatations concernant les questions de grossesses et d'enfantement paraissent, durant de longs siècles, appartenir aux sages-femmes qui peuvent aussi faire de la médecine et portent le nom d 'obstetrices ou de medicæ 2S.

Ces sages-femmes reçoivent des cadeaux29 et touchent des honoraires au sujet du règlement desquels le Président de la province est fondé à intervenir.

Un rescrit de Jules César accorde aux médecins, exerçant à Rome, le droit de cité, ainsi qu’à ceux qui professent les arts libéraux; « une telle faveur devant leur faire aimer davantage le séjour dans cette ville et en attirer encore d’autres 30 ». Auguste ajoute à ce privilège l’exemption d’impôts.

L’espoir de César n’est pas trompé ; à partir de ce moment, les étrangers viennent en foule, et à la défiance de Caton l’Ancien contre ces médecins exotiques, succède un tel engouement qu’un praticien ne vaut rien s’il n’écrit pas ses ordonnances en langue grecque. Pline ajoute [Nat. hist ., XXIX^ vm), « peu de

26. Cicéron (or. pro Cluentio, passim) nous montre un de ces misérables empoisonneurs, pourvu par sa maîtresse d'une officine et exerçant la médecine jusqu’au jour où il est exécuté pour vol.

27. « L’esclave auquel échoit, dans un nombreux domestique, le soin de traiter les malades et les fous (Senec., de const. sapient ., XIII; Senec., de Ira. I, xvi).

28. Digesi ., L, xm, de extraord. cognit ., I, § 2; Digest., XXV, iv, de inspiciendo ventre , custodiendo que partu.

29. Plaut., Mil. glor.. act. III, sc. I, v. 695: « Tum obstetrix expostulavit mecum, parum missum sibi. »

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