‹ Histoire de la charité (volume 4)Chapitre 119 sur 142 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

aux seuls citoyens et ne se préoccupant point des pauvres qui ne jouissent pas de ce titre. Cette constatation n’a rien qui doive surprendre, et nous pouvons dire avec le Dr Briau (Assis, méd., op. cit . , p. 4) : « Il est évident que le peuple qui fait périr, pour son plaisir, des milliers de créatures humaines dans d'atroces spectacles ne peut avoir le sentiment de la vraie philanthropie bien développé ».

LA BIENFAISANCE ROMAINE

§ 1er. — Les particuliers et les pauvres.

Les devoirs réciproques des patrons, affranchis et clients se comprennent et se justifient parfaitement ; ils sont un élément de force pour la société, et plus d’une fois c’est à la tête des hommes placés sous sa tutelle et son patronage que le patricien romain repousse les ennemis de la cité. Cette institution dégénère; sous les empereurs elle devient une sorte de mendicité organisée : <( Est-on pauvre ou seulement gêné et paresseux, on se fait admettre dans une troupe de clients, chose facile, car une des vanités des riches est de paraître en public précédés et suivis de citoyens en toge 1 » .

On va donc quêter des invitations à dîner; une place à ces tables immenses servies maigrement, tandis que le maître du logis se gorge de mets exquis 2 ; agglomérations de convives dont le nombre excite les inquiétudes de Néron 3; il veut que chacun emporte sa part dans une petite corbeille ( sportula ) 4 5. Beaucoup de patrons se contentent de faire faire une distribution en argent, cent quadrans, soit vingt-cinq as ’.

1. Duruy, Hist. des Rom., op. cit., t. Y, p. 143; Naudet, Des secours pub., op. cit., p. 26.

2. Juv., Sat., V, parasiti, v. 67- et seqq. ; Mart., Epig., II, xviii ; IV, lxviii.

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