Montant des allocations par mois, à Véléia
C légitimes, 16 sesterces.
Garçons < illégitimes, 12 sesterces.
( légitimes, 12 sesterces,
filles < illégitimes, 10 sesterces.
Après Trajan, cette ingénieuse combinaison du crédit foncier et de la bienfaisance se perpétue. Adrien augmente en faveur des enfants de l’un et l’autre sexe les distributions de vivres (Spart., Hadrian . , VII). Antonin et Marc-Aurèle fondent en l’honneur de leurs épouses, nommées toutes deux Faustine, de nouvelles compagnies de Faustiniennes : « Puellas alimentarias in honore Faustiniæ, Faustinianas (Antoninus) constituit » (Capit., Ant., VIII, M. Ant. , XXVI). A Alexandre Sévère se rattachent les Mammæani et les Mammæanæ (Lamp., Alex Sev., LVII). Pertinax, vu la pénurie du trésor, est forcé, « en dépit de son respect pour la mémoire de Trajan », de supprimer les pensions restées impayées depuis neuf années 38.
Ces allocations, malgré l’ingéniosité de leur fonctionnement et bien que différant, sur plusieurs points, des distributions alimentaires, des congiaria , des donativa , empruntent cependant les caractères essentiels de l’assistance d’Etat. Elles ne peuvent donc se perpétuer qu’à une époque de paix et de sécurité. « Outre que dans les temps de guerre civile et d’incertitudes, la préoccupation des gouvernants est absorbée par d’autres soins que le soulagement des misères, le fisc ne fournit plus les ressources nécessaires 39 ». Aussi ne doit-on pas s’étonner que la décadence de l’institution alimentaire de Trajan coïncide avec l’anarchie militaire et politique qui précède l’avènement de Dioclétien ; après avoir toutefois donné naissance à quelques œuvres similaires, dues à des particuliers, en Italie, en Afrique et jusqu’en Espagne 40.
La jurisprudence encourage ces subsides aux enfants et aux citoyens âgés. Les donations, dit Paul, peuvent être faits à la cité, soit pour l’embellir, ad ornatum , soit pour l’honorer, ad honorem , et au nombre des choses qui honorent le plus une ville est l'usage de donner des aliments aux vieillards infirmes, aux jeunes garçons et aux jeunes filles : « Hoc amplius, quod in alimenta
38. Il est vraisemblable, ditINaudet, que les officiers des municipalités et les agents du fisc qui devaient s’entendre avec eux pour exiger le payement de cette rente, n’avaient pas fait les diligences nécessaires à l’égard des débiteurs (Naudet, Sec. puh., op. cit., ch. IV, p. 78).
39. E. Desjardins, Les Antonins , d’après VEpigraphie , Revue des Deux-Mondes , Jer décembre 1874, p. 652.