‹ Histoire de la charité (volume 4)Chapitre 129 sur 142 · Marquardt, De l’org. financière , op. cit., p · texte numérisé non relu

Marquardt, De l’org. financière , op. cit., p

LA BIENFAISANCE ROMAINE

infirmée ætatis (puta senioribus, vel pueris, puellisque), relictum fuerit, ad honorem civitatis pertinere respondetur vDigest ., XXX, i, de legatis , 122).

Tel est l’ensemble des actes que l’on peut attribuer aux particuliers en ce qui concerne les nécessiteux : les fondations alimentaires des empereurs ayant trouvé place dans ce chapitre, en raison de la forme spéciale qu’elles affectent ce qui les rapproche de certaines œuvres privées, bien « qu'en réalité ce soit dans un intérêt politique qu’elles sont établies 41 ».

Ces actes de bienfaisance émanent, comme la sportule , d’une pensée de vanité doublée de calculs électoraux ; d’autres découlent trop souvent d’un sentiment de gloriole pour la ville dont les habitants veulent rehausser l’éclat et le prestige ; elles s’appliquent presque exclusivement aux seuls citoyens. L’idée de l’Etat prime en effet tout, et c’est au point de vue des avantages qui doivent en résulter pour la République que Cicéron recommande le rachat des captifs et les secours aux déshérités de la fortune « at que hæc benignitas etiam reipublicæ est utilis, redimi e servitute captos, locupletari tenuiores... » [de off ., II, xviii).

Ceci ne doit nullement surprendre : le Romain est par nature un utilitaire et un égoïste ; dans les Géorgiques , l’indifférence pour le malheureux est érigée en vertu :

... ; ne que ille,

Aut doluit miserans inopem, aut invidit habenti.

( Géorg ., II, v. 498,499).

Et puis la vie est courte, amusez-vous tandis que vous vivez, dit un personnage de Plaute ( Bacchides , act. Y, sc. II, v. 1146-1147) ; si vous laissez échapper le plaisir aujourd’hui, vous ne le goûterez pas quand vous serez mort. On doit cependant, selon le même auteur [Amp hit., act. II, sc. II, v. 685 et seqq.), être bienfaisant envers les bons, serviables envers les gens de bien. C’est la morale courante, elle ne saurait enfanter la charité.

41. On peut citer, à titre exceptionnel, une riche fondation faite à Sicca en faveur de 300 garçons et de 200 filles de trois à quinze ans, à choisir dans les familles des municipes et des incolæ habitant la cité (Duruy, Hist. des Rom., op. cit t. IV, p. 276, en note).

Néanmoins, l'étendue du mal, l'excès du luxe, la disproportion toujours croissante des fortunes, amènent une réaction, surtout dans les écrits. « Le paganisme s’attendrit, dit Martha [Les moralistes de V empire romain , in-8, 1864, p. 401), et réclame en faveur des misérables par la bouche de ses philosophes, de ses poètes et même de ses rhéteurs, qui font de la pitié le thème de leurs déclamations ».

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