Maimonides, cap. VII, § XIII, p
HISTOIRE DE LA CHARITÉ. CHAPITRE Ier
D’autres commentateurs fixent le minimum à trois pour cent. Mais tout le monde reste obligé de donner selon ses facultés. Le pauvre nourri de la charité publique doit prélever une part sur ce qu’il reçoit et en faire profiter un indigent plus malheureux que lui 55 .
Ces préceptes sont-ils suivis? On voit, il est vrai, des hommes pieux accomplir largement ces devoirs, même en exil, comme Tobie; tous les jours cet isra élite distribue à ceux de ses frères captifs d’abondantes aumônes; nourrissant ceux qui ont faim; ensevelissant les morts malgré la défense du roi Sennacherib 56. Plus tard les Esséniens se montrent pleins de compassion pour ceux qui souffrent de la misère et de l’abandon 57.
Toutefois, à côté de ces âmes généreuses, observatrices de la loi, il existe aussi en Judée des avares, des êtres égoïstes ne pensant qu’à amasser des richesses. Malheur à vous, s’écrie Amos, qui réduisez en poudre le pauvre et faites périr l’indigent; vous qui vendez fort cher et à fausse mesure le blé et même les criblures de vos greniers : « Qui conteritis pauperem et defîcere facitis egenos terræ. »
Au retour de la captivité, Nehémias accueille les plaintes du peuple réduit à la plus extrême misère par les exactions des puissants, forcé pour ainsi dire de vendre ses enfants, d’abandonner ses vignes et ses terres. Il obtient, il est vrai, avec des promesses pour l’avenir, la remise des propriétés extorquées aux faibles et aux petits 58 ; néanmoins le mal persiste d autant plus que le joug des souverains étrangers, les guerres, les impôts, diminuent pour les nécessiteux les moyens de se suffire par le travail. Des règles nouvelles sont jugées nécessaires ; une taxe des pauvres est établie et, sous menace d’étre battu de verges 59, chacun se voit forcé de venir en aide aux infortunés habitant la
55. Maimonides, VII, § V, p. 71 ; Schwab., t. II, p. 5 ; Traité Pé a, ch. I, § I.