CHAPITRE IX
guérit l’épilepsie, s’il n’a pas touché la terre; mâché et appliqué sur les ulcères, il en amène la guérison [Nat. hist ., XXIV, vu).
Telles sont les croyances dont le crédule Pline se moque le premier [Nat. hist., XVI, xcv), « tant d’ordinaire, dit-il, les peuples révèrent religieusement des objets frivoles ». « Tanta gentium in rébus frivolis plerum que religio est». Plus tard, lors de la domination des vainqueurs, les familles opulentes, les cités, font venir à grand frais, de Massilie ou de Rome, des médecins, en même temps que des philosophes et des professeurs d’éloquence (A. Thierry, op. cit ., II, p. 385).
En dehors de ces superstitions grossières, communes à toutes les nations de l’antiquité, il convient de faire ressortir la partie élevée de la doctrine des druides, c’est-à-dire le dogme d’un Dieu tout-puissant, rémunérateur, infini; dogme véritablement national, impliquant une ferme et constante croyance à l’immortalité de l’âme ; « le trait le plus distinctif du génie et des mœurs de nos pères » (Roger de Belloguet, op. cit., 3e partie, section III, B, xv, p. 134-135).
En ce qui concerne les Germains, ils partagent ces croyances tutélaires, et le tableau tracé par Tacite, en opposition avec les coutumes romaines de son temps, suffit à faire l’éloge de ces peuples encore barbares : « Là, écrit le grand historien [Germ., XIX), personne ne rit des vices ; corrompre et se laisser corrompre ne s’appelle pas suivre le siècle. Les bonnes mœurs ont là plus d’empire que n’en ont ailleurs les bonnes lois ». « Nemo illic vitia ridet, nec corrumpere et corrumpi sœculum vocatur... plus que ibi boni mores valent quam alibi bonæ leges ».