CONCLUSIONS DE LA PREMIÈRE PARTIE DE L’OUVRAGE
Faut-il admettre que le progrès moral s’accomplit, de siècles en siècles, par les seuls efforts de la raison humaine ?
Si cette théorie est fondée, ce progrès continu doit apparaître de la manière la plus frappante en ce qui touche au soulagement et à la défense des petits, des déshérités de ce monde.
Cette constatation ressort-elle des chapitres qui précèdent ?
Il suffit pour répondre de comparer les documents si anciens relatifs à l’Egypte pharaonique et les données que nous possédons sur la cité de Romulus, parvenue au faîte de la puissance sous Auguste et les premiers Césars. Des années sans nombre se sont écoulées entre ces deux périodes de l’histoire ; le travail du temps, les rapprochements entre les peuples, les échanges d’idées qui en forment le corollaire ont évidemment secondé et accéléré ce progrès ; on doit donc trouver aux temps des Pharaons les preuves de l’abandon, de l’écrasement de tout ce qui est faible ; l’oubli complet des devoirs envers les malheureux ; alors que la raison pure fait éclore chez le Peuple-Roi des sentiments absolument opposés. Sans cela que devient la thèse?
Or la femme est plus libre, plus égale juridiquement à l’homme en Egypte que dans la société romaine. L’infanticide, l’abandon, rares sur les bords du Nil, deviennent hélas ! habituels aux époques brillantes de la civilisation des Hellènes et des Latins.
« Je n’ai pas éloigné le lait de la bouche du nourrisson. « Telle est la déclaration que les plus antiques rituels prêtent au