CHAPITRE II
La stèle d’Entef (même dynastie) ne s’exprime pas autrement au sujet du lieutenant du nome d’Abydos. «... Il rendait justice aux plaintes du pauvre ; c’était le père du faible, le soutien de celui qui n’avait plus de mère ; le mari de la veuve ; l’asile de l’orphelin 8. »
En dehors de ces monuments funéraires, des milliers de témoins se dressent devant nous, attestant l’universalité et la perpétuité de ces nobles sentiments sur la vieille terre pharaonique : « Les idées et les croyances morales de l’Egypte, écrit Ch. Waddington, sont pour l’essentiel dans le livre des morts et la confession négative en est l’expression la plus haute 9. » Ce livre sacré, qui accompagne chaque momie, renferme les principaux incidents du voyage de l’âme du défunt. Cette âme, à la suite de pérégrinations nombreuses, est amenée devant l’Osiris céleste et les quarante-deux juges. Une scène émouvante se trouve alors décrite dans des termes qui, modifiés légèrement au cours des siècles, restent immuables en ce qui concerne leurs principes essentiels 10. Le défunt s’exprime de la manière suivante 11 :
« Hommages à vous, maîtres de la vérité ; hommages à toi, Dieu grand, maître de la vérité. Je suis venu vers toi, Mon Seigneur... Je n’ai fait perfidement de mal à aucun homme. Je n’ai pas rendu malheureux mes compagnons... Je n’ai pas fait, comme chef d’hommes, jamais travailler au delà de la tâche... Il n’y a eu, par mon fait, ni craintif, ni pauvre, ni souffrant, ni malheureux... Je n’ai point fait maltraiter l’esclave par son
Histoire ancienne de l'Orient, 9e édit., 1882, t. II, ch. III, § 3, p. 121 ; Amelineau, op. cit., ch. IV, pp. 140, 141.