‹ Histoire de la charité (volume 4)Chapitre 23 sur 142 · Amelineau, op. cit ., ch. II, p · texte numérisé non relu

Amelineau, op. cit ., ch. II, p

21. Diod. de Sicile , I, lxxix ; E. Revillout, Rituel de Pamonth , note de la page 8.

En dehors de cette circonstance, le trafic et la guerre fournissent les esclaves. Sur la terre d’Egypte, celui qui a perdu sa liberté ne devient pas une chose , il reste un homme. Sa servitude, quelle qu’en soit l’origine, laisse subsister les liens conjugaux et paternels. Est-il victime d’un meurtre, le coupable est passible de la peine csppitale comme s’il s’agissait d’un citoyen libre 22. Toutefois, au point de vue du traitement, il importe de distinguer entre les individus appartenant à des particuliers et les captifs employés par le gouvernement aux grands travaux publics.

Pour les premiers, l'esclavage est doux et ressemble beaucoup au servage 23. Les possesseurs d’esclaves sont obligés de les faire enregistrer sur un rôle tenu par l’autorité administrative ; les litiges relatifs à cette sorte de propriété sont portés devant les juges. « En cas de fuite, ce n’est pas en vertu des ordres du propriétaire que la recherche est faite, mais par ceux d’un haut fonctionnaire, à qui il est directement rendu compte des résultats de l’affaire et demandé des ordres pour la procédure à suivre 24. »

La traite, nous venons de le dire, ne fournit pas seule les esclaves ; à la suite des conquêtes en Asie et des razzias effectuées si souvent chez les infortunées populations de l’Afrique, les vainqueurs comparaissent devant le Pharaon ; ils ont coupé sur les cadavres des ennemis la main (ou une autre partie du corps) ; ils conduisent des troupeaux de prisonniers, « les mains liées derrière le dos, au-dessus de la tête ou en avant du corps, ou bien encore engagées dans une cangue de bois. On voit aussi, sur les peintures murales, ces prisonniers enchaînés à la file à une corde faisant un nœud à chaque captif 25 ».

22. Diod. de Sicile , I, lxxvii, Legrand ; La terre des Pharaons , op. cit., ch. IV p. 119.

23. E. Revillout, Cours de droit égypt.., 1er vol., fasc. I, Paris, 1884, p. 90.

24. Règne de Ramsès. Rapp. adressé par un fonctionnaire nommé Afner prince Sha-em-tam sur la recherche et la captivité de six esclaves fugitifs (Chabas, Mèlang. êgyp ., in-8, 1862, p. 12). En tout temps la loi concède à l’esclave le droit de se réfugier dans un temple afin d’échapper au maître qui abuse de son autorité ( Hérod ., II, cxiii ; Paturet, op. cit ., p. xii de l’Introduction).

25. P. Pierret, Dict. d’Arch. égyp., op. cit., p. 453, au mot prisonniers.

LES PEUPLES DE L ANTIQUE ORIENT

Le nombre de ces malheureux est parfois considérable. Une inscription remontant à la troisième dynastie relate les exploits d’un général : « Cette armée alla en paix (c est-à-dire de succès en succès ) ; elle écrasa le pays des Hérouschaïtou ; cette armée alla en paix : elle emporta leurs enceintes fortifiées ; cette armée alla en paix : elle coupa leurs figuiers et leurs vignes ; cette armée alla en paix : elle incendia leurs blés ; cette armée alla en paix : elle massacra leurs soldats par myriades ; cette armée alla en paix : elle emmena leurs hommes, leurs femmes et leurs enfants en grand nombre. Ce dont Sa Majesté se réjouit plus que de toute autre chose. » (Amelineau, op. cit ., ch. II, p. 80).

Aprèg ces expéditions, le Pharaon distribue une partie des captifs aux personnes qu’il veut récompenser et enrichir; il en consacre au service des temples et affecte le reste à la construction de ces immenses édifices qui couvrent le sol, qu’il s’agisse des pyramides, des bâtiments fastueux, ou des digues, des chaussées, des terrassements nécessaires à contenir et diriger le fleuve qui vivifie la terre d’Egypte. Le sort de ces esclaves est digne de pitié : « Ce n’est, dit F. Lenormant, qu’avec un sentiment d’horreur que l’on peut songer aux milliers de captifs qui doivent mourir sous le bâton des gardes-chiourmes, ou bien victimes des fatigues excessives et des privations de toute nature en élevant, en qualité de forçats, les gigantesques constructions auxquelles se plaît l’orgueil insatiable d’un Ramsès IL Dans les monuments de son règne, il n’y a pas une pierre, pour ainsi dire, qui ne coûte une vie humaine 26. »

Les esclaves royaux sont employés aux durs labeurs des mines, notamment à celles du Sinaï 27 ; on leur adjoint ensuite des condamnés lorsque la peine de mort est remplacée par celle des travaux forcés 28.

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