LES PROLÉTAIRES
La terre égyptienne appartient au Pharaon29, ce fils du Ciel dont on ne saurait prononcer le nom sans l’accompagner de la triple invocation : « vie-santé-force »; il reçoit en nature les impôts de ses sujets ; ainsi que les tributs levés sur les villes soumises à son autorité 30.
Un cadastre soigneusement établi et tenu au courant des mutations comprend, pour chaque district, le relevé de toutes les espèces de terre et le nom de ceux qui les détiennent 31 .
Une telle organisation suppose une multitude de fonctionnaires hiérarchisés, de scribes, suivant les armées, parcourant chaque Nome , rendant compte de leur gestion aux teneurs de livres en chef32, et ceux-ci aux lieutenants du Prince33.
Ces scribes sont chargés en même temps de surveiller les magasins d’approvisionnements, de payer en nature les ouvriers royaux, les employés et les personnes travaillant pour le compte de l’Etat ou des Temples 34.
La paperasserie administrative 35 dépasse toute limite ; le
29. Amelineau, op. cit., ch. II, p. 55; Chabas, Rech. poui' servir à l'hist. de la XIXe dynastie , in-4, 1873, p. 75.