G. Maspero, Étud. égyptiennes, 1888, t. II, p
31. F. Lenormant, Iiist. des peuples de l’Orient, continuée par Babelon , 1883, t. III, ch. Ier, § 4, p. 38.
32. Chabas, Mèlang. égypt ., 3e série, 1870-1873, t. I, p. 237 : « Les scènes peintes sur divers tombeaux nous initient au mécanisme de la comptabilité agricole : on y voit à l’œuvre les mesureurs, les compteurs, les pointeurs, les scribes notant les quantités reconnues.,... »
33. Sous le règne de Thotmès III, Reklimara, monarque de Thèbes, examine tous les comptes ; les scribes comparaissent un à un devant lui et aucun ne doit entendre ce que l’on a dit à son prédécesseur (Th. Virey, Mémoires de la mission du Caire , t. V, 1889).
34. G. Maspero, Étud. égyptiennes , op. cit., t. II, p. 45; E. Revillout, La Propriété, ses démembrements en droit égypt., 1897, lre part., 2e leçon, p. 50.
35. « La monarchie se transformait peu à peu en un état essentiellement bureaucratique. » Legrand, La Terre des Pharaons, op. cit., ch. Ier, pp. 34-35.
LES PEUPLES DE l’âNTIQUE ORIENT
meilleur moyen de parvenir est la fonction de scribe : « le scribe prime tout », disent les papyrus.
Un des fonctionnaires, vivant sous la XIIe dynastie, écrit une violente satire, dans laquelle il passe en revue les inconvénients, les misères, des métiers ou professions manuelles ; il en parle avec un réel dédain, engageant son fils à choisir la carrière paternelle 36.
Ce scribe va évidemment un peu loin dans sa critique, elle présente néanmoins quelques réflexions justes. D’une manière générale, la condition des prolétaires est précaire et dépend trop de l’arbitraire du pouvoir ; il en est de même pour le petit cultivateur : « Rien n’empêche le mauvais prince, l’officier prévaricateur, de ruiner et de maltraiter à sa guise le peuple auquel il commande. Un ordre de lui et les corvées s’abattent sur les propriétaires d’un bourg leur enlevant leurs esclaves, les obligeant à laisser leur fonds inculte. Dès qu’ils se déclarent impuissants à s’acquitter de leurs contributions, la prison s’ouvre pour eux et les leurs 37. »
Le laboureur supporte son mal en patience ; les ouvriers réunis dans de vastes chantiers et recevant chaque mois, ou chaque quinzaine, la ration de viandes, légumes, fruits, gâteaux, nécessaire à leur subsistance et à celle de leur famille, se mutinent lorsque la provision est épuisée, peut-être en raison de leur imprévoyance, avant le temps fixé 38.
Un surveillant de la nécropole de Thèbes consigne sur son carnet les phases diverses d’une de ces émeutes : « Le scribe de la comptabilité et les pères divins (les prêtres) de cette demeure ont écouté ce qui se dit chez les manouvriers. On leur a dit : Oh ! l’on nous fait arriver en face de la faim, en face de la soif, nous sommes sans vêtements, nous sommes sans breuvage. Ayant envoyé vers le Pharaon, Notre-Seigneur pour tout cela,