‹ Histoire de la charité (volume 4)Chapitre 26 sur 142 · Amelineau, op. cit., ch. IV, p · texte numérisé non relu

Amelineau, op. cit., ch. IV, p

37. G. Maspero, Hist. anc. des peup. de l'Orient , t. I, ch. IV, p. 338 ; Amelineau, op. cit., ch. II, p. 61.

38. G. Maspero, Étud. égyptiennes , t. II, p. 132 ; G. Lumbroso, Rech. sur l'Écon. pol. de l'Égypte sous les Lagides, in-8, 1870, ch. Ier, § vi, p. 19 ; G. Maspero, Hist. anc. des peuples de l'Orient, les premières mêlées des peuples, in-4, 1897, ch. V, p. 539.

nous enverrons vers le gouverneur, notre supérieur, qu’il nous soit donné les moyens de vivre. » On leur accorde alors des aliments pour un jour; ils se révoltent de nouveau, menacent de se mettre en grève; on est forcé de leur répartir les provisions amassées dans les magasins 39.

La situation des classes pauvres s’aggrave lorsque le pays est épuisé par de longues guerres, des expéditions lointaines. Trop souvent, si le nombre des captifs n’est pas jugé suffisant, en raison de l’immensité des travaux entrepris, l’oppression devient intolérable ; des corvées odieuses écrasent une partie notable de la population. C’est ce qui a lieu lors de la construction des grandes pyramides 40 ; le même phénomène se reproduit sous Ramsès II (Sésostris) quand il opprime le peuple hébreu et prépare ainsi son exode41.

A toutes les époques-, de hauts fonctionnaires, nous l’avons vu déjà, s’efforcent de remédier aux souffrances des classes populaires ; de ne point « leur montrer un visage de crocodile » et d’administrer sagement : « Je suis, dit un gouverneur de Thèbes, sous la XIIe dynastie, le chef héréditaire Le Conseiller dans le logis royal Celui vers lequel les grands

viennent en courbant le dos, les chefs en inclinant profondément

la tête Les gens de la Thébaïde m’aiment... Les nobles

chantent mes louanges Je suis le bâton d’appui du vieillard,

le nourricier de l’enfant, l’interprète du misérable, la salle qui tient au chaud ceux qui sont exposés au froid dans Thèbes, la nourriture des abattus 42. »

Ramsès III s’étend avec complaisance sur son humanité : « J’ai fait vivre le pays tout entier; misérables, mortels, hommes

Page 1