Paturet, op. cit., Introd., p. xl
72. Sayce, Social life among the Assyrians and Babylonians, in-12, Oxford, 1893, chap. VI, siavery, p. 75 à 83.
LES PEUPLES DE L’ANTIQUE ORIENT
enlèvement de l'esclave par un fonctionnaire en vue de l'employer aux travaux publics 73 .
Il est certain que si la condition matérielle de ces malheureux varie avec le caractère du maître, ils ne sont pas abandonnés entièrement à sa discrétion : « L’homme qui frappe son esclave, si celui-ci en meurt, est perdu, estropié, incapable de travail, rendu infirme, se voit condamné à payer par jour une demimesure de blé 74 . »
Il y a dans tout cela des atténuations dont il est juste de tenir compte.
§ 3. — Du soin des malades.
Existe-t-il dans ces empires quelques mesures d’assistance ?Les documents demeurent encore muets sur ce point. Nous savons seulement que les abandons sont fréquents; des enfants de courtisanes, de femmes répudiées 75 se trouvent exposés le long’ des rues, aux carrefours des chemins, même dans des lieux déserts.
Les passants en ont quelquefois pitié, des familles sans postérité recueillent quelques-uns de ces délaissés aux fins d’adoption ultérieure. Des fragments de briques nous livrent les détails d’un fait de ce genre : « Celui qui n’avait ni père, ni mère... c’est à la citerne que se rattache son souvenir ; c’est dans la rue qu’on l’a recueilli. Il l’a pris à la gueule des chiens ; il l’a pris en mains sous le bec des corbeaux. En présence du devin, il a pris son horoscope... et on a imprimé le cachet du devin, sous la plante de ses pieds. Il l’a donné à une nourrice à laquelle il a garanti pour trois ans, les grains, les effets et le vêtement. Alors à et toujours il lui a caché comme il l’avait recueilli. Il lui a donné ainsi l’allaitement humain et il en a fait son enfant.
73. « On a découvert dans les ruines du palais de Sargon, 17 petites olives en briques percées d’un trou sur lesquelles sont inscrits des noms de femmes avec l’indication du trafic dont elles ont été l’objet... Ce sont des Babylonniennes emmenées en Assyrie » (Lenormant et Babelon, op. cit., t. V, liv. VI, ch. Ier, § 6, p. 101; Oppert, La condition des esclaves à Babylone, Ac. Inscrip. et Belles-Lettres, 2 mars-6 avril 1888 , p. 3 à 9.)
74. F. Lenormand, Lettres assyr ., Étud. accadiennes , t. III, p. 24.
75. Dès l’époque la plus reculée on trouve dans ces pays la femme égale en dignité à l’homme soit comme mère, soit comme épouse ; mais la répudiation est permise (Paturet, op. cit., p. xxvm à xxxii).