Euripide, Hècube , v
68. « Si la coutume, dit Xénophon ( Rép . d'Athènes , ch. Ier, § 10, p. 693), autorisait
un homme libre à frapper un esclave, un étranger, non affranchi, le citoyen bien souvent pris pour un esclave serait victime de la méprise »
69. Denis, Histoire des théories et des idées morales dans l'antiquité , 2 vol. in-8, 1856, t. Ier, p. 71. — Épigramme funéraire: « Même maintenant chez les morts je suis fidèle, ô mon maître, comme autrefois, n’ayant pas oublié tes bontés ; trois
fois de mon vivant tu m’as soigné dans des maladies, tu m’as rendu la santé »
( Anthologie grecque , 1863, t. Ier, n° 179, p. 153).
70. Démosthène, Plaid. d'Ariston contre Conon ; — Troisième plaidoyer contre Aphobos , § 11, p. 440) : « J’ai offert de lui livrer pour qu’il le mît à la question l’es-
LE CITOYEN GREC CHEF DE FAMILLE
Celui qui exige cette preuve, placée au premier rang des dépositions convaincantes, « la plus forte de toutes les preuves, dit l’orateur Lycurgue 71 », doit indemniser le maître, si l’esclave (une femme généralement) reste estropié, infirme, ou vient à mourir à la suite des tourments qu’on lui fait endurer 72.
L’esclavage prend fin de diverses manières. Lorsque les parents reconnaissent un enfant exposé, d’origine libre, élevé comme esclave par ceux qui l’ont recueilli 73 ; quand une rançon est payée pour des prisonniers de guerre ou des personnes enlevées par des pirates74; l’Etat peut aussi, en des circonstances critiques, armer les esclaves publics et leur assurer ensuite la liberté à titre de récompense 75.
Le mode le plus ordinaire est l’affranchissement ; le maître le concède volontairement, soit par acte entre vifs, soit par voie testamentaire ; habituellement, l’esclave achète sa liberté avec le fruit de ses petites économies.
Cet affranchissement a lieu aussi sous forme de consécration
clave lettré qui était présent lorsque Aphobos a fait ses aveux (R. Dareste, trad. citée , t. Ier, p. 49) ; — Premier plaid, contre Onetor , § 35, p.454 : « J’ai donc sommé Onetor de me livrer trois servantes qui savaient que cette femme vivait avec Aphobos. Je ne me contentais plus de vaines paroles, je voulais que la question fût donnée pour établir ces faits » (R. Dareste, trad. citée , t. Ier, p. 83. — Plaid. Callistrate contre Olympiodore ; — Plaid, contre Everges et Mnésibule ; — Second plaid. d’Apollodore contre Stéphanos ; — Plaid, de Théomneste et Apollodore contre Nèèra ; — Eschine, Harangue sur la prévarication de l'Ambassade.
71. Lycurgue (Didot), Plaid, contre Léocrate , § 28 et 29, p. 6. — « La preuve par témoins était d’ailleurs décriée et le seul témoignage qui pût être considéré comme sincère était celui de l’esclave mis à la question (R. Dareste, Les plaid, civils de Démosthène, frad. citée , t. 1er, p. 66, notes sur le troisième plaid, contre Aphobos. — Wallon, Hist. de l’esclavage , op. cit ., t. Ier, p. 322-324. Cette torture, dans certains cas, servait à couvrir l’esclave qui autrement n’aurait pas osé parler contre son maître; elle était alors, croit-on, assez légère.
72. Aristoph., Les grenouilles , v. 618-625. Xanthias: « Prends cet esclave, faislui subir un interrogatoire — Eaque. Fort bien, mais si j’estropie ton esclave, faudra-t-il le payer? Xanthias. Tu ne me devras rien, mets-le à la torture. »
73. Presque tous les romans grecs (notamment celui de Longus) ménagent des reconnaissances de cette nature.
74. « Mon père pris par les ennemis au temps de la guerre de Décélie et vendu pour être emmené à Leucade, rencontra par hasard l’acteur Cléandre et fut enfin rendu à sa famille après une absence... « (Démosthène, Plaid. Euxithèe contre Eubulide , § 18; R. Dareste, trad. citée, t. II, p. 90).
75. On rencontre des exemples de ce fait à chaque page de l’Histoire grecque.