‹ Histoire de la charité (volume 4)Chapitre 52 sur 142 · Aristophane, Acharniens ; Plutus, v · texte numérisé non relu

Aristophane, Acharniens ; Plutus, v

15. E. Pottier parlant du tonneau de Diogène ajoute: « Il semble d’après un texte d’Aristophane [Cher., v. 792) que ce choix d’habitation ne fût pas une invention bizarre du philosophe, mais que les pauvres étaient parfois réduits à user de ces refuges économiques » ( Dict . a nt. grecq. et rom., 2e vol., lre partie, p. 332, au mot Dolium .)

16. Un pauvre demandait l’aumône à un Lacédémonien : « Si je te donne, dit celui-ci, tu mendieras encore davantage et le premier qui t’a donné est cause de ta dégradation, car il t’a rendu paresseux. » Plutarque, Apophth. de Lacédém., n° 53, Didot, p. 291). — « Ces riches, qui ont tant d’or, tant d’argent... et sont si peu disposés à nous en donner notre part, qu’ils ne daignent même pas jeter les yeux sur le commun des hommes... » (Lucien (Didot), Saturnales , I, xx).

17. On avait cru trouver à Hiérapolis une institution charitable organisée par une corporation de teinturiers en pourpre. Un nouveau déchiffrement de l’inscription a montré que l’on s’était trompé [Bull. Acad. Roy. de Belgique, 3e série, t. XXVI, 1893, p. 668-669.)

18. « Pour les secours en cas de maladie, pour les avances en cas de besoin, il ne saurait être question de Thiases , aucun auteur ancien ne dit que les associés aient pu dans l’une ou l’autre circonstance recourir à la caisse commune » (P. Foucart, Des associations relig. chez les Grecs ; Thiases, Eranes , Orgéons, in-8, 1873, 1” part., § 8, p. 52 ; 3e part., § 15, p. 141).

LE CITOYEN GREC ET l’ÉTAT

Tout au plus, ces Sociétés pourvoient-elles à la sépulture de leurs membres défunts, le but exclusif poursuivi est de se réunir pour célébrer des sacrifices et surtout prendre part à des festins.

Dans les eranes purement civils, un membre peut emprunter de l’argent à* ses compagnons ; la somme ainsi recueillie, désignée sous le nom d ’eranos, « n’est ni un don, ni un secours, mais un prêt qu’il faut rembourser19 ».

Les sacrifices si fréquents aux héros éponymes et aux divinités multiples formant le panthéon hellénique offrent aux classes pauvres l’occasion heureuse de distributions de viande 20, car, à quelques exceptions près, tous se terminent par un repas21. Il en est ainsi pour les fêtes de V aiora , des apaturies , des dipoleia 22, etc. Hécate préside aux carrefours, à chaque nouvelle lune, les riches offrent un sacrifice à la déesse ; des œufs, des fromages sont abandonnés dans la rue, et les pauvres s’en emparent aussitôt 23 ; c’est à cette coutume que se réfère Lucien lorsqu’il fait dire à Diogène: « Ajoute qu’il ait soin de venir la besace pleine de lupins ou d’un souper d' Hécate 24 ».

Les solennités religieuses sont une occasion de fêtes, a chacun y prend part : vieillards, pauvres, hommes du bas-peuple, esclaves ; c’est pour eux un moment de repos et d’adoucissement aux peines de la vie 25 ».

19. P. Foucart, op. cit., 3e part., § 15, p. 143; l'auteur cite Théoph., Caract., § 17. Voir aussi Dict. a nt. grecq. et rom., t. II, l1'8 part., art. Eranos, p. 805, et P. Guiraud, op. cit., ch. XII, p. 206-207.

20. « La population de l’Attique se nourrissait presque exclusivement de pain, de poissons, d’olives et de légumes. Il ressort de tous les textes que les petites gens, c’est-à-dire le plus grand nombre, ne goûtait de viande de boucherie qu’à l’occasion des sacrifices publics » ( Notes sur la Paix d’Aristophane par H. Willems, Bull. Acad. Roy. de Belgique , 1899, p. 881).

21. Haussoullier, op. cit., 2e partie, ch. II, p. 146 ; Fustel de Coulanges, Cité antique , liv. III, ch. VII ; Dict. a nt. grecq. et rom., t. Ier, p. 1269, art. Coena, t. II, p. 736-738, art. Epula.

22. Dict. a nt. grecq. et rom., t. Ier, p. 171; t. II, p. 269. A Sparte, les repas publics (Syssitia) ne sont pas comme ceux de Crète défrayés par le trésor ; les convives fournissent leur quote-part en nature, jamais en argent (Plutarque Apophth. de Lacédémone, Lycurgue, vi, p. 278, 279 ; Dict. a nt. grecq. et rom., t. II, p. 512).

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