‹ Histoire de la charité (volume 4)Chapitre 62 sur 142 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Avant de retourner chez lui, le suppliant guéri dépose un exvoto : longs pæons gravés sur le marbre en l’honneur du dieu; bas-reliefs; représentations en or, en argent, enterre des partiesmalades; menues monnaies jetées dans la fontaine.

Des stèles racontent des guérisons destinées à frapper l’imagination ; ces récits tiennent naturellement du merveilleux par leur spontanéité 20.

Il suffît de mentionner deux de ces légendes. Un malade avait avalé des sangsues ; il sembla à cet homme, dit l’inscription, que le dieu lui ouvrait la poitrine, en retirait les sangsues et les lui mettait dans les mains après avoir recousu la plaie. Quand le jour parut, il sortit du temple portant les sangsues et complètement guéri. La maladie était due, selon la stèle, à une ruse de la bellemère du suppliant qui avait jeté ces sangsues dans un mélange de vin et de miel destiné à son gendre.

Toute l’antiquité grecque reproduit également l’aventure de cette femme affligée d’un ver solitaire monstrueux; une fois endormie sous le portique de l’asclepieion, il lui semble que des fils, ou des prêtres d’Asclépios lui coupent la tête et retirent le ver, mais ils ne peuvent réussir à remettre toute chose en place. Le dieu apparaît alors, leur reproche leur imprudence, et, d’un seul mot, rend la vie et la santé à la pauvre décapitée.

Laissant de côté ces récits légendaires on peut se demander quel est le rôle des prêtres des Asclepieia ? Agissent-ils comme médecins? Il faut répondre négativement ; les asclepieia ne sont point des hôpitaux. Des prêtres hiérarchisés veillent à l’accomplissement de prescriptions religieuses et hygiéniques, au bon ordre ; ils s’efforcent d’interpréter les songes de la manière la plus avantageuse pour les malades, leur expérience journalière leur suggère des conseils utiles. Ils peuvent consigner les résultats de leurs observations dans des archives et se familiariser ainsi avec le mode de traitement de certaines maladies, celles des yeux, par exemple, mais quand bien même ces prêtres, tirés au sort chaque année, sont médecins, le fait se produit, ils n’exercent pas leur art dans le temple.

20. M. Gawadias a découvert récemment à Epidaure deux des stèles décrites par Pausanias.

ASCLÉPIOS ET LA MÉDECINE GRECQUE

Renonçons, écrit Daremberg, à considérer les asclepieia comme des écoles pour les praticiens ; les origines si obscures de la médecine scientifique remontent aux premières écoles de philosophie des pythagoriciens 21 .

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