LES MÉDECINS PUBLICS
En dehors des temples voués aux diverses divinités guérisseuses, il existe à toutes les époques des hommes capables de combattre les maladies qui accablent l’ humanité. Dès les temps homériques, on va les chercher au loin: « Qui, s’écrie Eumée, en réponse à l’un des prétendants, appelle de son plein gré un étranger ; si cet étranger n’est de ceux dont l’art intéresse le peuple ? Un devin, un médecin expérimenté, un artisan habile... » ( Odyss ., XVII, v. 380 et suiv.).
L’Iliade nous fournit surtout, et cela se, conçoit, les noms des personnes qui excellent à soigner les blessés. Les héros, arrêtés devant les murs de Troie, savent d’ailleurs se secourir mutuellement au plus fort de la mêlée. Les vases antiques nous montrent des scènes de ce genre : Achille pansant Patrocle 22 ; Sténélos rendant les mêmes services à Diomède. Les fils de « V irréprochable médecin » (Asclépios), Macaon et Podalire 23, à la fois chefs de troupes et chirurgiens renommés, expriment le sang des plaies, les sondent, y mettent un appareil 24 et n’emploient que des remèdes simples pour traiter ces hommes sobres et d’un tempérament robuste 25 .
Leurs talents sont appréciés, et lorsque Macaon est blessé,
21. Daremberg, Journal des savants, année 1852, juillet, p. 443; Dr Devay, Des Instituts hygiéniques de Pythagore et de leur influence sur les sociétés antiques , in-8, Lyon, 1842 (ext. Revue du Lyonnais).
22. Dict. ant. grecq. et rom., t. I, p. 1110, art. Chirurgia du Dr Réné-Briau ; Elien (Didot), De la nat. des animaux, II, xvm.