Bull, corresp. hell., 1er avril 1877. p
30. Dr René Briau, Le Serment d' Hippocrate et la lithotomie. Mém. Ac. des Inscrip. et Belles-Lettres , 25 avril et 16 mai 1873.
31. « Quand on a besoin de recourir au médecin, si c’est d’une dent ou d’un doigt que l’on souffre, on va directement trouver ceux qui guérissent ces maux ; si c'est de la fièvre on les appelle chez soi ». Plut , Œuvres mor ., Comment ion reconnaît que ion fait des progrès dans la vertu , xi (Didot, p. 97).
caments 32 et que commence l'instruction des élèves; ils y apprennent le détail des pansements, l’usage des instruments; ils se familiarisent avec les opérations 33.
L’exercice public de la médecine est défendu aux esclaves 34 et aux femmes, néanmoins les gens riches ont des esclaves-médecins qui soignent les autres serviteurs et même le maître de la maison. Certaines maladies cachées paraissent demeurer du domaine des accoucheuses 35, qui se font hélas ! connaître trop souvent par leur habileté à pratiquer des manœuvres abortives 3G.
Il se rencontre aussi, à toutes les époques, à côté de médecins véritables, de nombreux charlatans se vantant de guérir les maladies incurables, ce sont eux surtout qui propagent « les remèdes sympathiques, les recettes ridicules ayant cours jusque chez des gens éclairés et auxquels on attribue une vertu curative magique37 ».
Dès la période historique, on voit les Grecs attacher des médecins à leurs armées 38 ; Xénophon fournit les plus grands détails sur cette organisation. Si, après un combat, les blessés ne peuvent suivre les troupes on les dissémine dans les villages voisins en laissant des praticiens chargés de leur donner des soins 39.
32. Daremberg, Étude sur lu médecine entre Homère et Hippocrate, op. cit., p. 29.
33. Eschine, Plaid, contre Trimarque ; Hippocrate, trad. Littré, op. cit., t. IX,
34. Fustel de Coulanges (Cit. ant., liv. IV, ch. XII, p. 398) suppose cependant que les médecins devenus esclaves peuvent faire de la clientèle extérieure au profit de celui qui les a achetés.
35. Eurip., Hipp. (v. 296 et suiv.): « Si tu es atteinte, dit la nourrice de Phèdre, d’un mal caché, voici les femmes prêtes à te guérir, si au contraire ce mal peut
.être connu des hommes, parle, afin que les médecins soient avertis ».
36. Platon, Théètète ou la science (Didot, t. I, p. 114). Socrate : « De plus au moyen de certains breuvages et de certains enchantements elles savent hâter le moment de l’enfantement... Elles facilitent l'avortement si on le .juge nécessaire lorsque le fœtus n’est pas encore à terme » (trad. de Schwalbé, Paris, Charpentier, 1847, p. 23).
37. Hertzberg, La Grèce sous la domination romaine (trad. par Bouché- Leclercq.), 3 vol. in-r8, t. II, ch. III, note de la p. 43.
38 Une inscription découverte en 1876 est relative à un contrat conclu par les autorités de la ville d’Idalion (île de Chypre) avec un médecin, chef d’une famille de médecins, qui s’engage, lui et les siens, pour le service d’une armée. Ce contrat garantit à ces médecins des honoraires en argent et en terres comme rémunération de leurs services (Gaz. lieb. de méd. et chirurgie, 1877, n° 25 du 22 juih).
39. Xénophon, Anibase , III, iv ; V, v ; Cyropédie , III, ii ; VI, ii ; VIII, n ; Helléniques, VI, ii. Voir toute une dissertation à ce sujet dans la Gazette heb. de méd. et de chirurgie, 2S série, t. XVI, 26 juin 1879, article du Dr Corlieu.
ASCLÉPIOS ET LA MÉDECINE GRECQUE
Comme nous l’avons vu précédemment, une assistance officielle est organisée en faveur des orphelins, des infirmes, des pauvres, les Républiques doivent donc assurer à ces infortunés, du moment qu’ils sont citoyens, des secours médicaux. Aussi, les villes élisent-elles des médecins publics salariés 40.
Ces fonctionnaires sont quelquefois payés au moyen d’un impôt spécial ; on leur fournit une officine et ils s’entourent d’aides, libres ou esclaves 41, dont la fonction est de les seconder et « auxquels l’usage donne aussi le nom de médecins ». Ces aides, s’ils sont esclaves, traitent de préférence ceux qui appartiennent à leur condition «
Dans les cités importantes, les médecins sont assez nombreux pour former une association religieuse. Ils se montrent d’ailleurs respectueux du culte populaire, et, à Athènes, ils offrent deux fois par an un sacrifice à Asclépios et à Hygie, en leur nom et au nom des malades qu’ils soignent.
L’officine des médecins, publics ou autres, est disposée selon les conseils des livres hippocratiques 43 . Les malades y sont-ils admis à demeure? Ce n’est pas probable. On va y chercher des collyres (Xénoph., Hellen ., II, § 1er), des breuvages (Platon, Les
40. Consulter la brochure du Dr A. Dechambre (in-8, 18 p.), extraite de la Gaz. heb. de méd. et de chirurg., n°3 43-44-46 de l’année 1880, elle résume l’ensemble des connaissances actuelles sur ce sujet encore fort obscur. Le Dr Dechambre réfute dans ce travail un certain nombre d’opinions hasardées du Dr A. Vercoutre : La médecine publique dans l’antiquité grecque, ext. Revue arch., février, avril, mai et juin 1880.