CHAPITRE VI
L’autorité du chef de famille, du Pater famïlias 3 est considérable : les biens, les esclaves, les enfants, la femme le plus souvent 4, les hommes libres que la loi lui permet de saisir ( manu capere ) sont sous sa main. Quant à lui il est indépendant.
Toutefois les idées relatives au mariage se rattachent à des principes élevés 5 ; Vuxor doit conduire la maison et partager avec son époux le gouvernement domestique : « Le mariage, dit Modestinus, est l’union dun homme et d’une femme établissant entre eux une société de tous les actes de la vie et une communauté dans les droits divins et humains qui leur appartiennent 6 ».
La religion n’exclut pas les femmes romaines de toutes les fonctions sacrées 7, et les inégalités dont elles se plaignent viennent plutôt de la loi civile 8.
La femme romaine, écrit Paul Gide 9, est aussi sédentaire par vertu que la femme grecque par contrainte. Sa place habituelle n’est nullement aux étages supérieurs, retraite cachée et inaccessible, mais près du foyer domestique dans Y atrium, c’est-à-dire au centre de l’habitation.
Le mari exerce sur elle, il est vrai, un pouvoir absolu; ce pouvoir est néanmoins limité fort anciennement par l’organisation du tribunal familial, composé des proches selon l’ordre naturel, (i cognati ), même d’amis, destiné à assister l’époux devenu juge des siens. Ce tribunal ne jouit que d’une autorité morale, ses
3. « Pater autem familias appellatur, qui in domo dominium habet : recte que hoc nomine appellatur, quamvis filium non habeat...» Digest ., L, lxvi, de verb. signif ., 195, § 2.
4. 11 y avait des artifices de droit permettant à la femme de ne pas se trouver in manu.
5. Inutile d’entrer ici dans les distinctions entre les diverses sortes de mariage: confarreatio , cœmptio , usus.