‹ Histoire de la charité (volume 4)Chapitre 8 sur 142 · Zadoc-Kahn, op. cit., pp · texte numérisé non relu

Zadoc-Kahn, op. cit., pp

23. Le Deutéronome, XV, 16, traduit ainsi les sentiments de l’esclave : « Sin autem dixerit : nolo egredi, eo quod diligat te, et domum tuam et bene sibi apud te esse sentiat. »

LE PEUPLE HÉBREU

devant les magistrats qui recueillent sa déclaration, puis il le conduit près des poteaux soutenant la porte de la maison 24 , et là il lui perce le lobe de l’oreille avec une alêne. Cet homme devient ensuite esclave pour toujours 25 « et erit ei servus in sæculum » {Exod., XXI, 5, 6 ; Dent., XV, 17).

Les prisonniers de guerre peuvent eux aussi être réduits en servitude ; les Israélites achètent également des esclaves 26 . La condition de ces étrangers est inférieure à celle des Hébreux, ils deviennent la véritable propriété du maître, eux et leurs descendants ( Lévit ., XXV, 44, 46). Toutefois la loi interdit de les traiter durement 27. Tout acte de cruauté de la part du possesseur entraîne de droit l’émancipation ( Exod ., XXI, 26, 27). « Cette mesure n’est pas seulement une réparation pour l’esclave blessé, c’est une garantie pour tous ; elle fait de l’intérêt du maître comme un frein à ses emportements et contient l’abus du pouvoir par l’amour de la propriété 28. »

Le meurtre intentionnel de l’esclave est puni de mort ( Exod ., XXI, 20), car l’esclave, même étranger, ne perd point sa qualité d’homme, et il est écrit : « Non occides » ; tu ne tueras pas.

De plus, la terre de Judée constitue un lieu d’asile : l’esclave païen fuyant les sévices, qui vient à s’y réfugier, est déclaré libre ; on ne peut l’opprimer, le rendre à son maître, il doit trouver le repos, la sûreté dans la ville de son choix : « Et in unâ urbium tuarum requiescet, ne contristes eum » (DeuL, XXIII, 15-16).

24. Certains commentateurs prétendent qu’il faut lire : la porte de la ville. Voir Tony André, L'esclavage chez les anciens Hébreux , in-8, 1892, p. 83.

25. De nombreux auteurs croient que cette expression veut dire jusqu’au jubilé delà 50e année (Zadoc-Kahn, op. cit ., p. 30. — Tony André, op. cit ., pp. 56 à 72. — Dict. de la Bible, fasc. XIV, pp. 1922, 1923.)

26. Lévit., XXV, 44 à 46. Le rapt d’un Hébreu pour le réduire en esclavage est puni de mort (Exod., XXI, 16).

27. Pourtous les détails concernant la situation relativement doucedes esclaves, surtout avant la captivité de Ninive et de Babylone, consulter Zadoc-Kahn, op. cit.

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