‹ Histoire de la charité (volume 4)Chapitre 83 sur 142 · Wallon, Hist. de l'escl. , op. cit., II, p · texte numérisé non relu

Wallon, Hist. de l'escl. , op. cit., II, p

60. « Il est permis d’atteler les bœufs pendant les jours fériés, pourvu que ce soit pour le transport du bois, des pailles et du blé qu'on ne donne point. Les mulets, les chevaux, les ânes ne chôment jamais que les fêtes de famille » (Gato, de re rust.. CXXXVIII).

61. Il faut faire exception pour les portiers enchaînés anciennement sous le vestibule de la maison qu’ils étaient chargés de garder (Colum., de re rust., I. Præfatio ; Suet., De clur. Rhetoribus , III). D’ailleurs, comme le remarque Labéon: « l'esclave de ville et l’esclave de campagne sont distingués par le différent usage que le maître en fait plutôt que par le lieu de leur résidence » ( Digest ., XXXIII, x, de supp., legata, 12).

62. « Je conseillerai, dit Columelle, de ne point prendre un métayer parmi les eslaves qui se seront rendus agréables par la beauté de leur corps, ou par l’exercice de ces arts frivoles qui tiennent du luxe des villes. Ces esclaves sont lâches, paresseux, accoutumés à passer leur temps aux promenades, au cirque et aux théâtres, à hanter les tavernes et les mauvais lieux » (de re rust., I, vin).

63. Il s'agit ici des esclaves coiffeurs. Ovide parle (A mor., I ; Eleg., XIV, v. 15-20) de ces mégères qui, dans leur brutale impatience, maltraitent une servante en lui piquant les bras avec des épingles.

64. Les esclaves fugitifs sont souvent marqués au front avec un fer chaud.

fers, nerfs de bœuf, chaînes, prisons, carcans, liens de toute sorte » ; telle est l’émouvante nomenclature que Plaute met dans la bouche de l’un de ses personnages 65.

Sénèque exhorte les chefs de famille à ne pas agir sous l’impression de la colère ; ils pourraient se causer à eux-mêmes un dommage sérieux G6, et puis pourquoi ne pas attendre ? « leur droit n’en sera point perdu pour en différer l’usage. » « Non peribit potestas ista si differetur 67 ». Le simple caprice du maître peut en effet envoyer un innocent au moulin tourner la meule, et les carrières, où le malheureux tire et façonne les pierres, un anneau rivé aux pieds, sont plus atroces que les supplices représentés sur les tableaux, et destinés à peindre le sort des habitants des rives du noir Acheron :

Vidi^ego multa sæpe picta quæ Acherunti fièrent Cruciamenta ; verum enimvero nulla adæqu’st Acheruns Atque ubi ego fui in lapicidinis... 68

Ce n’est pas encore tout ; obsédés par la crainte qu’inspirent les esclaves, si nombreux par rapport aux hommes libres, les Romains ont une loi ordonnant, lorsqu’un maître a été tué chez lui, de faire mettre à mort tous ses serviteurs, supposés coupables de ne pas avoir prévenu le crime 69. Un jour, le Préfet de Rome, Pédanius Secundus, est assassiné par un esclave auquel il refuse la liberté après être convenu du prix de rachat. Il s’agit, pour appliquer le sénatus-consulte, de condamner quatre cents personnes; le peuple s’émeut, le Sénat agite la question d’abrogation de cette loi cruelle. C’est alors que Caius Cassius, dont nous venons de citer plus haut les paroles, fait appel à la peur. L’exécution a lieu, protégée par des détache-

Page 1