‹ Histoire de la charité (volume 4)Chapitre 89 sur 142 · L ÉTAT ET LA MISÈRE A ROME · texte numérisé non relu

L ÉTAT ET LA MISÈRE A ROME

rir aux emprunts 7, explique ces révoltes fréquentes, ces retraites du peuple sur le mont sacré et le mont Aventin, suivies de l’établissement des tribuns ou d’autres mesures dont nous aurons à examiner la portée et l’efficacité.

Mais au moins alors si le citoyen reste pauvre la République est-elle opulente?

Privatus illis census erai brevis Commune magnum... 8

Plus tard, la scène change; Carthage, une fois détruite9, la Grèce et de nombreux royaumes étant soumis, les richesses surabondent chez certains citoyens ; les esclaves deviennent légions ; les mœurs se corrompent ; les désirs insatiables de ceux qui possèdent ne rencontrent plus d’entraves.

Le domaine public est envahi par les riches ; la question du partage des terres reste constamment à l’ordre du jour et suscite des troubles continuels. Le cultivateur attaché au sol, cette force des armées romaines, exproprié, spolié, en butte à mille vexations, disparaît. Les petites propriétés font place à des domaines immenses « latifundia », sillonnés par des troupeaux confiés à des mains serviles 10.

Le produit de ces terres négligées ne suffit plus à nour-

7. « A Rome, comme à Athènes, écrit M. Duruy, comme dans tous les États de l’antiquité, l’industrie ne nourrissait pas le pauvre de condition libre ; les dettes furent la première cause des révolutions démocratiques. Rome étant un État exclusivement agricole aurait eu besoin d une longue paix ou d’un vaste territoire qui mit la plus grande partie des terres à l’abri des ravages de la guerre. Or, la guerre durait sans relâche... » ( Hist . des Rom., op. cit., t. Ier, p. 145).

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