‹ Histoire de la charité (volume 4)Chapitre 97 sur 142 · Macé, op. cit., p · texte numérisé non relu

Macé, op. cit., p

33. Macé, op. cit., p. 260-345; Duruy, Hist. des Rom., op. cit., t. II, p. 99-100. Dans un sens opposé sur ce dernier point, Dureau de la Malle, t. II, p. 284.

HISTOIRE DE LA CHARITÉ. CHAPITRE Vil

En présence du veto de son collègue Octavius, Tibérius brise, à tort, l’inviolabilité tribunitienne en le faisant déposer, et succombe sous les coups de la jeunesse patricienne conduite par le grand Pontife Scipion Nasica. Le peuple n’ose défendre le courageux tribun, le Sénat ayant repris contre celui-ci la vieille calomnie d’aspiration à la royauté.

Son frère Gaius Gracchus 3,4 préconise le système des colonies et veut relever Capoue, Tarente, Carthage même. Beaucoup de ses projets et de ses actes sont inspirés par le désir de venger son frère, et afin de reconquérir une popularité qui l’abandonne, il se voit amené à inaugurer, en quelque sorte, ce système déplorable des allocations périodiques de blé à un prix dérisoire 35. Caius est assassiné à son tour, et ses tentatives coloniales ne lui survivent point.

L’œuvre des deux frères, empreinte de sentiments politiques élevés, est diversement appréciée. Les uns s’écrient avec Florus : « Le premier qui allume le flambeau des discordes est Tibérius Gracchus. Scipion Nasica soulève la multitude armée, et le fait périr avec quelque apparence de justice (quasi jure oppressus est 36).

D’autres savent, avec Cicéron, leur rendre un légitime hommage : « J’aime à me rappeler, dit-il, que deux de nos plus illustres citoyens, de nos plus brillants génies, Tibérius et Caius Gracchus, si dévoués au peuple de Rome (amantissimos plebis romanæ), ont établi ce peuple sur des terres de la République, dont quelques particuliers se trouvaient possesseurs. Non, je ne suis pas de la façon de quelques-uns qui regardent comme un crime de louer les Gracques, ces magistrats dont les conseils, la sagesse et les lois ont apporté une réforme salutaire dans plusieurs branches de l’administration 37 ».

34. Macé, op. cit., 2e partie, p. 346 à 353 ; Appien, Guerres civiles , I, ix-xvn Plutarque, Vies des hom. illustres ( Tibérius et Gïius Gracchus).

35. En 212, avant C. Gracchus, Scipion (l’Africain) et Céthégus, édiles curules; font distribuer des mesures d’huile dans les différents quartiers de Rome (Tit.-Liv. > XXV, II).

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