CHAPITRE IX
Comme on le voit cette question du renfermement des pauvres est agitée partout. A Paris le chiffre des mendiants valides, des vagabonds, est évalué à 40.000 et néanmoins Ton n’aboutit à rien ! Les dévouements ne manquent cependant pas ; il existe des âmes généreuses prêtes aux plus grands sacrifices. Qui donnera l’impulsion dernière devant communiquer la vie à ces aspirations confuses? Qui fera jaillir l’étincelle, destinée à embraser les cœurs? Qui? Un humble prêtre, grand par ses œuvres, sous les pas duquel les institutions, empruntées aux plus pures traditions de l’Eglise, prennent une vigueur nouvelle. C’est monsieur Vincent ; ce nom dit tout.
§2. — La fondation de l'hôpital du nom de Jésus et ses conséquences.
En l’an 1653 une personne riche vient trouver notre Saint et lui apporte une somme importante (100,000 1.), laissant à sa discrétion le soin de l’employer au mieux des intérêts de Dieu et des pauvres. Vincent de Paul réfléchit longuement à cette affaire et du consentement du bienfaiteur, qui désire avant tout rester ignoré, il se décide à fonder un asile pour 40 vieillards, artisans des deux sexes, que l’âge et les infirmités mettent hors d’état de gagner leur vie
Le fondateur veut « leur enseigner les choses nécessaires au salut, leur administrer les saints sacrements et tâcher par ce moyen de les faire vivre en la crainte de Dieu et en son amour comme aussi les occuper à quelque travail, afin d’éviter la mendicité et l’oisiveté qui sont la mère de tous les vices. »
Deux maisons contiguës sont achetées *^, pourvues d’une cha-
la ville de Beauvais, pour estre persuadé de l’obligation de cette entreprise, et pour se faciliter les moyens d’y réussir. » Et en marge : cet ouvrage (sur Beauvais) se vend à Paris, chez Bileine, rue S. Jacques à l’image S. Augustin.
16. Louis Abelly, Vie de S. Vincent de Paui,nouv. édit., 2 vol., in-8, 1843, t. I, livr. 1", chap. xlvi, p. 190-196. Collet, La Vie de S. Vincent de Paul, 2 vol., in-4, Nancy, 1748, t. Il, 6® livre, p. 1 à 9. Abbé Maynard, Saint Vincent de Paul, sa vie son temps, 4 vol. in-8, 1860, t. III, liv. VII, chap. ni, § 2 et 3.
17. Dates fournies par Jaillot toujours si exact : Contrat 29 octobre 1653. — Approbation de l’archevêque de Paris, 15 mars 1654. Confirmation par lettres patentes du mois de novembre suivant (Jaillot, Rech. crit. hist. et top., sur la ville de Paris, X® quartier, Saint-Martin-des-champs, p. 32).
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pelle et aménagées de telle sorte qu’hommes et femmes peuvent entendre la même messe et la même lecture durant les repas, sans se parler et se voir
Le temps des administrés est partagé entre la prière et le travail ; des métiers et outils achetés à cet effet permettent de les occuper selon leurs aptitudes, « c’est, disent les annales de la maison, une image de la vie des premiers disciples de Jésus- Christ, un atelier chrétien, une communauté religieuse plutôt qu’un hôpital. Il n’excite pas parmi les pauvres, l’aversion qui s’attache trop souvent aux asiles de ce nom ; les places j sont briguées à l’avance et des personnes dignes, ce semble, d’un meilleur sort, se trouvent heureuses d’y être reçues » (Abbé Maynard, tome III, p. 351).
Une fois ces vieillards installés, nornbre de Dames de charité habituées à suivre les œuvres du Saint, viennent faire des visites répétées dans cet asile. L’ordre parfait établi les frappe; la discipline est exacte, subie sans murmures; la reconnaissance et la joie éclatent sur tous les visages. Quelle différence présente cet asile béni avec les réunions habituelles d’individus criards, insolents, vivant sans foi ni loi. « Peuple d’infidèles parmi les fidèles, s’écrie Bossuet, baptisés sans savoir leur baptême ; toujours aux églises sans sacrements ; hommes morts devant la mort même, chassés, bannis, errants, vagabonds réduits à l’état des bêtes »
Une pensée surgit alors dans l’esprit de ces Dames charitables, elles sont habituées aux merveilles qu’accomplit M. Vincent et elles le voient étendant à tous les nécessiteux de la Cité ce qu’il accomplit si heureusement en faveur des artisans réunis à l’hôpital du Nom de Jésus. Pour elles la réussite ne saurait faire doute ; elles parlent au Saint de ce projet ; le pressent de
18. « Cet hôpital est situé, disent Hurtaut et Magny « du même côté que l’Église paroissiale de Saint-Laurent, mais un peu plus loin » {Dict. hist. de la ville de Paris, tome III, p. 225), Après la Révolution cet établissement fait partie du departement des Hospices; le 9 thermidor an II, il est transporté dans l’ancien couvent des Récollets et prend plus tard le nom d’hospice des Incurables (hommes). Depuis la translation de ces incurables hors Paris, ces bâtiments sont occupés par un hôpital militaire .
19. Œuvres, tome XIII, p. 248. Abrégé d’un sermon prêché à l’hôp. (cité par l’abbé Maynard, tome III, p. 355).
se mettre à l’œuvre ; l’une de ces dames lui offre 50.000 livres ; une autre 3.000 livres de rente.
Vincent de Paul veut, selon son habitude, étudier ces projets, peser toutes choses ; il est débordé, entraîné et obtient du Roi, par l’intermédiaire d’Anne d’Autriche, les immenses terrains où l’on fabrique le salpêtre (La Salpêtrière), comprenant de vastes bâtiments situés au bord de la Seine en face l’Arsenal.
Mais l’affaire ne peut aller aussi vite que le désirent les âmes charitables enthousiasmées pour ce dessein. Il faut l’autorisation des Magistrats et ceux-ci sont enclins à considérer l’entreprise comme chimérique. Ils cèdent néanmoins peu à peu et le Président Pomponne de Bellièvre, acquis à ce pieux mouvement, meurt, le 13 mars 1657, en laissant à l’œuvre future vingt mille écus par contrat et plus encore dans son testament 2^.
Il est question de confier la direction de l'entreprise à saint Vincent-de-Paul et aux prêtres de la Mission, mais notre Saint ne peut accepter ce fardeau. Il est effrayé de la voie que les autorités administratives et judiciaires veulent suivre. Pour lui, il faut commencer par un établissement restreint pouvant contenir cent ou deux cents pauvres, les y bien traiter et par l’exemple en attirer d’autres.
Monsieur Vincent au courant, grâce à ses missionnaires irlandais, de la manière dont sont établies les houses of correction de l’Angleterre protestante, répugne à l’emploi de la réclusion forcée des malheureux. Et puis si l’on se borne, comme le veulent les magistrats, à renfermer les mendiants natifs de Paris, que vont devenir ces multitudes de pauvres refoulés sur les provinces ?
20, « Quelle obligation n’avons-nous pas à la mémoire de M. le Premier Président (Pompone de Bellièvre) d’avoir trouvé le remède aux maux causés par la mendicité. Les aumosnes que vous faites, messieurs, dans les rues, ne seront plus l’aliment des crimes, et l’instrument de toutes sortes d’abominations. La pauvreté ne sera plus une excuse légitime, qui dispense les mendians de la science du salut ; l’on ne les verra plus passer des années toutes entières dans l’église, sans jamais y entendre la messe, ny le sermon... (F. Lallemant, chan. rég. de la Congr. de France, Panégyrique de messire Pompone de Bellièvre^ prononcé à l’hostel-Dieu de Paris le 17 avril 1657, in-4, titre, 3 feuillets, 40 p. Paris, Gramoisy, 1657.)
21. a Que deviendront ces pauvres gens? Faire un hôpital général, y enfermer seulement les pauvres de Paris, et laisser là ceux des champs, c’est ce que je ne puis goûter... » (Abbé Maynard, t. III, p. 371-372).
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Néanmoins, tout en n’acceptant pas la direction qui lui est offerte, il seconde l’entreprise et donne à l’œuvre, en dehors de la Salpêtrière, l’hospice de Bicêtre attribué précédemment aux enfants trouvés. Un prêtre de la mission (Louis Abelly) est même chargé, à l’origine, des fonctions de Recteur.
Une lettre de Monsieur Vincent peint admirablement la situation: c( L’on va ôter la mendicité de Paris (écrit-il, mars 1657), et ramasser tous les pauvres en des lieux propres pour les entretenir, les instruire et les occuper. C’est un grand dessein et fort difficile; mais qui est bien avancé, grâces à Dieu et approuvé de tout le monde ; beaucoup de personnes lui donnent abondamment, et d’autres s’y emploient volontiers. On a déjà dix mille chemises, et du reste, à proportion. Le Roi et le Parlement l’ont puissamment appuyé, et sans m’en faire parler, ils ont destiné les prêtres de notre congrégation, et les filles de la Charité pour te service des pauvres, sous le bon plaisir de M. l’Archevêque de Paris. Nous ne sommes pourtant pas encore résolus de nous engager à ces emplois ; parce que nous ne connaissons pas encore assez si le bon Dieu le veut »
Telle est la genèse de la création du grand hôpital parisien. Des essais infructueux remplissent la première moitié du xvJi® siècle ; les exemples de Lyon et de Marseille, peu connus des personnes charitables formées à l’école de Vincent-de-Paul ne produisent aucun effet La petite fondation du Saint sort de terre, elle est aux yeux de beaucoup une véritable révélation ; les aumônes affluent, le concours des bonnes volontés s’affirme ;
22. Collet (qp. cit., t. II, p. 10) fait au sujet de cette lettre les réflexions suivantes ; « Il ne manqueroit rien à ce récit, si le saint Homme y avoit ajouté que c’étoit lui, qui avoit occasionné la première idée de cette glorieuse entreprise ; qui avoit levé les principales difficultés, qui avoit obtenu de la Cour un emplacement nécessaire ; qui avoit fait faire par les ouvriers de sa Maison, les premiers meubles dont on avoit besoin ; et qui n’avoit trouvé tant de ressource dans les Dames de son assemblée, que parce qu’il leur avoit appris pendant près de vingt ans à tenter l’impossible, et à y réussir. »
23. L’aflaire une fois entrée dans le domaine de l’exécution, les magistrats se préoccupent naturellement des institutions analogues existant en France et s’inspirent des règlements lyonnais : Préambule des statuts de V Aumône générale de Lyon, 7® édition in-4, 1699. Les lettres patentes confirmant cette fondation, en 1729, portent ce qui suit : « Cet hôpital dont l’établissement a servi de modèle à tous les autres hôpitaux de notre royaume et môme à l’hôpital général de notre bonne ville de Paris...
la reine-mère, le roi, les membres du parlement sont entraînés.
Mais les pouvoirs publics veulent avant tout faire une œuvre de police, ils persistent dans cette pensée; elle inspire l’édit du mois d’avril 1656 (voir le texte dans le Code de Vhôp. gén.^
§ 3. — U hôpital général de Paris.
Le préambule de ce fameux édit en fait comprendre toute la portée. Les ordonnances de police, de nos prédécesseurs, dit Louis XIV, relatives aux pauvres de notre bonne ville de Paris, « se sont trouvées par suite des temps, infructueuses etsanselfet, soit par le manquement des fonds nécessaires à la subsistance d’un si grand dessein, soit par le défaut d’une direction bien établie et convenable k la qualité de l’œuvre.
(( Le nombre des malheureux s’est aug^menté au delà de la
créance commune et ordinaire. Le libertinage des mendians ■engendre toutes sortes de crimes qui attirent les malédictions de Dieu sur les états quand ils sont impunis. Ils vivent presque tous dans l’ignorance de la religion, le mépris des sacremens...
(( C'est pourquoi, comme nous sommes redevables k la miséricorde divine de tant de grâces, et d’une visible protection qu’elle a fait paroitre sur notre conduite à l’avènem’ent, et dans l’heureux cours de notre régné, par le succès de nos armes et le bonheur de nos victoires, nous croyons être plus obligés de lui témoigner nos reconnaissances par une royale et chrétienne application aux choses qui regardent son honneur et son service. Considérans ces pauvres mendians comme membres vivants de Jésus-Christ et non pas comme membres inutiles de l’Etat et agissans dans la conduite d’un si grand œuvre, non par ordre de police., mais parle seul motif de charité. «
Cette dernière phrase est mise pour faire illusion sur les intentions véritables du Gouvernement, car elle exprime le contraire de la réalité. C’est bien une opération de police que l’on entend
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réaliser et en présence des plaintes séculaires des populations cette opération est d’ailleurs parfaitement légitime.
Sont désignés (art. 2) comme chefs de la direction de l’établissement à créer, le premier Président du Parlement et le Procureur général. Font fonctions de directeurs et perpétuels administrateurs, au nombre de vingt-six, des Conseillers en la Chambre des Comptes, en la Cour des Aydes, des avocats, d’anciens échevins et des bourgeois de Paris (art. III).
Le Roi affecte à cette institution, indépendamment de la Salpêtrière et de Bicêtre, « la maison et hôpital, tant de la grande et petite Pitié, que du refuge sis au fauxbourg Saint-Victor, la maison et hôpital de Scipion et la maison de la Savonnerie, avec tous les lieux, places, jardins, maisons et bâtimens qui en dépendent.... » (Art. IV) ^4.
« Entendons, ajoute le jeune roi (art. VI), être conservateur et protecteur dudit Hôpital Général, et des lieux qui en dépendent, comme étans de notre fondation royale, et néanmoins qu’ils ne dépendent en façon quelconque de notre grand aumônier, ni d’aucuns de nos officiers. »
L’article VII maintient les droits et prérogatives du Grand Bureau des pauvres, excepté en ce qui concerne la police des mendiants
Suivent les défenses s’appliquant au vagabondage et à la mendicité, les administrateurs ayant le droit de correction et de châtiment sur tous les pauvres contrevenant aux défenses qui précèdent, tant dedans que dehors ledit Hôpital général. « Ayans pour cet effet poteaux et carcans, prisons et basses fosses » (Art. IX à XIV).
Les directeurs sont autorisés « à faire et fabriquer dans l’étendue de l’établissement et des lieux en dépendans, toutes sortes de
24. La Savonnerie se trouve retirée dans la suite; mais il faut ajouter: l’hôpital et maison du Saint-Esprit ; la maison des Enfants trouvés et ses annexes successives; établissements dont l’adjonction à l’hôpital général est prononcée dans la suite.
25. « Déclarons que nous n’entendons, par ces présentes, toucher en quoi que ce soit à la direction et administration du grand Bureau des pauvres de notre bonne ville de Paris, lequel demeure en son entier, comme il étoit auparavant, fors et excepté pour le fait des pauvres mendians, dont nous lui interdisons toute connaissance, police et juridiction. »
manufactures et de les faire vendre et débiter au profit des pauvres d’icelui »
A Torigine les indigents mariés ne sont pas admis, et ils continuent à recevoir les secours à domicile. Cette manière de procéder, donnant lieu à des abus, un bâtiment élevé à la Salpêtrière, avec les fonds fournis par le cardinal Mazarin, est affecté à un certain nombre d’époux nécessiteux (Sauvai, op. cit., t. I, p. 528).
Cet édit, une fois promulgué, une année entière est nécessaire pour tout préparer ; des essais se font journellement à la Pitié-'', enfin on publie au prône de toutes les paroisses que Thopital général doit être ouvert, «le septième may 1657, pour tous les pauvres qui y voudr oient entrer de leur bonne volonté, et de la part des Magistrats on fait deffenses à cri public aux mendians de demander l’aumône. »
Cet ordre est exécuté. Le 13 mai on chante une messe solennelle du Saint-Esprit dans l’église de la Pitié et le quatorze l’enfermement des pauvres est accompli ^8.
« Ce calme et cet éloignement de mendians, nous dit Sauvai, se tou ve entretenu ensuite grâce aune compagnie d’archers que l’on fait marcher pour prendre les pauvres ou pour les obliger de se retirer -9. »
26. Tout ce qui regarde les dons etprivilèg'es de l’hôpital Général et les renseignements sur le travail des renfermés, etc., trouveront leur place dans les divers chapitres du Livre IV du présent ouvrage ; nous nous arrêtons ici au seuil de rétablissement.
27. « Toutes les conduites de la police et de l’œconomie du dehors et du dedans ont esté preveuës par ceux qui s’appliquent à cet œuvre, et l’on peut dire qu’ils en font tous les jours les expériences, par le gouvernement de la maison de la Pitié, qui sert d’essay à l’accomplissement de l’IIospital Général, lequel paroistra plutost l’extension du premier dessein, qu’un nouvel œuvre » {L' Hospital Général charitable, à Paris, chez Ch. Savreux, MDCLII, 20 p., p. 4).
28. Sauvai, op. cit., t. I, p. 527. Cet auteur ajoute: « Tout Paris ce jour-là changea de face, la plus grande partie des mendians se retira dans la Province, les plus sages pensèrent à gagner leur vie sans la demander et les plus infirmes se renfermèrent de leur propre mouvement, ce fut sans doute un coup de la protection de Dieu sur ce grand ouvrage, car on n’avoit jamais pu croire qu’il dû coûter si peu de peines et qu'on en vint si heureusement à bout. »
29. Les voyageurs applaudissent à cette mesure. Voici comment s’expriment de jeunes Hollandais protestants : « Avril 1657. Nous trouvant proche le petit arsenal, qu’on a destiné aussi bien que Bissestre et la Pitié, au renfermement des pauvres et des gens qui vont truchant par les rues, nous le fusmes voir. On y fait quantité de préparatifs pour y bien loger les gueux ; on y a desia assemblé
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Le chiffre des renfermés reste dans les limites prévues par les directeurs, quatre à cinq mille seulement sont admis au début. Ce nombre augmente dans la suite.
Telles sont les origines de l’hôpital Général de Paris. « La fin du dessein est, suivant ce beau modelle de l’hospital de Lyon, d’oster la mandicité et l’oisiveté, et d’empescher tous les désordres qui viennent de ces deux sources, establir des manufactures ; porter les pauvres à la crainte de Dieu et à une vie plus réglée, faire de bons artisans, de bons citoyens et de bons chrestiens, et donner une ample moisson à toutes les personnes de piété, pour excercer les œuvres de miséricorde dans ces lieux charitables, et travailler à leur propre sanctification, en procurant le salut aux autres » [L'hospital général charitable^ op. Ci7.,p. 1 et 2).
bon nombre de chalicts, de paillasses et de matelats... Aoust 1657 (examen par le lieutenant civil, fortement accompagné, des passants sur le PontNeuf)... Cet examen et visite se fait pour chasser tous les vagabonds et filoux de cette ville ; et si on en vient à bout comme l’on a fait des gueux et des pauvres dont on ne voit pas un seul par les ruës, ce sera l’une des cinq merveilles de ce règne qui sont : la défense des duels, en telle sorte que personne n’ose plus se battre ; le désarmement des laquays dont il n’y en a pas un qui ose porter l’espée; le renfermement des pauvres dont il n'y en pas un qui mendie ; les poursuites des putains qu’on envoyé pour peupler les Canadas, et à présent la recherche des vagabonds et filoux, si au moins on peut leur donner la chasse. » (Journal d'un voyage à Paris en 1657-1658^ publié par A.-P. Faugère, in-8, xvi-518 p. Paris, 1862, p. 133 et 214.)