Morichini, op. ciL,p
affecté aux Enfants trouvés ; en ce qui concerne le culte cet asile dépend du Primicier de Saint-Marc à l’exclusion du Patriarche. Une députation formée de quatre sénateurs gouverne l’hôpital desservi par les frères Saint-Jean-de-Dieu.
Une congrégation de nobles, d’ecclésiastiques et de riche» citoyens s’occupe de la partie administrative de l’orphelinat delle Zitelle^ confié à une congrégation de Dames en ce qui concerne la vie intérieure.
Le Sénat et le Conseil des Dix, jaloux de leur autorité, écartent dans une certaine limite le clergé de la direction de ces maisons charitables. A partir de 1768, les curés perdent même la présidence des Fraternités (dalle Fraterne).
On compte toutefois dans la République nombre d’instituts ayant leur vie propre, exempts de toute ingérence directe du gouvernement et vivant sous l’autorité de sociétés ou de familles patriciennes
En Italie, du reste, la majeure partie des établissements d’assistance, continue à être gérée par des Confréries.
Citons comme exemple, l’hôpital de la Mirandola qu’administre la Compagnie de la Miséricorde A Florence, Vospedale disant' Onofrio confié à la corporation des teinturiers ; celui « de San Giovanni decollato » sous la direction de ses fondateurs: 1 portatori di Norcia, vulgairement appelés les Porte-faix (Facchini). Dans la même ville, à la mort du donateur, l’administration de l’hôpital Saint-Jean-de-Dieu passe « ai capitani délia Compagnia maggiore di Santa Maria del Bigallo »
A Pavie l’Evêque (1 724-1 7o2) fonde un hospice affecté aux vieillards et en confie la direction à une confrérie spéciale com-
16. De Kiriaki, Le opéré Pie di Venezia. Rivista délia Benef. pubb. anno primo Milano, 1873, p. 441-459. — Bembo, op. cit., p. 7.
17. « Anche nel seguente secolo XVI i béni del nostro ospedale seguitarono ad essere amministrati da un Padrino, da un Sindaco, da due Massari, e da dieci,. individu! délia Cofraternita. En 1702, l’Évêque de Reggio fait une visite pastorale dans cette maison hospitalière » (Molinari, op. cit., p. 8).
18. Passerini, op. cit., p. 99 et seqq, 104, 395, 396 et 892., Citons encore l’hospice de Saint-Mathieu élevé par la corporation des changeurs (dall’arte del Gambio)' Le directeur choisi par les confrères est toujours un ecclésiastique. A partir de la seconde moitié du xvii® siècle, le choix se porte sur un des chanoines de l’Église métropolitaine (Passerini, op.cit., p. 149 et seqq.).
DIRECTION ET ADMINISTRATION
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posée de FEvêque, du Père Abbé de Saint-Bartholomée ; du Prévôt de la cathédrale, avec faculté d’adjonction d’un administrateur non ecclésiastique
La création de l’hôpital Saint-Roch de Nice remonte à l’an 1532; de 1594 à 1632 l’administration est confiée à l’archiconfrérie de la Sainte Croix, sous le titre de Sant’Allodio ou Saint- Eloi; ces pouvoirs sont ensuite transmis à trois membres du conseil municipal. La confrérie du Saint nom de Jésus érigée dans le couvent des Pères Dominicains dirige l’hospice des pauvres orphelins de concert avec l’Evêque (1579). Les Recteurs ont soin des pupilles, gèrent les biens, et rendent compte en fin d’année. Ces comptes sont vérifiés par deux auditeurs que désignent le Prieur et le sous-prieur ; à la suite de cet examen ces auditeurs lisent leur rapport devant la confrérie convoquée à cet effet
Sous l’empire des idées de sécularisation, l’Empereur Joseph II nomme dans ses états Italiens des commissions provinciales placées sous la direction d’une Junte centrale dont le siège est à Milan et leur soumet les divers établissements de bienfaisance (1784)21.
En Espagne, nous trouvons au xviiF siècle l’Hôpital Royal de Saragosse dirigé par cinq personnes adonnées au service de Dieu et que choisit le Roi : un des dignitaires de l’Eglise métropoli-
19. Magenta, op. ci7., appendice, sezione IV, § 21, p. 31. Nous trouvons aussi à Pavie (op. cit., p. 27) l’exemple d’un conservatoire dont la direction est donnée à un établissement voisin. « L’azienda del patrimonio, composto di soli capitali, n’era data alla congregazione dell’ ospitale di San Matteo, che destinava una maestra a dirigerne l’economia e la disciplina. »
20. A. Bianchi. Iiiv. somm., arch. hosp. de Nice, in-4, 1894, hôp. Roch, série A, liasse I, p. 7, et hôp. de la charité, série A, liasse I, p. 15. L’hôpital des Incurables de Chambéry, organisé par Victor-Amédée, est dirigé par le premier Président du sénat, l’intendant général, un sénateur, l’avocat fiscal, l’official et promoteur du décanat, le juge-mage, le premier syndic de la ville, le recteur et cinq autres membres de la Confrérie de la Miséricorde (M‘® de Ville de Travernay, Mém. sur les hospices de Chambéry , in-8, 1866, p. 36. Voir aussi pour l’hôpital général les Lettres patentes de Victor-Amédée du 14 avril 1715 (même ouvrage p. 105).
21. Magenta, op. cit., Capo primo, sezione III, § 20, p. 25. « Guiseppe seconde nel citato edito (15 luglio 178i) incominciô dal richiamare sotto la giurisdizione sovrana tutte le opéré pie, sopprimendo i capituli e le congregazioni che le avano sino allora governate, e nominô una giunta composta di un présidente, di un vice présidente, e di quattro assessori, aile quale diede l’incarico di raccogliere su’ ciascuna di esse opportune notizie... » Voir aussi Ribolotti, Cremona, op. cit.,. I, p. 42).
taine, un chanoine, deux citoyens faisant partie des Conseils de la Cité, et un autre personnag-e notable mais n’occupant aucune charge publique dans la ville.
Le Roi fait procéder, en principe, tous les trois ans à l’inspection générale de cet établissement. Les Inspecteurs sont souvent des Évêques
L’hospice de Sainte-Marie de las Huelgas près Burgos relève directement du Saint-Siège ^3.
Les Évêques EsjDagnols jouent un rôle important dans le mouvement charitable des xvi®, xv!!*^ et xviii® siècles, mais l’autorité Royale laisse aux fondateurs un pouvoir légitime de patronage, en ce qui concerne l’administration intérieure des œuvres créées, leur but particulier, leur mode de fonctionnement. Il en est de même pour les institutions qui doivent leur naissance au zèle des municipalités. De là une grande variété d’organisation dans les services d’assistance de la péninsule ; la centralisation administive viendra plus tard.
§ 2. — La sécularisation de la bienfaisance chez les Protestants.
A l’origine du Protestantisme en Allemagne la confiscation des biens de l’Église, la destruction de la hiérarchie catholique et des ordres religieux, les guerres sociales, la méconnaissance du mérite des œuvres, entraînent la ruine de nombre d’institutions hospitalières et poussent à l’extension des pouvoirs de l’autorité civile.
Les hôpitaux tombent rapidement dans un état lamentable,
22. Ordinaciones del Hospital Real, y general de Nuestra S. de Gracia de la Ciudad de Zaragoza, in-4, 122-39 p. En Zaragoza Ano 1723, p. 4 et 105 (collections de l’Auteur). Il est bon de rappeler ici qu’en dehors des réserves mentionnées plus haut, concernantles Pays-Bas, les souverains Espagnols et leurs Conseils acceptent purement et simplement les canons du Concile de Trente (Baguenault de Puchesse, Rev. des Quest. hisi., 1869, 2® semestre, p. 403).
23. Regium hospitale prope et extra muros Burgen. existens ordinis Sancti Bernard!, Apostolicæ sedis immédiate subjectum. Le Nonce est autorisé à y envoyer un visiteur revêtu de dignités ecclésiastiques. (Lettres du 18 septembre 1606. Bulle du 14 juillet 1607. RuiC amp. collectio, Romæ., 1753. Tom. quintus Pars tertia, p. 238 et 279.)
DIRECTION ET ADMINISTRATION
ils sont laïcisés au grand préjudice des malades ; l’envahissement des propriétés ecclésiastiques ne laisse presque rien pour le soulagement des misérables ^4.
Les plus graves accusations s’élèvent de toute part contre les nouveaux administrateurs ; Janssen dans sa belle histoire en cite de nombreux exemples. A Nuremberg (1585) le Conseil est forcé d’intervenir. En 1628, à Francfort, les revenus de l’hôpital se trouvent dilapidés ; la situation est désespérée, « les administrateurs donnent, plusieurs fois dans l’année, des repas magnifiques. Ils confisquent, à leur profit, les lits que des personnes charitables et craignant Dieu avaient donnés pour les pauvres malades, tandis que ceux-ci rongés de vermine, sont réduits à souffrir et à mourir sur la paille comme le vil bétail. Ces hommes sans scrupule arrachent des pages entières des livres enregistrant les aumônes reçues et les dettes contractées, ils déchirent çà et là des notes accusatrices »
Dans nombre de localités les taxes et les impôts remplacent le produit des offrandes volontaires.
La direction passe presque partout entre les mains des pouvoirs publics et des municipalités. A Berlin (avril 1699) les institutions de bienfaisance, caisse des pauvres, écoles libres, hôpital sont dirigés par une commission permanente et perpétuelle placée sous la présidence d’un conseiller secret et d’un fonctionnaire En Suède, Gustave-Adolphe institue un consistoire général formé de six ecclésiastiques et de six laïques ayant l’inspection de tous les clercs du Royaume, des académies, des écoles, des hôpitaux et établissements affectés aux enfants ^7,
La Hollande présente une situation analogue. L’hôpital Sainte- Catherine d’Utrecht, fondé au xiii® siècle par les chevaliers de
24. « Il n’existait peut-être pas un domaine ecclésiastique qui n'eût été grevé par le donateur d’un service hospitalier ou charitable, presque toute fondation ajoutait des aumônes aux messes et aux prières qu’elle imposait ; toute sécularisation d’un bien d’Église faisait donc disparaître un secours ou une aumône... » (Ducellier, Hist. des classes laborieuses, in-8, 1860, p. 233).