‹ Histoire de la charité (volume 5)Chapitre 141 sur 197 · In-4, 68 p., Paris MDGXL (collée, de l’auteur · texte numérisé non relu

In-4, 68 p., Paris MDGXL (collée, de l’auteur

29. Essai hist. sur VHôtel-Dieu de Paris, in-8, 1787, p. 124.

à 1787, il J a 17 années présentant un excédent de recettes. L’ensemble de cette période reste néanmoins en déficit :

1750-1761 — Rec., 14,057,143 — Dép., 13,868,531

1762-1772 — Rec., 13,918,932 — Dép., 14,064,490

1773-1787 — Rec., 22,486,964 — Dép., 22,725,797

50,463,039 50,658,8li

Nous négligeons comme toujours les fractions

Il faut tenir compte aussi de la suppression des recettes provenant : R du monopole de la vente des viandes durant le carême, le gouvernement ayant forcé l’Hotel-Dieu à vendre à perte ; 2^ de l’incendie de 1772

Les Rois sont obligés constamment de maintenir et d’étendre les remises sur octrois ; les dispenses de droit d’entrée ; de faire appel aux contributions, plus ou moins volontaires^ des communautés religieuses et des particuliers

30. Compte général des recettes et dépenses de VHôtel-Dieii de Paris pendant trente-neuf années commencé, le premier janvier 1750, et fini le 31 décembre 1788, avec l'état des revenus de V Hôtel-Dieu, in-4, 42 p. Paris, Hérissant, 1789. Consulter aussi : Récit de ce qui s'est passé tendant à la construction d'un nouvel Hôtel-Dieu. Année 1773, in-4. Paris, Simon, 1773, p. 17.

31. Airêt de Parlement 1656. Félibien, tome III des preuves, p. 152. Déclaration du Roi, avril 1726.

32. En 1770 et 1771 la perte réelle fut portée à plus de 150.000 L. chaque année (Compte général op. cit., p. 8). Brièle, Collect. de dociim., op. cit., tome II. Délib. de l’anc. Bureau de l’Hôtel-Dieu, p. 10. Délib. du 19 fév. 1770. « La position de THôtel-Dieu est bien différente de ce qu’elle étoit en 1721, on n’a besoin que de se rappeller deux évennemens dont cet hôpital se ressent encore et se ressentira longtemps ; l’un est le sacrifice que le gouvernement a exigé que l’Hôtel-Dieu fît en vendant au public pendant le carême des dernières années, où l’Hôtel-Dieu a exercé son privilège, la viande à perte de six deniers la livre, sacrifice dont le gouvernement promit d’indemniser l’Hôtel-Dieu sans qu’il l’ait pu faire encore; l’autre est la dépense énorme que l’incendie de 1772 a occasionné par l’ouverture de l’hôpital Saint-Louis et de l’ameublement des deux hôpitaux, et par la reconstruction des lieux incendiés dont il est dû encore près de la moitié. » Délib. 20 févr. 1782, op. cit., p. 125. Dépense pour remplacer les objets incendiés : 869.873 livres ; aumônes recueillies: 160.628 livres. Voir aussi pour la boucherie de Carême, Rondonneau de la Motte, op. cit., p. 141.

33. (1 Arrêt du Conseil d’État du Roy et Lettres patentes qui fixent l’exemption des droits d’entrées des bestiaux destinés pour la consommation de l’Hôtel-Dieu de Paris et des Hôp. y joints, à la somme de huit mille livres payable par chaque année au receveur de l’Hôtel-Dieu, par le Fermier des droits du Pied-Fourché, 19 mars 1715, in-4, 12 p. Simon, 1743. En 1715 la moyenne des six dernière années donne comme entrées 345 bœufs, 7575 moutons et 878 veaux [arrêt cité, p. 3).

34. Arrest de la Cour de Parlement qui ordonne que plusieurs Chapitres et

Les Archevêques de Paris n’hésitent pas, eux aussi, à solliciter les fidèles en faveur de cet établissement ^5. Gomment en présence de tous ces concours, expliquer l’état si fréquent de pénurie où se trouve l’ Hôtel-Dieu de Paris, notamment aux xvi® et XVII® siècles, ce qui l’entraîne à des emprunts onéreux et à des ventes de biens immobiliers ?

La réponse est facile.

A toutes les époques les administrateurs se font un point d’honneur d’admettre, sans limite, tous les malades et les indigents qui se présentent à la porte de la vieille demeure hospitalière, qu’il s’agisse de malheureux habitants de la ville, de personnes venant des provinces ou de l’étranger. Il j a là un point de vue, admissible à certaines époques reculées, qui entraîne plus tard des charges hors de proportion avec les ressources.

Le compte rendu de 1663 est précédé d’un avis au lecteur, l’avertissant « que la dépense augmente de jour à autre ; le nombre prodigieux de* malades qui autrefois n’étoit que de huit à neuf cens, monte à plus de 2.500 depuis que les nouvelles salles sont occupées. L’ Hôtel-Dieu est ouvert indifféremment à toutes sortes de maladies ; il reçoit même les Turcs... » (Rondonneau delà Motte, op. cit., p. 127).

Vers la même époque (avril 1689), Claude Joly, chantre et chanoine de l’Eglise de Paris, l’un des Supérieurs au spirituel de l’Hôtel-Dieu, écrit : « Cet établissement est non seulement le premier et le plus ancien Hôpital de Paris, mais il est encore le

Communautés religieuses n’ayant voulu seÙaxer ni rien donner pour subvenir aux nécessités de l’Hôtel-Dieu de Paris, seront faites sur chacun d’elles telles taxes que de raison, au payement desquelles ils seront contraints par saisie de leur temporel, 22 juin 1585, in-4, 2 p. Hérissant, 1747. Déclar. du Roy pour la subsistance des pauvres de l’Hôtel-Dieu et de l’hôp. gén., 22 octobre 1709 : « Obligation pour les propriétaires qui occupent leurs maisons et les principaux locataires à contribuer au soulagement des pauvres à proportion du double de ce qu’ils payoient cy-devant pour le nettoyement des ruës et l’entretien des lanternes, sans tirer conséquence et pour le cours d’une année seulement », in-4, 8 p. Paris, Muguet, 1709. ,

35. .Mandement de Mgr l’Archevêque de Paris, pour faire quester dans toutes les Eglises et paroisses de ce diocèse et y laisser poser des troncs, en faveur des pauvres malades de l’Hôtel-Dieu, 20 sep. 1730, in-4, 4 p. Paris, Simon, 1730. Mandement de Mgr l’Archevêque de Paris au sujet de l’incendie de l’Hôtel-Dieu, 13 août 1737, in-4, Paris, Simon, 1737. Il s’agit ici d’un premier incendie beaucoup moins désastreux que celui de 1772.

lieu du monde où la charité s’exerce plus universellement ; tout misérable a droit d'y entrer en tout temps, et à toute heure, et on y reçoit sans distinction d’âge, ny de sexe, tous les pauvres malades qui s’y présentent de toutes Provinces et de toutes Nations, de toutes Langues et de toutes Religions. On les reçoit quand il n’y auroit pas assez de lits pour les coucher, et on reçoit les malades de tous les autres hôpitaux... Enfin on reçoit les pestiférez même.. . C’est pour ces raisons que ce très grand et universel Hôpital est fort privilégié et est préféré à bon titre à

tous les autres...

Les documents qui précèdent portent qu’il entre à l’Hôtel- Dieu jusqu'à 27.000 individus par année (1740-1741), et que de 1737 à 1748 le total des admissions atteint le chiffre énorme de 231.178!

Gomment avoir des ressources suffisantes ? Le principe d’ouvrir toutes grandes les portes amène les plus sérieux abus et explique facilement les déficits constants, l’encombrement fatal sur lequel nous aurons à revenir

Cette manière de procéder se retrouve dans la majeure partie des Hôtels-Dieu des centres importants.

Au xviiP siècle « on traite journellement à l’Hôtel-Dieu de Rouen 500 malades. 11 n’est pas nécessaire d’être de la ville pour y être admis, cet hospice est continuellement ouvert aux indigents de tout sexe, de tout âge, de tout pays, qui en réclament l’entrée »

En 1623 les épidémies viennent accroître les difficultés contre lesquelles se débat l’établissement, à cet effet le Parlement exige : (( que les pestiférés soient menés et conduits au lieu de santé

36. Mémoire concernant les raisons qui doivent empescher la vente d’une maison appartenant à l’Hôtel-Dieu de Paris... (par Messire Claude Joly, in-4°, 6 p. sans lieu ni date (1689 ?). Collect. de l’auteur.

37. Mém. sur VHôtel-Dieu, in-4, 8 p. (sans lieu ni date, 1749? ). Il y a également abus dans le nombre des convalescents que l’on laisse dans Tasile par « une fausse commisération. » Larochefoucauld-Liancourt, après avoir énuméré ces faits, ajoute : « on n’est plus étonné de voir que les revenus de cet établissement, quelque considérables qu’ils soient, ne suffisent cependant pas à ses charges... >» Suite des rapp., op. cit., 1790, p. 16, Hôtel-Dieu.

38. Les administrateurs composant le directoire dudép. de la Seine-Inférieure, 22 avril 1791, Arch. Nat., 269.

hors la ville, pour les y recevoir, nourrir, panser et médicamenter aux frais de V Hôtel-Dieu. »

Ce changement, dit le receveur Guillaume Vireul, « oblige les. administrateurs d’entretenir deux hôpitaux au lieu d’un, redouble le nombre des officiers, qui est sa ruine entière, ne possédant pour tout revenu annuel que treize à quatorze mille livres de rente avec quelque casuel, à présent de fort petite valeur, à raison de la pauvreté et nécessité de laquelle le peuple est réduit, revenu qui n’est pas pour subvenir six mois à la dépense qui se fait pour la nourriture des malades, religieuses et officiers qui les assistent, laquelle dépense se trouve à vingt-six ou vingt-sept mille livres par an, dépensesi excessive qu elle surpasse le revenu de V Hôtel-Dieu de moitié . . , Et si de présent il n’est fait fonds au dit Hôpital, il leur est impossible, vu le peu de revenu qui y est, subvenir à la nourriture de 400 personnes qui y sont de présent, tant en malades que religieuses et officiers nécessaires aux dits malades »

A Reims, selon un mémoire, daté du 6 mars 1779 (Arch. Nat. F15 229), « on reçoit tout les pauvres de l’un et de l’autre sexe, attaqués de maladie curable, sans distinction de pays ni de religion ; les femmes enceintes pour y faire leurs couches ; les personnes blessées et autres qui ont besoin de pansemens et opérations chirurgicalles ; les pauvres passans y ont une salle particulière, on leur donne le souper, le coucher et le déjeuner. Tous les soldats malades qui passent à Reims sont admis au dit hôpital et traités avec distinction, mais on ny reçoit aucun autre pauvre valide ny enfans troutés. »

Le nombre des lits est alors de 262, en augmentation de 60 depuis une vingtaine d’années en raison de l’affluence des administrés.

Un hospice sous le vocable de Saint-Louis, établi en 1740

39. Déclar. du Roi, 23 mars 1623, accordant à rHôtel-Dieu un subside de 100.000 1. et pendant deux années, le produit de 20 sols par muid de vin entrant à Rouen. Les administrateurs justifient ensuite de l’emploi de cette somme {Hosp. civ. de Rouen, Inv. des archives, introd., p. 14 et série À, 25. Rouen, Gagniard, 1866). Dans son ouvrage déjà cité, Camille Bloch (p. 286) donne le chiffres suivants concernant cet établissement. 1782 : Recettes, 207.093 1., dépenses, 222.425 1.

38i HISTOIRE DE LA. CHARITÉ. LIVRE III. CHAPITRE III

(( pour les seuls pauvres natifs de Reims attaqués de cancer, tire son origine d’un don de 25.000 livres fait à l’Hôtel-Dieu par feu M. Godinot, chanoine, il renferme 12 lits et dépend de la même administration »

A ajouter encore :< La maison de la Buerie^ ainsi nommée parce qu’elle est destinée principalement pour le blanchissage des linges. Elle contient douze loges et autant de lits pour les pauvres insensés natifs de la ville. Au total : 286 lits. »

Cet accroissement de population assistée détruit l’équilibre entre les recettes et les dépenses « malgré l’économie la plus scrupuleuse. » De 1769 à 1779, le déficit atteint 15.0001. année commune. L’administration se voit donc obligée de recourir à ce mode dangereux et pourtant si fréquent, « d’emprunts à rente viagère », ce qui « paraît tendre à détruire un établissement extrêmement utile pour tout le Royaume et absolument nécessaire à la province. »

Les administrateurs, en présence des nécessités les plus impérieuses sollicitent un subside journalier de seize sous pour chaque soldat malade et des allocations à prendre sur des bénéfices ou abbayes qui « sans lezer personne pourroient supporter une distraction en faveur de l’Hôtel-Dieu de Reims »

En 1766, les recteurs du grand Hôtel-Dieu de Lyon constatent que « les revenus de l’hôpital en immeubles, rentes, inté-

40. « Le nombre des lits iVétoit d’abord que de huit ; il a été augmenté de ■deux en 1754 relativement à un legs de sept mille livres fait par M. Chrétien. Ces dix lits n’étoient pas encore suffisans, on a été obligé depuis plusieurs années, d’en ajouter deux autres. »

41. « On a préféré, dit le mémoire, cette espèce de rente qui donne l’espérance de les voir éteindre, le malheur est qu’on se trouve toujours dans la nécessité d’en •constituer le double de ce qui peut s’en éteindre... » Conférer : Buchalet, L'Ass. publ. à Toulouse, op. ciL, p. 76.

42. « Camille Bloch, op. ciL, p. 283-285, donne les renseignements suivants:

Année 1764: Rec. 91.441 1. ; dép. 93.6131.

— 1774 : Rec. 72.850 1. ; dép. 97.244 1.

En citant (p. 286) le mémoire que nous venons d’analyser, cet auteur commet une confusion. Il imprime : « Année 1779. Reims, Hôtel-Dieu. Déficit, 150.000. Arch. nat., F‘s 229. Mémoire sur l'état actuel de VHôtel-Dieu de Reims. » Or voici le texte exact : « ... pendant les dix dernières années que la dépense a excédé la recette, pendant ces dix années, d’environ cent cinquante mille livres, ce qui fait un excédent de dépense de 15.000 1., année commune de dix. » Le lecteur peut mesurer la différence qu’il y a entre le manuscrit et l’extrait de l'ouvrage pré- •cité, qui semble faire porter ce déficit considérable sur la seule année 1779.

LA SlTUATIOiN FINANCIÈRE DES ÉTABLISSEMENTS HOSPITALIERS 385

rêts, octroi, casuel, dons, legs, aumônes et autres ressources de ce genre ne se portent pas, année commune, au-delà de 400.000 livres, tandis que les dépenses de tous genres excèdent aussi, par année commune, la somme de 500.000 livres, en sorte que sans le secours des rentes viagères qui donnent quelques bénéfices aux pauvres, et celui des fonds que chaque administrateur est obligé de verser à son entrée dans la caisse de l’hôpital, il tendroit à une chute inévitable. » L’année 1783, le trésorier de cette maison est en avance de la somme de 1.200.000 l.,il faut faire un emprunt à Gênes pour le rembourser. Deux ans auparavant, les Recteurs parlent de donner leur démission

Ces Recteurs s’élèvent antérieurement avec ardeur contre le pont que veut faire construire le s’’ Morand, ils ne se doutent guère que cette entreprise, mettant en valeur les terrains de la Part- Dieu, doit assurer la fortune de leur établissement.

Les vicissitudes par lesquelles passe l’Hôtel-Dieu de Marseille, durant deux siècles, sont encore plus pénibles. 11 ne réussit pour ainsi dire jamais à pourvoir aux charges, que sa situation déport de mer, les pestes, les événements intérieurs lui imposent. Il ne peut vivre qu’au moyen de subventions répétées, allouées de gré ou de force par la municipalité.

Dès le 23 août 1685, le recteur-trésorier est en avance de

11.000 livres; le 13 août 1699, les administrateurs exposent aux échevins que nonobstant l’aliénation de 85 . 000 livres de capitaux, leurs dépenses excèdent de beaucoup les recettes

43; Le receveur de l’hôpital de la Charité a avancé 800.000 1., l’emprunt contracté parles deux établissements atteint donc 2.000.000 1. (Dagier, Hist. chron. de Vhôp. Gén.^ grand Hôtel-Dieu de Lyon, 2 vol. in-8, 1830, t. II, p. 165-306-292).

44. Comptes ; l’année administrative commençant le 1®’' novembre :

1698- 1699. Rec., 51.522 1.; dép., 62.522 1.

1699- 1700. Rec., 71.521 1.; dép., 75.193 1.

1708-1709. Rec., 116.867 1.; dép., 119.987 1.

« Au commencement de l’année 1716, cet hôpital doit environ 400.000 1., sans parler de plus delOO.OOO 1. qu’il avait prises à fonds perdu» Fabre, Hôp. de Marseille, op. cil., t. 1, chap. xxiii-xxiv, p. 494 à 497, et 519. En 1766, « l’Hôtel-Dieu devait en principaux de rentes constituées et viagères, avec trois années d’arrérages, 4.360.815 liv. Tous les biens de cet hôpital- ne valaient pas plus de

1.600.000 liv., et il se trouvait chargé de plus de 14.000 1. de rentes pour fondations et autres dettes privilégiées » {op. cit., p. 519).

L’Autorité royale, le Parlement d’Aix doivent intervenir à maintes reprises.

Dans l’espace de quatre ans, février 1761 à mars 1765, la commune de Marseille verse à l’Hôtel-Dieu la somme énorme de 656.000 livres. Si, g-râce à ces allocations, l’établissement peut faire face aux dépenses courantes, les pensions qu’il doit servir l’écrasent et dépassent le total de l’argent employé en œuvres d’assistance

« Sur la fin du xviii® siècle il faut à l’Hotel-Dieu de Marseille deux cent soixante à trois cent milles livres par an pour satisfaire à toutes ses obligations de service, et comme il est loin d’avoir en propre un pareil revenu, la ville comble le vide. »

Lors d’une de ces discussions fréquentes et animées, qu’un pareil état de choses suscite au sein du Conseil municipal, un membre n’attaque pas la probité des Recteurs, qu’il juge hors de toute atteinte, mais il critique leurs emprunts illimités et leur facilité « à nourrir indistinctement les bâtards qu’on leur amène assez publiquement de tous les points de la province et des provinces voisines » (Fabre, op. cit.^ 1. 1, p. 525 et 517).

Cet établissement voit, lui aussi, le flot des admissions compromettre l’équilibre de ses budgets.

A l’autre extrémité delà France, voici la situation de l’hôpital Saint-André de Bordeaux en 1787-1789 : Revenus, 89.000 1. ; dépenses, 106.000 1. ; déficit, 17.000 livres. La population de l’asile monte à 483 personnes^®.

45. Etat de situation dressé le 10 avril 1765 sur la demande de Laverdy, contrôleur général des Finances.

Les revenus fixes de l’Hôtel-Dieu de Marseille, en 1764, furent de 83.455 1.

Les revenus casuels, calculés sur la moyenne de vingt ans 43.069 1.

Total des recettes 126.524 1.

Les dépenses pour le service des malades, année commune 79.803 1.

Dépenses pour les enfants trouvés, en 1764 87.923 1.

Intérêts des emprunts et autres charges 198.8471.

Total des dépenses 366.5731.

Le déficit était donc de 240.049 1. j

(Fabre, op. cit., T, p. 506). ,

46. Le détail de ces recettes et dépenses est intéressant à connaître. Revenus, j année commune : Loyers, 31.000 1. ; prix de ferme du droit exclusif de débit de s

La situation financière des hôpitaux des cités populeuses, admettant indifféremment tous ceux qui se présentent, laisse à désirer comme celle des hôpitaux généraux et par les mêmes causes En est-il de même partout? Non. Les asiles hospitaliers affectés à un centre de moindre importance, sachant limiter le chiffre des admissions, se suffisent souvent par leurs propres ressources.

§4. — Hôpitaux des petites villes et des bourgs de province.

Camille Bloch, dépouillant les dossiers de la série M, 672-679 des Archives nationales pour l’année 1764, arrive aux conclusions suivantes (p. 282-285). Généralités d’Amiens, de Champagne, d’Orléans, de Boissons, de Rouen, de Paris; établissements cités, 85, présentant un déficit, 36 ; la proportion est énorme, d’autant plus qu’il s’agit pour une forte partie d’asiles renfermant quelques lits et dans lesquels l’affluence des administrés étrangers à la localité ne joue pas un rôle prépondérant.

viande pendant le carême, 27.0001. ; prix de ferme du droit exclusif des paiements et tentures de deuil, 1000 1. ; rentes dues par rHôtel-de-Ville et constituées sur cet établissement, 22.0001. ; cens, rentes, commutation d’agrières, rentes en vin, fi’oment et foin, 3.000 1. ; vente des habits des morts, produit de la vente du son, des futailles, produit des quêtes et des délivrances d’extraits mortuaires,

5.000 1. ; total général des revenus, 89.000 h — État des dépenses : Achat de viande,

28.000 1.; de farine, 26.500 1.; de volailles, d’œufs et d’herbages, 14.000 1. ; de linge, de poterie, 6.0001 ; de drogues et remèdes, 4.500 1. ; entretien des bâtiments et achat de pavés, 6.000 1. ; appointements des sœurs, officiers et domestiques,

6.000 1. ; reconstruction des maisons ou réédification de portion de bâtiments,

6.000 1. Total général des dépenses, 106.000 livres (Hervieu, Inv, somm. Arch. hôp. de Bordeaux^ op. cit., VII. E, p. 68).

47. Il faut aussi tenir compte de la surcharge résultant du traitement des militaires malades ou blessés et de l'assistance des enfants trouvés : L’hôpital de Montelimart faisait face à ses charges et cet état de choses aurait duré, mais le gouvernement l’assujettit à servir d’hôpital militaire et de dépôt pour les enfants trouvés, à l’entretien desquels l’Hôtel-Dieu consommait ses revenus et ses capitaux. Ce n’est que depuis 1779 que la dépense de cette œuvre a été remboursée sur le trésor royal ; encore n’a-t-on pû obtenir le remboursement de celle des enfans reçus avant 1779, qui ont coûté â l’hôpital une somme de 16.219 1., 10 s. , 2 d. (iifém., janv. 1791. 263).

D’après un rapport de l’inspecteur Colombier (1785), l’hôpital de Carcassonne recevait 12 s. par journée de soldat, alors que le prix réel était bien supérieur. « C’est, ajoutent les administrateurs, un des objets les plus considérables pour l’hôpital et on peut dire sans exagération que le régiment de chasseurs des Sevenes, qui a été eh garnisons à Carcassonne pendant trois ans, a causé â l’hôpital une perte de 7.0001. et plus» (Arch. Nat,, F's, 226).

Cette proportion est-elle exacte ? Un érudit le conteste ; à la suite d’un nouvel examen des mêmes liasses il trouve que vingt et une maisons sont omises, et chose singulière, « pour deux seulement les dépenses passent les recettes, » en sorte que les calculs précédents se trouvent complètement faussés Et encore tout est confondu : hôpitaux généraux, Hôtels-Dieu des grands centres, asiles minuscules. Les revenus constatés Amnt de 142 1. (Saint- Laurent-des-eaux, Orléanais) à 174.000 1. (Rouen). Quelle conclusion générale peut-on tirer d’éléments aussi disparates ?

Pour éclairer la discussion nous allons examiner des documents qui constatent que nombre d’établissements jouissent, avant 1789, d’une situation financière satisfaisante.

hôpital des pauvres malades de Chalon-sur-Saône est fondé par les bourgeois de la ville et construit à leurs frais ; vers 1750, ses revenus montent à 27.995 1. alors que les dépenses ordinaires atteignent 31.212 1. « Les ressources de la charité des habitans suppléent, dit un mémoire de l’époque, au défaut de la recette. Le receveur rend ses comptes tous les ans à l’Hôtelde-ville, par devant les maire et échevins, les deux œconomes, le procureur sindic et deux auditeurs nommés par le Conseil. « Lorsque la recette excède la dépense cet excédent est déposé dans^ le coffre-fort »

Le petit Hôtel-Dieu de Montfort-l’Amaury, près Versailles^ reçoit de nombreux legs ; le 6 décembre 1782 les comptes de l’exercice précédent donnent : Recettes 8. 379 1. Dépenses

5. 099 1. Dans sa visite du 14 juin 1783 l’évêque de Chartres constate le bon état de la maison ; la balance de l’actif et du

48. « Il est singulier, dit cet érudit critique, qu’un inspecteur général des Archives, sorti de l’École des chartes, ait de pareilles distractions... En faisant toutes les corrections nécessaires, voici, sauf erreur, comme il faut conclure : sur 106 éta blissements 37 ont un budget déficitaire. Pour 5 de ces maisons la différence ne va pas à 500, pour 5 elle n’atteint même pas 100 fr. » (Paul Dudon, Une thèse sur les institutions d'assistance au XVIIU siècle. Études, 45® année, tome CXVI, 20 septembre 1908, p. 752-753).

49. Manuscrit, collect. de Fauteur. Dans cette ville « la dépense de Vhôpital général excède toujours la recette et monte même au double des revenus fixes. »

50. Vers la fin du xviiu siècle cet établissement fait des placements sur les fonds publics. « On achète 150 livres de rente en 1773 ; 70 1. en 1777 ; 123 1. en 1780 ; 140 1. en 1783. » (De Dion, L’hôp. de Montfort-VAmaury., in-8, 63 p. Tours. 1892, p. 39-40.)

passif pour cinq années (1782 à 1785) ne fournit qu'un déficit de 53 1. comblé aussitôt grâce à un don anonyme de 400 1.

Les comptes de F Hôtel-Dieu de Goulommiers « rendus en présence des maire, écheyins et habitants de la ville » présentent des bonis : Premier compte comprenant les années 1775 à 1781. Recettes : 70.372 1, 18s.3d.; dépenses et reprises : 55.7261. ^s. 2 d. ; excédent de recettes : 14.616 1. 10 s. 1 d. Deuxième compte, années 1781-1786. Recettes : 81.455 1. 17 s.;dépenses, 67.110 1. 7 s. 10 d. ; excédent : 14.345 livres

L’Hospice de la ville d’Haubourdin (Flandres), affecté aux malades, pauvres passants et orphelins, fournit les statistiques suivantes :

1659-1662 Rec., 2715 1.

1716-1717 Rec., 1565 1.

1723-1724 Rec., 1375 1.

1732-1733 Rec.. 1675 1.

Dép., 2050 1.

Dép., 1148 1.

Dép., 1194 1.

Dép., 1871 1.

Ces comptes sont soumis « aux baillis et hommes de fief de la dite vicomté »

Les revenus de l’asile de Gharleville de 1688 à 1789 offrent presque constamment une plus value sur les dépenses. Il en est de même pour Fhospice de Rethel aux xviPet xviii^ siècles

A Mézières les budgets de FHôtel-Dieu, après avoir été souvent en déficit, s’améliorent à la veille de la Révolution.

1783 Rec., 11076 1. Dép., 3388 1.

1785 Rec., 14126 1. Dép., 7412 1.

1788 Rec., 13904 l‘. Dép., 12004 1.54

51. Lemaire, 7nü. Seine-et-Marne, arch. Eccl., tome II, 1864, supp. à la série H. Hôtel-Dieu de Goulommiers E. 22, p. 301.

52. DeCleene et Vermaere, Inv. arch. Hosp. d'Haubourdin., in-4, Lille, 1906,

p. XXXII-XXXIII.

53. Paul Laurent, Inv. arch. Ardennes, t. V, série H, supp. arch. hospit., in-4, Gharleville, 1901, sup.H, 59 à 70. E, 4 àE.15, p. 11 et suivantes. Rethel n® 383-396, p. 103 et suiv. Du même auteur, Inv. somm. des arch. de Gharleville (ville et hospice), in-4, 1895, p. 201 et suivantes.

54. Paul Laurent, Inv. arch. ville deMézières, in-4, Gharleville, 1891. E. 39, p. 41. Consulter également la lettre de Ripotot, directeur provisoire de cette maison. Pluviôse, an 3. Arch. Nat. F'® 261. « L'économie et l'industrie, dit-il, augmentoient -encore les revenus, les enfants y étoient employés à faire la dentelle et les femmes à filer. Le produit de ces tx’avaux étoit employé en acquisition de linge, et à entretenir une pharmacie suffisante pour le service de la maison. »

Pendant tout le xviii® siècle l’Hôtel-Dieu de Chartres accuse, pour ainsi dire chaque année, des bénéfices énormes

A Ghâteaudun les comptes se soldent selon les années avec de petits excédents ou de faibles déficits. A dater de 1770 les bonis deviennent la règle absolue ; ainsi de l’exercice 1770-1771, à celui de 1789-1790, les revenus atteignent un total de 605.003 1. alors que les dépenses, pour la même période, ne montent qu’à 543.146 1. en négligeant les sous et deniers

Les Inventaires des Archives nous fournissent, comme on le voit, une bonne moisson de renseignements irréfutables Voyons maintenant les données que l’on peut tirer de la série des Archives nationales ; elles ne font du reste que corroborer les indications précédentes : « L’hospice de Nemours, connu anciennement sous la dénomination d’Hôtel-Dieu, jouit, en 1790, d’un revenu en biens-fonds, recettes et redevances foncières, de 10. 000 livres qui suffisent à ses besoins »

« L’hospice d’Haguenau a des ressources, des terres labourables, qui produisent un canon d’environ 3.000 sacs de grains, par an, une forêt qui lui produit le bois de chauffage nécessaire, ses moyens de subsistance sont abondants en 1789 »

55. Comptes de la Recette et dépense de l’Hôtel-Dieu rendus par le Maître à l'Évêque et aux délégués du chapitre. Il suffit de citer les derniers résultats :

1785- 1786 Rec., 111.794 1. Dép., 80.035 1.

1786- 1787 Rec., 92,978 1. Dép., 51.248 1.

1787- 1788 Rec., 85.287 1. Dép., 56.691 1.

1788- 1789 Rec., 123.351 1. Dép., 79.308 1.

Lucien Merlet, Inv. arch. Hosjj. de Chartres^ in-4, 1890, série E, p. 69 à 105.

Au xvi« siècle la situation était moins bonne. Les ressources de l’Hôp. gén. s’améliorent aussi à la fin du XVIII® siècle; « Il résulte des détails précédents que l’Hôpital général de Chartres est au pair de sa recette et de sa dépense, si toutefois la recette n'excède pas. >> L’Inspecteur recommande de réduire les secours du dehors. (Rapp., Colombier, février 1785, Arch. Nat., Fi*>, 226).

56. Merlet, /nr.somm. arch.hosp.deChâteaudun, in-4, 1867, série E, n°’ 97 à 289, p. 10 à 25.

57. Des archivistes (nous ne voulons en nommer aucun) se contentent parfois de mettre une simple indication ; exemple ; série E. n° 234 (cahier. In-fol. papier, 19 feuillets 1786-1787. Comptes des recettes et dépenses de l’Hôtel-Dieu de... » Le malheureux travailleur qui demeure peut-être à 200 lieues est bien renseigné !

58. La comm. admin. de l’IIospice. Floréal an 5. (Comme précédemment nous reproduisons la correspondance en mettant les phrases au temps présent.) Arch. Nat. F1& 302.

59. La municipalité de la commune d’Haguenau à la Commission des secours publics à Paris. 16 ventôse an 3. F^® 254.

L’Hôtel-Dieu de Saint-Flour reste (au moment de la Révolution) destiné aux seuls habitants de la ville « et tant à raison d’une faible population qu’à raison d’un temps heureux, le nombre des pauvres n’est pas considérable. Les denrées et les marchandises se vendent à bon prix. Un prélat vertueux qui par ses aumônes mérite une place au panthéon français, fait des largesses immenses. Son grand exemple influence le clergé nombreux et des dons journaliers pleuvent de toute part »

L’hôpital de Limoges dès la seconde moitié du xviii® siècle, se trouve constamment approvisionné pour une année d'avance : «il peut disposer dans tous les temps de sommes considérables pour faire face à ses achapts ou pour parer aux événemens imprévus »

L’hospice de Cognac pourvoit à toutes ses charges avec un revenu de 1.248 livres

En 1789, l’hospice civil de Saint-Jean-d’Angely jouit de propriétés foncières ; « il a en mobilier, en effet, médicamens et provisions, tout ce qui est nécessaire au soulagement de l’humanité souffrante ; il ne manque de rien »

Gomme résumé de ce qui précède, en y ajoutant les exemples cités par Camille Bloch et l’abbé Paul Dudon, on voit : qu'au xviii® siècle les hôpitaux généraux, création un peu artificielle du Pouvoir Royal, aussi bien prisons qu asiles charitables^ ne peuvent se soutenir qu’à l’aide des subventions et des sacrifices des communautés d’habitants

Que les grands Hôtels-Dieu voulant, malgré l’accroissement des demandes d’admission, ne refuser personne, se trouvent constamment exposés à des déficits importants.

Mais que, par contre, un nombre élevé de petits établissements, fidèles aux principes admis lors de leur fondation, soucieux de

60. Les administrateurs de rhôp, de la ville de Saint-Flour à Messieurs les membres composant le comité des secours (an 4), Arch. Nat. 250.

61. Les citoyens administrateurs de l’hospice civil et militaire de Limoges, 9 fri maire an 4 (Arch. Nat., F‘» 304).

62. Rapp. des Bureaux du ministère de l’Intérieur, 13 vendémiaire an 5, F^^i

63. L’admin. municip. de Saint-Jean d’Angely au ministre de l’Intérieur, 3 floréal an 6. F^® 309.

64. Prudhomme, /nr. somm. des Arch. de là ville de Grenoble, op. cit., lS9l ,

p. XIV. .

392 ttlSTOIRE DE LA CHARITÉ. LIVRE III. CHAPITRE III

borner leur assistance, font honneur à leurs affaires et ne réclament que de légers subsides à la charité publique 6^.

Cette situation compromise à certains moments par les guerres avec l’Espagne, les troubles de la Fronde, le contre-coup du système financier de Law s’améliore d’une manière évidente dès le milieu du règne de Louis XV.

Un mémoire concernant l’hospice de Nuits (Bourgogne), permet de saisir sur le vif la manière dont des centaines d’asiles peuvent faire beaucoup de bien avec de faibles ressources et « porter, grâce à une administration paternelle, un établissement au plus haut degré d’utilité dont il peut être, eu égard à ses revenus. »

« L’hospice, disent les Recteurs, est régi comme l’est le ménage d’un père de famille sage et économe. L’administration fait la provision de bled. La panification a lieu dans l’intérieur, par les servantes de la maison, sous l’inspection de l’économe, une hospitalière qui de son côté fait toutes les dépenses de consommation telle que le beurre, le lait, la crème, les légumes et les œufs, dont elle rend compte au Bureau à des époques rapprochées. Pour tous ces objets il n’y a pas d’entrepreneurs . L’Econome s’en pourvoit dans la proportion du besoin, elle a le choix de la qualité et rien n’est ny gaspillé ny gâté.

(( La consommation d’huile à brûler se prend sur les réserves de navette faittes avec les fermiers ; les gennes et les lies de vin assurent la provision d’eau-de-vie.

65. L’abbé Paul Dudon à propos de ces liasses d’archives M. 672-679, si insuffisamment explorées par Camille Bloch, fait cette remarque intéressante : « Quinze hôpitaux ne font aucune observation sur le déficit et ne formulent aucune demande. Preuve, apparemment, qu’ils n’ont guère d’inquiétude pour l’avenir. Treize hôpitaux expliquent comment le déficit est comblé ; le plus souvent, c’est par des aumônes du clergé, des fidèles, des administrateurs, les dots des religieuses hospitalières.. . » (p. 753).

66. Le nombre des établissements atteints par cette banqueroute fameuse est considérable, ci Un arrêt du Conseil d’État(16 avril 1720), rendu sur le rapport de Law, défendit aux hôpitaux d’acheter des rentes, les autorisant à acquérir des actions de la compagnie des Indes, sous la condition de les déposer à la banque et de les inscrire dans le registre des immeubles avec garantie d’intérêt au minimum de deux pour cent. La ruine terrible, générale, frappa non seulement l’établissement hospitalier, mais au cœur même de la charité publique, principal trésor à vrai dire de l’Hôtel-Dieu » (Célestin Port, CariiiL Saint-Jean d'Angers, in-4, 1870, xxix-xxx). « L’hôpital d’Annonay possédait en 1720, 10.120 livres de billets de la Banque Royale que le sieur trésorier avait été forcé de recevoir des débiteurs qui profitaient des cours dépréciés pour se libérer. » Nicod, Annonay, op. cit., p. 56.

« Le sucre, le savon, les drogues sont fournies par des marchés faits par l’administration. Il en est de même de la provision de bois.

{( Le blanchissement se fait à la maison et les lessives ne coûtent de frais que les journées de quelques journallières appellées pour laver le linge et le repasser; leurs salaires sont modiques et elles sont nourries à la maison » [Mémoire du 2 ventôse, an 4. Arch. Nat, F15 262).

Cette administration paternelle n’est pas rare en 1789. Il existe évidemment alors, ainsi qu’en tout temps, des abus à corriger, des réformes utiles à introduire ; qui peut le nier?

Mais ici comme dans toutes les branches de la vie sociale du pays on peut améliorer sans détruire, c’est ce que les révolutionnaires ne savent jamais faire.

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