Appelés aussi Crociferi^ Ministri del ben morire
23. «... Il y a dans cet ordre des Prêtres, des Frères convers et des Oblats : les deux premiers sont obligés par vœux solemnels ; les oblats font seulement des vœux simples et sont emploiés aux offices de la maison. » (Hélyot, op. cit.^ IV, p. 274).
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Après la mort de leur fondateur nous voyons ces amis -des délaissés passer en Espagne et en Portugal.
L’année 1630, cinquante-cinq pères périssent au milieu des guerres, des famines et des pestes. D’autres en grand nombre sont emportés par des affections contagieuses à Rome et à Naples (1656). Ces apôtres du bien mourir se trouvent décimés à Murnie (1677), à Messine (1763). Ils donnent de cette manière, en tous lieux, l'exemple des vertus les plus héroïques.
§ 4. — Saint Vincent de Paul et les Filles de la Charité-'^.
Au début du dix-septième siècle Monsieuk Vincent, comme on l’appelle, établit des confréries de charité dans les campagnes et les villes ; bon nombre de dames appartenant à la noblesse et à lahaute bourgeoisie tiennent à honneur de servir elles-mêmes les nécessiteux. Puis la première ferveur fait place à un certain Telâchement, au lieu d’aller en personne visiter les indigents on :se décharge de ce soin sur des domestiques. Les maris, craignant le mauvais air des hôpitaux, ne laissent point une entière liberté à leurs femmes. On reconnaît donc l’urgence d’avoir des servantes des pauvres^ uniquement occupées du soin des infirmes, leur distribuant la nouriture et les remèdes.
Louise de Marillac, veuve de Antoine Le Gras, écuyer, s’offre à entreprendre la formation de ce service composé « de bonnes filles de villages », simples, aimant Dieu, d’une robuste santé, capables de supporter les fatigues inhérentes à cette vie de dévouement. Elle est loin, au début, de songer au bien immense que doit procurer l’œuvre quelle commence humblement en 1627, sous la direction de Monsieur Vincent.
24. Vie du vénérable serviteur de Dieu Vincent de Paul, par Louis Abelly, évêque de Rodez (édit, de 1843, 2 vol. in-8). La vie de Saint Vincent de Paul (par Collet), 2 vol. in-4, Nancy, 1748. Lettres de Saint Vincent de Paul (1607-1660), édition publiée par un prêtre de la congrégation de la Mission, 2 vol. in-8, Paris, 1882. Mgr Baunard, La vénérable Louise de Marillac, mademoiselle Le Gras, fondatrice des Filles de la Charité de Saint Vincent de Paul, in-8, Paris, 1898. Ouvrage hors ligne du plus puissant intérêt, comme tout ce qui sort de la plume du savant Recteur •de rUniversité Catholique de Lille.
A l’origine, aucun lien entre ces filles, aucune forme de communauté 25.
C’est en 1633 que l’institution prend corps, un noviciat so forme rue des Fossés-Saint-Victor 26 et le 25 mars 1634 la pieuse veuve a tant d’amour pour cette œuvre qu’elle tient à s’y consacrer par un vœu spécial, auquel elle joint le renouvellement de son vœu de viduité perpétuelle.
L’accroissement de la communauté est rapide, il ne se trouve que douze associées lors de la réunion du 31 juillet de cette année 1634, on en compte une centaine un mois après. Dès cette première assemblée, un règlement est ébauché. M. Vincent prend la parole : « A la suite de la messe, dit-il, commence le service des pauvres... Qu’il y faut de douceur pour les supporter, de délicatesse pour les soigner, d’indulgence pour les reprendre, de clémence pour leur pardonner. O mes filles, ils ont assez que de souffrir leur mal. Pensez donc que vous êtes leur ange gardien visible, leur père et leur mère... Pleurez avec eux: Dieu vous a établies pour être leur consolation. » (Mgr Baunard, op. cit.^ chap. V, p. 139-143.)
Ces filles dévouées commencent par faire des visites à l’Hôtel- Dieu avec des dames charitables. Puis viennent les fondations : Richelieu, près Ghinon ; Rueil; Sedan (1638-1640). Quelques-unesd’entre elles s’occupent des enfants trouvés, d’autres assistent les forçats 2'.
25. « Quand ensuite M. Vincent se rappelait ces origines, il se plaisait à déclarer que ni lui, ni Mademoiselle Le Gras, n’y étaient pour rien ; il le répétait en toute circonstance : « ne vous y trompez pas, disait-il dix ans après, aux premières filles de la Charité, Dieu seul a fait votre Compagnie. Nous n’en eûmes jamais le dessein formel... » (Mgr Baunard, op. cit.., chap. v, p. 133).
26. « En quel lieu exactement se fit-il ? on le présume. Quand on passe dans l'ancienne rue des Fossés-Saint-Victor (aujourd’hui rue du Cardinal Lemoine) on voit au n° 43, une petite maison qui n’a que deux fenêtres de façade avec une porte basse qui donne accès dans un corridor obscur. Cette petite maison peu large mais assez profonde fut le Cénacle où quelques bonnes filles au cœur dévoué se réunirent dans Toraison et l’union de leurs âmes, pour recevoir l’esprit de Dieu et la mission inconnue qu’il leur destinait » (Mgr Baunard, op. cit., p. 132.)
27. « Oui, mes filles, dit saint Vincent, et quel est cet autre emploi ?:C’est l’assistance des pauvres forçats !.. Dieu enfin en a eu compassion ; ils lui ont fait pitié, ensuite de quoi sa bonté a fait deux choses en leur faveur ; ia première, de faire qu’on achetât pour eux une maison; et la seconde de disposer les choses de telle sorte qu’ils fussent servis par ses propres filles, car, dire les Filles de l» Charité, c’est dire les filles de Dieu. » (Mgr Baunard, op. cit, chap. ix, p. 248.)
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Les administrateurs de FHôtel-Dieu d’Angers réclament leur concours si précieux. le Gras veut elle-même présider à cette organisation nouvelle (1640). Le traité stipule que les Filles de la Charité demeurent dans la dépendance du Supérieur général de la Mission au point de vue spirituel et de la règle, mais qu’en tout ce qui concerne le temporel, elles sont entièrement sous l’autorité des administrateurs.
A ce moment elles ont uniformité de costume : robe grise, simple petit bonnet, que doit remplacer plus tard la cornette, et le 25 mars 1642, quatre sœurs sont autorisées à prononcer les trois vœux de religion, pour une année seulement
Les sanctions épiscopales datent de 1646 et 1 655 ^9 ; Louis XIV, novembre 1657, donne à cet institut son approbation dans les termes les plus flatteurs. Le pape Clément IX — 7 juin 1668 — accorde à son tour l’institution canonique. La direction reste au Supérieur de la Mission et à ses successeurs. Les Filles de la Charité continuent à mériter ces précieux encouragements en se dévouant de tous côtés. Plusieurs succombent durant la guerre de la Fronde ; on peut noter de nouvelles fondations à Bernay, Arras, Metz, Narbonne, Cahors, etc. (1656-1659). La reine de Pologne, Marie de Gonzague, les appelle à Varsovie ainsi que des sœurs de la Visitation (1652).
28. « Afin de terminer ce qui regarde ce pieux Institut, il suffira d’ajouter que les Filles de la charité ne font que des vœux simples ; qu’elles ne les font pour la première fois qu’après cinq ans d’épreuve ; que, pour les tenir dans une juste dépendance, et leur laisser en même temps tout le mérite d’une pleine liberté, elles ne les font chaque fois que pour une année ; qu’elles ne les renouvellent le 25 de mars, jour où mademoiselle Le Gras les fit pour la première fois, que sur la permission que leur en accorde la Supérieure générale... qu’outre les trois vœux, qui sont en usage dans les ordres religieux, elles en font un quatrième de servir les pauvres dans la Compagnie, à laquelle Dieu les a appelées; et qu’enfin la liberté qu’elles ont d’en sortir n’a presque servi jusqu’à présent qu’à les y attacher par des nœuds, et plus consolans et plus inviolables » (Collet, op. cit., I, p. 232).
29, Jean-François-Paul de Gondi, cardinal de Retz, archevêque de Paris. « Mon cher et bien aymé Vincent de Paul, supérieur de la Congrégation de la mission nous a exposé que .. damoiselle Louise de Marillac, veufve de feu M. Le Gras, secrétaire de la feue reine-mère, instruit (ces filles et veufves de basse condition) dans la piété, les dresse à bien servir les pauvres malades, à les saigner, à faire et administrer les médicaments; et ensuite elle les envoie dans les paroisses de Paris et des champs et aux hôpitaux, Enfants-Trouvés de la ville de Paris, pauvres criminels condamnés aux galères et malades des prisons, instruction des pauvres, leur montrant à prier Dieu, à lire et escrire... 18 janvier 1655 (Mgr Baunard, op. cit., chap. XVII, p. 525).
Louise de Marillac et Vincent de Paul meurent (lo mars et 27 septembre 1660) laissant l’œuvre en pleine prospérité, le grain de sénevé devient un grand arbre, les délaissés se reposent sous son ombre. En 1789, la congrégation possède 426 établissements en France seulement, sans compter ceux de Pologne, d’Autriche, de Silésie, etc.
Cette pensée de la constitution de Sœurs vivant au milieu du monde remonte à saint François de Sales ; saint Vincent de Paul la réalise. Il résume lui-même en traits saisissants l’existence de ces Filles de la charité: « Elles ont, écrit-il, en tête de la règle, pour monastère la maison des malades, pour cellule une chambre de louage, pour chapelle l’église de la paroisse, pour cloître les rues des villes ou les salles des hôpitaux, pour clôture l’obéissance, pour grille la crainte de Dieu et pour voile la sainte modestie »
Les sœurs, ajoute-il, «doivent peu dire et beaucoup faire »
Voici en quels termes, le 19 juillet 1785, s’exprime l’abbé de Saint-Martin, conseiller au Châtelet, en parlant de cette congrégation née si petitement en 1633 : « Se dévouer par état au soulagement de toutes les espèces de maux qui affligent l’humanité ; exercer la charité dans l'esprit et de la même manière que Jésus- Christ l’a exercée; ne redouter ni l'air contagieux des hôpitaux, ni les horreurs inséparables de ces séjours funestes des maladies et de la mort ; dans les villes et dans les campagnes, dans les hôpitaux et dans les maisons des particuliers, dans les armées et dans la retraite, conserver toujours la régularité, la décence, la modestie du caractère parfait de la charité ; au milieu des exercices pénibles et multipliés de ce saint ministère, vivre avec autant de recueillement que dans la solitude la plus profonde; dans tous les hommes, voir autant de frères, et s’estimer heureuses d’être appelées les humbles servantes des pauvres : tel est le tableau fidèle des vertus que nous offre sans cesse cette admi-
se.Mgi’. Baunard, op. cit.^ chap. xvi, p. 470.
SI. « Les Filles de charité ne sont que pour les pauvres malades, quin’ont personne pour les assister, et non pour des daines qui ont le moyen de se faire servir ». Saint Vincent de Paul, lettre 9 février 1659; autre lettre, 26 juillet 1656 {Recueil €ité, t. II, p. 304 et 109).
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rable société que Vincent de Paul laisse à la postérité, comme le témoignage le plus certain delà charité, qui ne cesse de le consumer pour le bonheur de ses frères »
§ 5. — Congrégations hospitalières diverses.
Frères hospitaliers du tiers ordre de Saint-François ou les Obregons. — Le fondateur de cette compagnie. Bernardin d’Obregon, naît près Burgos en 1540, il sert tout jeune les pauvres malades à l’hôpital de Madrid, et va consoler les indigents en leurs demeures. On le voit accomplir durant douze années ces pieux exercices.
Six disciples se joignent à lui et se réunissent en commun avec le consentement de l’évêque de Tolède. Leur habillement consiste en une robe et un manteau de drap couleur brune. La robe est serrée à la ceinture et les chemises sont de serge
Ces infirmiers, dont le nombre augmente rapidement, restent dans l’établissement précité sous la direction des administrateurs.
Diverses villes réclament leur assistance désintéressée : Burgos, Murcie, Guadalaxara. Bernardin ayant compassion de ceux qui sortent des hôpitaux encore faibles, obtient du roi Philippe II la fondation d’un asile affecté aux convalescents (1569) ; cette maison est unie plus tard à Fhôpital général (1581).
La congrégation prenant de l’extension, le fondateur, muni de l’approbation de l’autorité ecclésiastique, fait prononcer à ses disciples les vœux de chasteté, de pauvreté, d’hospitalité ; ils continuent à obéir aux ordinaires des lieux (1589). Bernardin sollicité de venir à Lisbonne, afin de réformer les maisons hospitalières, s’y rend accompagné de douze infirmiers (1592) ; il meurt
32. Panégyrique de saint Vincent de Paul, in-8, 120 p., Paris, 1787, p. 46-47. ,
33. Des personnes s’étant, sans autorisation, revêtues d’un costume semblable les pères obtiennent en 1609, du pape Paul V, la permission de porter une croix noire sur le côté gauche de leur robe et de leur manteau (Hélyot, op. cit., t. VII,. p. 326.)
le 6 août 1599. La congrégation ne cesse de s’accroître ; des frères de l’Obregon desservent même l’hôpital de Matines.
C’est à Armentières sur la Lys, l’an 1615, que commence la société des frères pénitents du Tiers ordre de Saint-François, appelés communément lesûons fieux. A l’origine elle se compose de cinq artisans fort pieux dont l’aîné se nomme Henri Pringuel. Après avoir songé d’abord à s’unir aux Capucins, ils se consacrent, sous la conduite du Père Ange de Nivelle, religieux de cet ordre, au travail, à l’enseignement de la jeunesse. En 1626, ils prennent un habit consistant en une robe ou tunique de drap gris liée d’une grosse corde blanche avec un manteau. Les évêques d’Arras et de Tournai approuvent leurs constitutions et à la fin du xvii® siècle, Louis XIV, sur les conseils de Louvois, conhe à ces bons fieux les hôpitaux de Dunkerque, Bergues et Ypres. A ce moment ces frères forment sept maisons « ou plutôt sept familles selon leur manière de parler. » Ils vont aussi assister les malades à domicile
La vénérable mère Françoise de la Croix, née au diocèse d’Orléans, désire former des religieuses hospitalières et jette les fondements de cette œuvre, en 1621, à Paris, proche les Minimes de la place Royale.
La ville de la Rochelle demande ces religieuses de la charité de Notre-Dame (1628) ; une troisième maison est fondée faubourg Saint-Antoine. D’autres asiles s’élèvent à Toulouse, Béziers, Albi, etc.
Ces sœurs ne peuvent recevoir dans leurs hôpitaux aucun homme, seulement des femmes atteintes de maladies curables. Elles excluent aussi les aliénées et les personnes que ronge le feu sacré (Hélyot, op. cit., IV, p. 361-372).
34. Hélyot, op. cit., VII, p. 327 à 329. Ducpétiaux, La question de la charité., in-8, Bruxelles, 1858, p. 128.
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Religieuses de l’ordre de Notre-Dame-du-Refuge. — Cette -compagnie prend naissance à Nancy (1624) et reconnaît comme fondatrice la mère Marie-Elisabeth de la Croix de Jésus, ■qui, après avoir souffert pendant de nombreuses années, mille persécutions de la part de sa famille et du mari qu’elle est contrainte d’épouser, s’occupe, une fois veuve, du salut des filles ■débauchées désirant revenir au bien.
Elle commence à en recueillir deux ; leur nombre augmente, elle en prend soin avec une charité surprenante.
L’évêque de Toul joint à cqs Madeleines quelques filles d'honneur et (1631) les constitue en congrégation religieuse, approuvée à Rome (1634). Plusieurs villes s’empressent d’ouvrir des maisons aussi utiles : Avignon, Toulouse, Rouen, Arles, Montpellier, Dijon, Besançon, Nîmes.
La congrégation comprend trois catégories de sujets : « Les plus considérables sont des personnes vertueuses et sans reproches, qui par la profession religieuse et par vœu spécial s’obligent au service des âmes pénitentes. Au second rang sont les pénitentes plus affectionnées au bien et plus propres pour la religion, qui sont admises à la même profession que les premières, avec lesquelles elles ne font qu’une même communauté. Dans le troisième rang on trouve les pénitentes volontaires ou forcées, qui n’aïant pas la volonté et les dispositions requises pour la vie religieuse, sont gouvernées par celles du premier rang, en un quartier séparé dans la même clôture, avec un règlement qui n’est guère différent de celui des religieuses, que de la solemnité des vœux et de la sainteté de l’habit. » (Hélyot, op. cit., IV, p. 358-359.)
Nous pouvons parmi les protecteurs de cette œuvre religieuse ■et sociale, mentionner le duc de Lorraine, Charles IV, les cardinaux de Lorraine, de Bérulle, l’évêque de ToulJean des Porceletz <le Maïllaine, l’archidiacre de Langres, M. Viardin <( docteur en théologie, écolâtre de la Primatiale de Nanci, et auparavant vice-légat sous le cardinal évêque de Mets et de Strasbourg. »
Hélyot ajoute (p. 361) d’autres congrégations n’admettent point les filles repenties à la profession religieuse et « quoi qu’il existe dans plusieurs lieux des Maisons sous le nom du Refuge^ la plupart ne sont que des Communautés séculières établies aussi pour le même sujet »
Les sœurs de Saint-Charles de Nancy. — Joseph Chauvenel^ avocat au Parlement de Metz, se dévoue au soulagement des. pauvres et meurt victime de son zèle durant une épidémie. Il constitue les nécessiteux ses héritiers.
Son père accepte le concours de pieuses dames pour réaliser les dernières volontés de son fils ; une fondation se crée, approuvée et autorisée par le duc Charles IV de Lorraine et l’évêque de Toul (5-21 mai 1663); c’est seulement en 1679 que ces dames sont admises à prononcer des vœux, y compris celui de se dévouer au soin des malades et même des pestiférés.
Cette congrégation prend de l’extension dans toute la Lorraine et les pays voisins.
Le Père Angèle Proust de l’ordre des ermites de Saint- Augustin de la communauté de Bourges, étant prieur du couvent de Lamballe, se trouve ému en présence de la détresse des pauvres de la région, par suite de la ruine de plusieurs hôpitaux. Il songe donc à instituer une société de filles pieuses chargées de la réorganisation de ces asiles. La canonisation de saint Thomas de Villeneuve ayant lieu à cette époque 1659, il donne à ces nouvelles religieuses le nom de ce grand serviteur des malheureux, leurs statuts sont empruntés à la règle de saint Augustin 36.
35. Signalons les sœurs de Notre-Dame-de-Charité^ dites de Saint-Michel. Elles prennent naissance à Caen ;leur fondateur est le vénérable père Jean Eudes : on les trouve dirigeant la maison de Sainte-Pélagie à Paris (1682); puis la prison des Madelonnettes, près le Temple (17Î0). Elles recueillent des filles et femmes de mauvaise vie qui veulent s’amender.
36. Hélyot, III, p. 69. Constitutions des règles communes pourles hospitalières
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Le premier établissement ainsi desservi est celui de Lamballe, ensuite on voit ces sœurs à Moncontour, Saint-Brieuc, Dol, Saint-Malo, Rennes, Paris, etc.
Le but de la compagnie, lit-on au chapitre premier des statuts, «est d’exercer envers les malades la charité chrétienne en les assistant et en les excitant à bien mourir. L’esprit de ces religieuses est de s’attacher de préférence aux hôpitaux, les plus petits, les plus abandonnés ; afin de les relever et de (( les mettre dans un état décent pour en bannir le désordre » (chap.
De la fin de rinstitat, art. 5 et 6).
« 11 faut que les personnes qui adhèrent à la Société s’efforcent d’autant plus d’être pénétrées de l’esprit religieux que n’étant pas renfermées dans le cloître, elles doivent être plus mortes au monde, plus unies à Dieu pour remplir leur vocation 37, »
Les habits des sœurs sont de serge noire ou d’étamine la plus commune ; les robes fermées, les manches pouvant couvrir les mains; elles ne sortent qu’avec un voile (chap. xx).
En dehors des trois vœux habituels, les dames de Saint-Thomas-de-Villeneuve en font un quatrième « qui est de se consacrer au service du prochain et de passer la vie dans des exercices continuels de charité » (chap. xxi).
Cette congrégation s’occupe également de maisons servant de refuge à des personnes dont la conduite laisse à désirer 38.
de Ssbint-ThomsiS-de- Villeneuve^ adaptées par les religieuses de Notre-Dame-de Grâce. In-12, vi-220 p. Aix (xviiU siècle).
37, Ces sœurs se divisent en Mères des pauvres et sœurs domestiques (chap, xxi, § 5), Depuis l’an 1709 la maison de Paris s’occupe chaque matin du pansement gratuit des pauvres q li se présentent. Le premier supérieur, le père Ange le Proust, mourut à l’àge de 73 ans, en 1697,
38. La pièce suivante, datée de l’an 1773, ne laisse aucun doute à ce sujet.
« Par devant les Conseillers, notaires du Roy à Paris, soussignés, furent présentes... (la supérieure générale et l’assistante ) ... de ladite congrégation rue de Sève, paroisse Saint-Sulpice. Lesquelles ont dit que leur ayant été donné communication d'une lettre écrite au Roy parM. le curé de Saint-Sulpice, le 29 décembre dernier (1772) elles se croyent obligées pour rendre justice à la vérité dy faire les observations suivantes.
Premièrement que la d. lettre portant que les filles de Saint-Thomas-de-Villeneuve par leur institut sont destinées pour les hôpitaux et Hôtels-Dieu et nullement pour les maisons de refuge; M. le Curé de Saint-Sulpice ignore que par leur institut elles sont dévouées à toutes les œuvres de miséincoi’des spirituelles ■et corporelles et que depuis plus de quatre-vingts ans ce sont les filles de Saint-
oO HISTOIRE DE LA CHARITÉ. INTRODUCTION.