‹ Histoire de la charité (volume 5)Chapitre 157 sur 197 · In-4, 16 p, deux plans, Paris, Louis Cellot · texte numérisé non relu

In-4, 16 p, deux plans, Paris, Louis Cellot

58. Le D" Petit met en note, page 9 : « Je me fais un devoir et un plaisir de publier que sur cette forme de bâtiment je me suis rencontré avec M. Prunneau de Monlouis, habile architecte de Paris. Je pense que cette rencontre est le plus grand éloge qu’on puisse faire démon idée. »

Le rez-de-chaussée, dans ce plan, est voûté et affecté aux services généraux : réfectoires, bureaux, buanderie, etc. Le premier étage renferme seize salles dont huit ayant trente-trois toises de long, et hiiit^ vingt-neuf seulement ; largeur commune, vingtquatre pieds. Au besoin, un second étage pareil. Pour tout l’établissement : (( 5.625 toises quarrées ou six arpens et un quart de superficie »

Ce mémoire une fois présenté aux administrateurs, l’auteur publie un second travail montrant les inconvénients qu’il y a à maintenir l’Hôtel-Dieu au centre de Paris, il s’appuie sur Chamousset, Petit, et combat vivement le Mémoire à consulter signé par la sœur de la Nativité, prieure de cet établissement, qui s’oppose à toute translation

L’année suivante (1777), dans la séance publique de l’Académie des Sciences tenue après Pâques, M. Le Roy lit un précis sur les hôpitaux, terminé par un projet de construction dressé par François Viel 61.

Il s’agit d’élever un établissement dont les différentes salles sont entièrement isolées « et rangées comme les tentes dans un camp ». « Par suite de cette disposition, chaque salle est comme une espèce d’île dans l’air, et environnée d'un volume considérable de ce fluide, que les vents peuvent emporter et renouveler facilement par le libre accès quhls ont tout autour. » L’auteur déclare (p. 16) qu’en 1773, lorsqu’il entreprend la rédaction de son mémoire, l’hôpital de Plymouth lui est absolument inconnu 62.

59. Projet d'un hôpital de malades ou Hôtel-Dieu, dans lequel les malades couchés chacun seul dans un lit recevroient les meilleurs secours avec le moins de frais possible, divisé en trois parties : 1“ V emplacement, 2“ les bastimens, 3® l'administration, in-4, 24 p., Paris, V® Duchesne, 1776.

60. Mém.sur la nécessité de construire hors la ville un Hôtel-Dieu commode et spacieux, par l’auteur du projet d’hôpital de malades, in-4, 16 p. V® Duchesne,

61. Précis d'un ouvraqe sur les hôpitaux, dans lequel on expose les principes résultant des observations de physique et de médecine qu'on doit avoir en vue dans la construction de ces édifices avec un projet d’hôpital disposé d’après ces principes, in-4, 16 p. deux plans, 1787, « composé, pour l’architecture et dessiné en 1780 par Ch. Fr. Viel, architecte de l’hôpital Général de Paris. »Dans son ouvrage cité plus haut, p. 47-49, Fr. Viel fait le départ de ce qui, dans ce plan remontant à 1776, lui est personnel et distinct des idées de M. Le Roy.

62. F. Viel s’attache (p. 50 de son ouvrage cité) à faire ressortir les différences que présente le projet de M. Le Roy, dont il est le collaborateur, avec l’hôpital

l’architecture des établis s ExMEnts hospitaliers 483

Quant aux salles, au lieu de recevoir un plafond, « le haut doit être partagé en cinq ou six parties, plus ou moins, dans le sens de la longueur. . . chacune de ces parties est formée en voûte dont le sommet se trouve perpendiculairement au milieu de la largeur de la salle. » Au sommet de chacune de ces petites voûtes, une ouverture qui donne dans un tuyau dépassant le comble exactement comme celui d’une cheminée.

Le plancher, de son côté, est percé d’ouvertures communiquant « par dessous, avec l’air extérieur » afin de former ce que l’inventeur appelle des puits à air, « Je suis assuré, continue-t-il (p. 13), que si pour en faire l’expérience, onfaisoit une grande fumée dans une salle ainsi construite, elle seroit promptement dissipée en ouvrant les cheminées d’en haut et les puits à air d’en bas. »

L’emplacement proposé est le long de la grande route de Versailles en face « l’isle des Cygnes ».

Le sieur Poyet, architecte et contrôleur des bâtiments de la ville, vient à son tour exposer ses idées

(( L’île des Cygnes » lui paraît réunir toutes les conditions désirables pour y établir la maison hospitalière qu’il a en vue, à laquelle il donne la forme « d’un cercle composé de grandes salles tendantes au centre et séparées par de vastes cours ». Il désire « retracer l’un des plus beaux monumens de Rome, le Colysée » ; économiser du terrain; a renfermer le plus d’objets dans le moindre espace possible. »

Quarante-huit grandes salles de 84 lits, et quatre-vingtseize petites de 12 lits, lui permettent d’offrir un refuge à S 184 malades. Trouvant que ce chiffre n’est point suffisant, le sieur Poyet « ménage dans les entre-sols du ^rez-de-chaussée 500 chambres à un lit seul et à cheminée » destinées à être louées.

anglais. « Cette description fidèle aux dessins publiés par la gravure, prouve évidemment les grandes différences qui distinguent l’hôpital près Plymouth, de celui que j’ai composé en 1776, quoique soumis cependant^ Vun et Vautre aux principes généraux de la physique, et à la condition spéciale de l'isolement des corps de bâtimens des salles. »

63. Mém. sur la nécessité de tranférer et reconstruire V Hôtel-Dieu de Paris, suivi d'un projet de translation de cet hôpital, in-4, 44 p., 3 plans et vues, 1785.

Cet architecte n’hésite pas un instant à affirmer que son hôpi^ tal circulaire « réunit tous les avantages imaginables de commodité, de salubrité et d’économie. » Que peut-on désirer de plus?

Malheureusement Colombier, inspecteur général des établissements hospitaliers, et son gendre Thouret ne partagent point cette manière de voir; ils publient aussitôt un écrit intitulé : (( Relevé des principales erreurs contenues dans le mémoire relatif à la translation de l' Hôtel-Dieu ^ et examen du projet du sieur Poyet c/iii en est la suite » (in-4, 16.) Ces inspecteurs n’ont pasde peine à démontrer la folie : de placer des salles de malades à 106 pieds du sol (on ne connaît pas encore les ascenseurs); de rapprocher tellement les bâtiments que les étages inférieurs restent presque entièrement privés de soleil, etc. Le calcul des dépenses nécessaires les amène, du reste, au chiffre colossal de 36 millions de livres.

L’auteur ne se décourage pas et répond par un nouveau mémoire dans lequel il fait juge de la question « le Public les savants, le gouvernement et surtout les âmes sensibles. Plus tard, nous le voyons offrir à Charles X la réimpression et les plans de cet hôpital « moitié plus grand que le Colysée ».

Ce travail du sieur Poyet est néanmoins la cause indirecte des améliorations réalisées en cette matière. Le 10 décembre 1785, M. le baron de Breteuil renvoie, par ordre du Roi le mémoire dont il s’agit à l'examen de l’Académie des Sciences. Une commission est nommée et après de nombreuses enquêtes, desdiscussions approfondies, les rapports de l’Académie posent les

64. « Thouret avait épousé la fille de Colombie? » (Roger, Médecins normands^ t. II, p. 85).

65. « Supplément au mémoire sur la nécessité de tranférer l’Hôtel-Dieu de Paris ou analyse du relevé des principales erreurs contenues dans cet ouvrage.. In-4, 63 p., Paris, 1786. — Renouvellement du projet de transférer rHôtel-Dieu à Tîle des Cygnes, d'après l’approbation des médecins les plus distingués, in-4 11p., 2plans. Poyet, devenu membre de l’Académie de médecine, meurt peu après en 1824.

66. Le mémoire présenté à Charles X débute ainsi : « En 1785, le sieur Poyet a eu l’honneur de présenter à Sa Majesté Louis XVI le modèle du monument dont il s’agit en présence de son ministre, M. le baron de Breteuil. Le Roi en fut si satisfait qu’il dit avec bonté à l’aviteur que lorsqu’il aurait terminé cet édifice il lui accorderait l’ordre de saint Michel. »

67. Font partie de la commission : de Lassone, Daubenton, Tenon, Bailly, Lavoisier. La Place, Coulomb et d’Arcet.

l’architecture des établissements hospitaliers

t>ases définitives de l’architecture hospitalière et des règles d’hygiène à observer dans ces asiles

L’Académie formule ainsi ses conclusions :

Eviter l’agglomération sur un seul point d’un nombre considérable de malades.

2° Construire des hôpitaux ne renfermant qu’un chiffre de 1200 administrés, répartis dans quatorze pavillons isolés, rangés sur deux files, séparées par une vaste cour ^'9

3® Les emplacements des quatre hôpitaux à créer pour Paris sont : « ceux des maisons de Saint-Louis et de Sainte- Anne, dépendances de l’Hôtel-Dieu, et ceux des maisons des religieuses de Saint-Périne-de-Ghaillot et des hospitalières de la Roquette. »

Le Roi, sur l’avis de l’Académie, rend son arrêt du 22 juin

1787, approuvant la fondation des quatre établissements; une ^souscription publique est ouverte à ce sujet. L'empressement devient tel que plus de 2.000.000 livres sont recueillies rapidement^^. Les événements se précipitent; ces fonds, destinés aux

68. En 1862, Husson peut écrire [Étud. sur les hôp.^p. 8) : « L’hôpital Lariboisière inaugure le système des pavillons isolés, et reproduit, dans ses moindres détails, le plan que l’Académie des Sciences avait présenté en 1788 au gouvernement de Louis XVI, comme offrant l’ensemble le plus complet des améliorations à introduire dans ces constructions. »

A noter encore les projets suivants : Pharoux, architecte, Mém. sur les hôpitaux h construire^ in-i, 31p., 1787. — Frère de Montizon, Ing., arch., Mém. et requête expositive d'un projet pour la construction d'un Hôtel-Dieu, in-8, 30 p.,

1788. — Tellès Dacosta, grand maître honoraire des eaux et forêts de Champagne,

■Plan général d'hospices royaux , in-4, 143 p., Paris, 1789.

69. Le rapport du 12 mars 1788 renferme les détails les plus minutieux sur la forme de ces pavillons, leur aménagement intérieur, etc. (p. 22 à 26).

A Vienne, l’empereur Joseph II s’occupe beaucoup des hôpitaux et a parfois la main lourde dans ses réformes. Dans le cas présent il veut, avec raison, que les .établissements hospitaliers soient organisés de telle sorte que tout ce qui vise à la beauté et à l’ornement demeure supprimé, tandis que l’on porte tous ses soins vers ce qui peut contribuer à l’hygiène : hauteur des chambres, situation salubre des bâtiments, service bien organisé. Le tout dirigé avec économie.

70. Au point de vue des souscriptions, l’engouement est général; nous possédons dans nos collections un dossier curieux concernant la circulaire adressée aux loges maçonniques pour les inviter à se joindre au mouvement. « Du G .-. O .•. de France, le 7® jour du 3® mois de l’an de la V .*. L.L .*. 5787. A la gloire du G .'. A .*. de l’Univers, au nom et sous les auspices du S .*. G .•. M .•. le G .*. O .■. de France à toutes les L. L .•. Régulières du Royaume, Salut.’. Force .’. Union — A la fin : Arrêté au G .’. O .’. de France, lieu très éclairé, très régu- Jier et très fort, où régnent l’union, la paix et l’harmonie, les jour, mois et an avant dits. Timbré et scellé par nous garde du timbre et sceaux du G .*.0 .’. de France, signé : Desroches. Par mandement du G .*. O de France, signé : *Oudet, secrétaire général. »

malheureux, disparaissent dans le gouffre révolutionnaire. L’on se contente ensuite, sous la direction de Clavareau, de démolir les bâtiments superflus de l’Hôtel-Dieu. Le vieil hôpital parisien doit ainsi durer encore un siècle. Les derniers vestiges consistant en une immense construction élevée entre le petit bras de la Seine et la rue de la Bucherie, sont jetés bas au moment où nous écrivons ce chapitre, janvier 1909.

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