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CHAPITRE X

LE TRAVAIL DES ADMINISTRÉS

Les établissements hospitaliers qui reçoivént les vieillards et les enfants doivent ne point les laisser oisifs. Le travail, si utile au point de vue de la santé du corps et de Famé, fournit de plus un appoint précieux aux ressources de la maison.

Une occupation modérée est pour les personnes âgées un allègement à leurs maux, elle fait paraître moins longues les heures du jour et donne à chacun les moyens de se procurer certaines douceurs.

Quant aux enfants, il convient de les instruire, de les habituer de bonne heure au labeur, l’instruction et le genre de travaux restant en rapport avec leur condition sociale ; faire des déclassés constitue un véritable danger.

Le règlement de T hôpital général de Béziers (1686, p. 101-102) résume parfaitement la question.

Les exercices corporels des pauvres.

« 1® Tous les pauvres qui sont capables de travailler le doivent faire durant les jours ouvriers, tant pour éviter l’oisiveté qui est la source de tous les maux, que pour s’acoûtumer au travail, et aussi pour gaigner quelque partie de leur nourriture.

« 2® On doit occuper chaque pauvre à un employ proportionné à ses forces et à son génie, soit dehors, soit dedans la maison, et envoyer à la boutique des Artisans des jeûnes garçons pour apprendre les métiers dont ils seront capables ; selon la convention qui sera faite par le Bureau avec les maîtres artisans.

(( 3° Quant aux jeunes filles, dont on veut faire de bonnes servantes, il les faut occuper en divers temps aux divers emplois du ménage afin qu’au sortir de l’hôpital elles sachent ranger une chambre^ faire la cuisine, le pain, la lessive, la couture et les autres services qu on peut exiger d'elles

(( 4° 11 est bon qu’on enseigne aussi soit les dimanches et les fêtes aux jeûnes gens de l’un et l’autre sexe, qui en seront capables, de lire, d’écrire et de chiffrer. «

L’instruction élémentaire est considérée partout comme une chose indispensable pour la jeunesse, on y joint naturellement l’enseignement de la Religion. Les statuts « delle povere Zitelle orfane » du conservatoire de Saint- Jean-de-La Iran insistent sur ce point. Les orphelines sont réparties en plusieurs classes, selon leur âge ; on leur apprend la doctrine chrétienne, la lecture,, l’écriture, à se tenir d’une manière décente

Il est naturel, disent les règlements d’un autre orphelinat romain, qu’après avoir donné leur cœur à Dieu en lui offrant les prémices de la journée, les jeunes pupilles se mettent au travail, de telle sorte qu’elles deviennent instruites et à même de se tirer d’affaire dans la vie

Recommandations analogues à Lyon, Reims, etc. Les administrés doivent être assidus, (( sans murmurer, prenant garde de faire les choses auxquelles ils sont destinés avec soin, et au plus^ grand profit de la maison »

Des ateliers intérieurs se trouvent donc organisés dans nombre d’asiles charitables, les maîtres qui les dirigent doivent être habiles, consciencieux ; on les fait souvent venir de loin, ainsi à Vannes (Bretagne), indépendamment du maître tisserand et du

1. On parle beaucoup en ce moment de la création d éco/es ménagères, c’est une chose excellente, mais le lecteur peut se rendre compte que les règlements du XVII* siècle n’oublient pas cet enseignement.

2. Relaz., deV Institiito pio di S. Michèle, in-4, in Roma, 1779, cap. III, p. XXIV.

3. Regole par le Zitelle orfane de’ S. S. Quattro Coronati in Roma, 1769, cap* IV, p. 9.

4. Stat. et régi, de Vhôp. gén. de Reims, 1686, op. cit., ch. ii, art. xvi, p. 12, Slat. et régi, de l'hôpital de la charité de Lyon, 1742, 3« partie, ch. iii, p, 158.

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maître drapier, il y a une maîtresse en dentelles venant de Lille 5.

Les administrateurs de Fhôpital général d’Auray (Bretagne) passent en 1765 un marché avec un ouvrier fîleur chargé d’apprendre aux enfants à filer la laine et le coton ; à carder la laine et à brocher des bas

Les règles de Dijon exigent que la maîtresse soit « de bonne vie et de bonnes mœurs », montrant, aux filles « avec la modestie et la vertu, à lire, à escrire et toutes sortes d’ouvrages propres à leur sexe. Elle doit estre, en outre, d’un esprit doux, tranquille et rassis ; non point turbulent, ny capricieux ; afin de gagner les enfants par douceur et de les tenir en paix et union entre elles.

« La maîtresse doit avoir pour elles un cœur de mère, et avec une affection maternelle veiller sur les actions, les reprendre quand elle leur verra faire quelque chose contre la modestie et la biensçéance, et, si le cas le mérite, les chastier avec modération »

A l’asile de Bergame, les personnes appelées à enseigner sont prises à l’essai pendant quelques mois afin que l’on puisse juger de leurs capacités

Il est parfois difficile de trouver des sujets remplissant les <îonditions voulues, aussi propose-t-on, à Chalon-sur-Saône, en 1750, d’accorder à ces maîtres artisans qui viennent enseigner <ians les hospices, « l’exemption de taille, du logement des gens de guerre, de guet et garde »

Quelquefois on recourt à des entrepreneurs employant les adultes

5. « En 1771 on fit venir de Lille une maîtresse dentellière aux appointements -de 400 livres, payées pendant quelques années par Mgr de Bertin, évêque de Vannes » (Rosenweig, Arch. du Morbihan, op. cit., n“ XV, hôp. gén. de Vannes, p. 119,

6. Rosenweig, op. cit., arch. du Morbihan, 1870, n“ IX, p. 149.

7. Règlement des hôp. du Saint-Esprit et de Notre-Dame de la Charité de Dijon, in-4, 1649, op. cit., chap, vu, p. 56-58.

8. « La sopramaestra de’ Lavoreri dovrà esser capace di ben tessere, ed intelligente del mestiere, di far tele, e dovrà prendersi in prova per qualche mese, e riuscendo abile al suo officio, dovrà poscia la sua elezione essere approvata dal Consiglio. » {Regole dal ven° spedale de' poveri mendicanti di S. Carlo di Rergamo, in-4, 1752, cap. X, p. 24.)

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