‹ Histoire de la charité (volume 5)Chapitre 3 sur 197 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

er

toutes ces œuvres, tenez-vous en g-arde contre elles, et vous ressentirez amour et joie au fond du cœur ^ »

Il insiste : a c’est aussi la foi seule, je le répète, qui sauve riiomme, car par elle seule il entre en rapport avec Dieu, sans que par les œuvres il j puisse rien faire, attendu que par cellesci, il n’agit que sur son semblable... Qu’on prétende que la foi est insuffisante pour procurer le salut si l’on n’y ajoute les bonnes œuvres, voilà ce que le texte sacré, non plus que l’Eglise, ne sauraient souffrir »

Le Chef de la Réforme poursuit : « La foi justifie avant la charité et sans elle ; si la foi n’est pas pure d’œuvres, même des plus minimes, elle ne justifie point ; ce n’est plus de la Foi » « Il n’est aucune loi, pas même la loi donnée par Dieu, qui puisse exiger des fidèles une seule œuvre, comme nécessaire au salut Pour attirer les gens et les porter à ces œuvres, continue Luther, on a beau les leur présenter sous un aspect particulier et dire que Dieu y prend le plus grand plaisir et qu’il les leur rendra un jour au centuple ; personne ne s’y laisse prendre (( Combien est riche, conclut l’ancien moine, l’homme chrétien qui ne saurait perdre son salut même quand il le voudrait par toutes sortes de péchés, à moins toutefois qu’il refuse de croire... repentir, confession, satisfaction, œuvres inventées par les hommes^ tout cela l’abandonne, le rend malheureux, si oubliant la foi, il se repose sur les vaines pratiques de la superstition humaine »

1. Dollinger, La Réforme, son développement intérieur, les résultats qu'elle a produits dans le sein de la société luthérienne (Trad., Perrot). 3 vol. in-8, 1848, tome I, p. 247-249. Nous reavoyons pour les citations à cet ouvrage si consciencieux et à celui de Jean Janssen.

2. Dollinger, I, p. 217, en note. Propositions condamnées par le Concile de Trente : «: si quelqu’un dit, que les justes ne doivent point, pour leurs bonnes œuvres faites en Dieu, attendre ni espérer de lui la récompense éternelle, par sa miséricorde et par le mérite de Jésus-Christ, pourvu qu’ils persévèrent jusqu’à la fin en faisant le bien et en gardant ses commandements : qu’il soit anathème. » Conc. Tridentini décréta, sess., sexta. de jusficatione can., 26).

Page 1