‹ Histoire de la charité (volume 5)Chapitre 20 sur 197 · Haec tria tabificam tollunt adverbia pestem · texte numérisé non relu

Haec tria tabificam tollunt adverbia pestem

Mox, longe, tarde cede, recede, redi.

Trois mots contre la peste ont plus d'effet que l'art :

S'enfuir vite, aller loin et revenir bien tard.

(Papon, De la peste, op. cit., II, p. 17.)

15. « 1533. Une panique effroyable s’empara des habitants, et pendant plusieursjours ce fut un incessant défilé de cavaliers et de carrosses emportant vers des maisons de campagne voisines ou lointaines les magistrats, prêtres et bourgeois affolés...» (Prud’homme, Étud. hist. sur l'Assist. publ. a Grenoble avant là Révolution, t. 1, in-8, 1898, p. 75).

16. Lièvre, La misère et les épidémies à Angoulême aux XVD et XVID siècles,. in-8, 1886, p. 60.

LES MALADIES ÉPIDÉMIQUES

L’année 1580, la peste revient avec tant de violence à Marseille, qu’on ne peut s’en rendre maître. La famine se joint à la <îontagion et, pour achever le malheur de la ville, le viguier et le premier consul s’enfuient lâchement

Les hommes les plus courageux sur le champ de bataille sont parfois pris de vertige devant le fléau. Le chevalier Bayard, lieutenant général du Dauphiné (1522), cherche, comme tant d’autres fonctionnaires, un refuge à Tullius, dès que la contagion atteint Grenoble

A Posen, le conseil de ville s’enfuit (1525) ; quelques membres du conseil agissent de même à Cologne (1607) (Lammert,o/>. ciL, p. 14-78).

Ne voit-on pas à Paris la peste de 1596 épouvanter tellement Henri IV qu’il se sauve à Rouen

Les praticiens, eux aussi, manquent fréquemment à leurs obligations naturelles. « Sydenham, le plus grand peut-être des médecins du xviP siècle, s’enfuit de Londres durant une épidémie, et sa conduite n’est que fort peu blâmée par ses contemporains »

En Dauphiné, un auteur du xvi*^ siècle, Guillaume de Lérissé, écrit : « Qu’en temps de peste, apothicaires et chirurgiens délogent les premiers, et que peu s’en trouvent, sinon aux bonnes et grosses villes, qui s’enferment aux infirmeries et hôpitaux pestiférés. » Il ajoute : « Si aucuns s’hasardent, c’est pour l’espé-

17. Statist. des Bouches-du-Rhône, op. cit., p. 348. « Les Recteurs de l’hôtel- Dieu ne montrent pas plus de courage. Cet hôpital était fermé en temps de peste sous le prétexte que ses règlements s’opposaient à l’admission des personnes atteintes de maladies contagieuses. Quelques employés auxquels les Recteurs, en fuyant, confiaient le soin de la maison, s’y retranchaient avec des provisions pour le service des malades qui s’y trouvaient en ce moment et pour celui des enfants exposes » (Faure, Hôpitaux de Marseille, in-8, 1854, t. I, p. 323).

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