‹ Histoire de la charité (volume 5)Chapitre 24 sur 197 · Cette colonne s’écroula en · texte numérisé non relu

Cette colonne s’écroula en

35. « En ce temps (1533) feurent décelés et descouvertz à Gaoi s, les enfumeurs de la peste, lesquels se mesloientde parfumeries maysons infectéés elles netouyer, et soubz umbre de ce, avec d’emplastres pestiférés et autres oignementz metoient la peste par les maysons, oignantz les verrouilhz des portes, vandans et baillantz de trenes, liens, toyles et autres choses aux chambrières filhies, et autres moyennes gens, tant, qu’avoient entretenue la peste aud. Gaors par six ou sept ans.., « (Louis Greil, Le livre de main des du Pouget (1522-1598), Cahors, 1897, p, 11). « Mais il y avait un crime encore plus épouvantable, celui des semeurs de peste, et ces semeurs de peste étaient précisément les corbeaux employés à l’enterrement des corps, et les dessouillonneiirs chargés d’enlever les immondices. Ce personnel était dangereux de toutes les façons, se recrutant soit parmi les criminels des prisons, soit parmi des désespérés qui ne savaient où donner de la tête, et qui n’acceptaient leur horrible tâche que dans l’intention d’en abuser pour dépouiller les morts et voler à peu près impunément dans les maisons où ils entraient. » {F. Ranchin, premier consul et viguier de la ville de Montpellier pendant lapeste de 4629, public par E. Mouton, Marseille, 1892, p. 73.)

subir le dernier supplice On sacrifie aux terreurs populairesbeaucoup d’innocentes victimes.

Quoi qu’il en soit, les passions irraisonnées des foules sont lesmêmes, qu’il s’agisse des cités catholiques ou de la ville de Calvin, partout mêmes soupçons sans fondements, mêmes violences, mêmes massacres.

Laissons ces images lugubres pour contempler des spectacles, plus consolants.

§ 3. — Les maladies épidémiques : les dévouements qu'elles suscitent.

Si nous voyons les gouverneurs, les membres des Parlements, abandonner leur poste, un grand nombre de magistrats municipaux, consuls, échevins, etc., font admirablement leur devoir, aussi bien en France que dans le reste de l’Europe.

Citons quelques exemples pris au hasard :

A Grenoble (1333), les consuls demeurent en fonctions ; <( ils veillent au soulagement des malades, pourvoyent à l’alimentation ^des pauvres, et, seuls représentants de la justice, assurent au sein de la ville déserte la sécurité publique contre les bandes de voleurs qui profitent du désarroi et de la panique, pour piller les maisons abandonnées et détrousser les passants » (Prudhomme, op. cit., p. 99).

La ville de Saint-Flour établit (1364) un gouverneur de la peste chargé de commander durant la contagion, avec des pouvoirs dictatoriaux en ce qui est de sa compétence. Cinq fonctionnaires ainsi désignés meurent en quelques mois. Ce poste de combat

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