‹ Histoire de la charité (volume 5)Chapitre 25 sur 197 · NE DEMEURE JAMAIS VACANT · texte numérisé non relu

NE DEMEURE JAMAIS VACANT

Lorsque la maladie contagieuse se déclare à Aurillac, le premier consul, Hérault, est à Paris pour suivre un procès. A la nou-

36. « Ibi demum, juxta laqueum, inter carnifîcis manus, de sua innocentia ad populum ila dixêre. Mori se libenter ob scelera alia, quae admisissent, cæterum, ungendi artem se factitavisse numquam ; nulla sibi veneficia aut incantamenta nota fuisse. . . » (Ripamonti, op. cit., II, § 1, p. 74.) Voir aussi l’ouvrage suivant ; Processo originale degli nniori iiella peste de MDCXXX, in-8, 464 p. Milano,

LES MALADIES ÉPIDÉMIQUES

velle du fléau qui menace la cité, il accourt. Le premier décès remonte au 2 juillet 1628 ; le 14 du même mois, le dévoué administrateur préside une assemblée du conseil ; il met à venir remplir son devoir l’empressement que tant d’autres montrent à y échapper (Boudet et Grand, op. cit., p. 67 et 92).

L'année 1650, Rotrou, lieutenant général du roi à Dreux, répond à son frère, qui l’exhorte à fuir, que son honneur lui commande de rester. La lettre se termine par ces belles paroles : « Ce n’est pas que le péril où je me trouve ne soit fort grand, puisqu’au moment où j’écris, les cloches sonnent pour la vingtdeuxième personne qui est morte aujourd’hui. Ce sera pour moi quand il plaira à Dieu. » Le poète succombe le 27 juin, dans sa quarante et unième année

Dévouement absolu du premier consul de Montpellier, Fran- ’çois Ranchin (1629). Il se sacrifie sans relâche durant huit mois. La peste une fois terminée, beaucoup d’habitants n’osent point encore rentrer, la misère grandit, il faut dissiper les craintes; Ranchin n’hésite nullement : « Je fais, dit-il, venir ma femme et mes enfants, afin de donner le bon exemple et faire voir que la désinfection est bien faite »

La peste de Marseille (1720) permet de citer les noms de : de Langeron, commandant des galères ; marquis de Pilles, gouverneur, viguier ; Estelle, Moustier, Audimard et Dieudé échevins; Rigord, subdélégué; Pichatty de Groissainte, procureur du roi; Rolland, intendant de la santé.

« M. le marquis de Pilles, écrit un témoin oculaire, est si peu soigneux de lui même, ’^qu’il laisse d’abord établir le principal hôpital de la peste (qui est celui des convalescens) à quatre pas de son hôtel. M. Estelle va, avec si peu de crainte pendant la nuit, au transport des cadavres à la rue de l’Escale, que, glissant sur le pavé, il ne manque que d’un travers de doigt d’embrasser le cadavre d’un pestiféré qui est à terre devant lui. M. Moustier

37. A. Feillet, La misère au temps de la Fronde, 1868, p. 255.

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