LES MALADIES EPIDEMIQUES. — DE LA SITUATION FAITE AUX MALADES
Lorsqu’il s’agit de peste, notamment, l’isolement est le principe absolu. Les personnes atteintes par le fléau sont, selon les circonstances : D soit expulsées de leur demeure et envoyées dans des asiles spéciaux ou des cabanes ; 2® soit séquestrées dans leur propre maison, avec défense d’en sortir.
§ 1®^. — Isolement des malades dans des cabanes ou des batiments appropriés à cet effet.
Les étrangers, les pauvres, même des habitants domiciliés devenus malades sont immédiatement conduits hors de l’enceinte de la cité, et parqués dans des cabanes le plus souvent d’une construction rudimentaire, en planches mal jointes, couvertes de paille ou de chaume tantôt assez grandes pour recevoir plusieurs personnes tantôt, au contraire, fort étroites. Le nombre de ces huttes., logettes^ hobettes peut être considérable. A Lille, le terrain destiné à les recevoir, — le Riez de Canteleu, — d’une superficie de cinquante hectares environ, en est parfois rempli
1. Guichard, Lapesfe de Digne (1629), op. cit., p. 22. D’^ Chevalier, Hôp. de Romans op. cit., p. 57 (année 1628). Rubys, Peste de Lyon, 1572. Gimber et Danjou’ op. cit., p. 249. Gouvéa, Une épidémie à Bordeaux en 'I6ê9-i630, op. cil., p. 8.
2. En 1580 on élève près de Rouen des cabanes de soixante pieds de long sur dix-huit de large, goudronnées à l’intérieur, couvertes de paillons et de chaume.
Boucher, Acad, de Rouen, op. cit., p. 193.