‹ Histoire de la charité (volume 5)Chapitre 45 sur 197 · CHAPITRE m · texte numérisé non relu

CHAPITRE m

Si ces cabanes sont jugées trop rapprochées des habitations, on les détruit sans pitié; ce fait se passe à Genève, en 1529^.

Il existe souvent deux catégories de cabanes, affectées les unes aux malades, les autres aux convalescents ; on les appelle, dans l’Est : loges de santé^.

Défense à ces malheureux, ainsi parqués, de quitter leur campement, et surtout d’entrer en ville.

En 1666, Louis XIV écrit au gouverneur de Dunkerque pour lui ordonner de prendre des mesures contre la peste. « 11 faut, dit-il, que vous fassiez faire une garde très exacte aux environs des lieux, où sont, soit les pestiférez, soit ceux soupçonnez de ce mal, ou les convalessans. Et en cas qu^aucun soit si osé que d’outrepasser les bornes prescrites, vous fassiez tirer sus sans aucune rémission ni distinction . »

On porte à ces infortunés relégués, avec les précautions requises, les aliments et autres objets dont ils peuvent avoir besoin ; leur situation est des plus pénibles si la saison est très chaude ou si elle devient froide

Pour remédier à cet état de choses, nombre de villes se décident, surtout à partir du xvE siècle, à élever des bâtiments

4. Contra Monetumde Ghièvres et ejus complices qui fecerunt des chavanes in pascuis sancti Gervasii et qui nolunt se amovere, demonstrationibus et prohibitionibus ipsis factis nonobstantibus fuit conclusum quod vigiles cum picquis, sui vestibus offîcii derelictis, habeant deruere et comburere dictas cabanas, et vi ac violenter dictos morbatos a dicto loco expellere... (Chaponnière et Sordet, Hôp. de Genève, op. cit., p. 328).

Page 1