D" Baillot, Hôp. de Bar-le-Duc, op. cit., p
6. Faidherbe, Les médecins des pauvres, 1888, p. 308-309. « A Lille, les infectés étaient tenus de passer la nuit dans l’intérieur du Lieu de santé. Le jour il leur était permis de se promener dans la campagne, mais il leur était sévèrement interdit d’entrer en ville. Dans certains cas il leur fut même défendu en tout temps de franchir les limites du Riez (D'’ Follet, op. cit., p. 50). A Ussel, les cabanes sont situées le long d’un cours d’eau, un notaire reçoit un testament de l’autre bord et il ne peut trouver des témoins s’avançant même à cette limite (Melon de Pradou, Not. hist. sur l'hospice de Tulle, p. 21).
7. A Rambervillers cette nourriture est abondante, on alloue par jour à chaque individu: «< vin, 1 pinte ; pain blanc, 2 livres ; bœuf ou mouton, 1 livre. Les jours maigres on donne, au lieu de viande, du beurre et du fromage. >» (Fournier, La peste a Bambervillers, 1610, in-8, 16 p., 1878, p. 6). Il n’en était pas partout de même.
8. « Les hobettes de bois du Riez de Canteleu protégeaient mal leurs habitants contre le froid ou contre la chaleur. En 1627 on les remplaça par des constructions en maçonnerie. On en bâtit plus de deux cents ; plus une infirmerie (D‘ Follet, op.cil., p. 49).
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appropriés à leur destination, suffisamment vastes et qui doivent servir de lazarets et de maisons de santé en cas d’épidémie. Le reste du temps, on les laisse vides, en utilisant les terrains adjacents à titre de métairies.
Ges constructions réalisent un immense progrès sur le système inhumain et par trop primitif des huttes et des cabanes.
L’idéal est d’avoir trois hôpitaux différents, affectés : aux malades, aux convalescents, aux suspects mis en quarantaine 9.
Cet idéal se trouve rarement réalisé, les municipalités ayant une tendance marquée à retarder des aménagements coûteux, avec l’espérance que la contagion qui prend fin est la dernière ; surviennent souvent, hélas ! de cruels mécomptes.
On achète, à Poitiers (1520), un vaste terrain, en vue d’y construire un lazaret permanent, il s’ouvre quelques années après 10. L’hôpital de la quarantaine de Villefranche en Beaujolais, commencé en 1537, ne se trouve terminé qu’au bout de huit ans ; il se compose d’un grand bâtiment rectangulaire ; au delà du jardin règne un préau permettant, lorsque la maison est insuffisante, de dresser rapidement des cabanes en planches (D^’ Missol, op. cit.^ p. 16).
Les habitants d’Angoulême(1532) font élever un nouvel établissement, dédié à saint Roch, et plus considérable que celui existant auparavant (Lièvre, op. cit., p. 21).
La Cité Lyonnaise renferme une maison de santé dont nous possédons la description au milieu du xvi® siècle. « Et aussi y a audict Lyon ung aultre Hostel-Dieu, qui se nomme l’Hostel- Dieu de Sainct-Laurens des Vignes, qui est hors la ville et le portail sainct Georges, et est sur le bort des deux rivières de la
9. Le P. de Tolon (Le capucin charitable, 1721, op. cit., p. 126) entre dans de nombreux détails au sujet de ces trois catégories d’établissements. Il en est aussi question lors des règlements arrêtés par le V® concile provincial tenu à Milan sous la présidence de saint Charles Borromée : « Apparecchino case publiche, hospitali, e più luoghi ampli, e distinti, e li forniscano delle necessarie massaritie ; de quali gli uni habbiano a service gli appestati, gli altri à gravemente suspetti, alcuni à manco suspetti, et alcuni altri à convalescenti » {op. cit.,
10. De la Ménardière, Introd. à l'hist. des établ. de charité de Poitiers, 1874, p. 24.
102 HISTOIRE DE LA CHARITÉ. LIVRE PREMIER. CHAPITRE lll
Saône et du Rosne, et à l’endroit où lesdictes deux rivières s’assemblent, qu’est ung lieu fort beau, bien aëré et à l’esquart, où il y a ung grand bastiment, et forces chambres, et au devant une grand place ou cymitière où il y a une chapelle et une belle fontaine, auquel lieu d’ancienneté et en temjjs de peste on a accoustumé de retirer les pestiféreux »
La Cité Parisienne se préoccupe également d’assurer, dans de bonnes conditions, l’isolement de ces malades. Deux maisons sont affectées à cet usage ; l’une au quartier Saint-Marcel, dans les bâtiments de la charité chrétienne^ sert pour la région sud, c’est l’hôpital Sainte-Anne. Au nord, un magifique édifice est bâti de 1604 à 1612, et prend le nom, qu’il conserve encore, d’hôpital Saint-Louis
Les vieilles infirmeries de Marseille reçoivent mille administrés en 1630, on les entoure de murailles afin d’éviter toute communication avec le dehors ^ Rouen (1619), le lieu de santé construit en planches laisse fort à désirer. « Il y a sept à huit vingts malades et seulement vingt-cinq lits, en sorte qu’il y a quatre et même cinq pestiférés à chaque lit ; un grand nombre dans des paniers d’osier ou sur des paillasses »
Cette situation épouvantable ne peut durer ; en 1654, on commence à édifier deux établissements : Saint-Louis et Saint-Roch, l’un afPecté aux malades, le second aux convalescents
11. Achard James, Hist. de Vhôp. de V Antiquaille de Lyon, in-8, 1834, appendice, p. 345.
12. Delamare, Traité de la police, I, p. 650. Félibien, Hist. de Paris, II, p. 1277.
13. Staiist. des Bouches-du-Rhône, op.cit.,p. 349. Fabre, op. cit.,l, p. 328.
14. Gosselin, Nouvelles glanes historiques normandes. La police de la peste, in-8. Rouen, 1874, p. 137 (requête de la sœur coucheresse de l’Hôtel-Dieù). « On répare les loges du Petit Aulnay ; on en case dans les granges à foin de la ferme du Grand Aulnay; on élève de nouveaux hangars au lieu de santé, qui devient le lazaret de Rouen et se trouve tellement encombré en 1621, que Ton doit disposer de la paille dans la charretterie et coucher tous les nouveaux venus sous les tonnelles et même dans la cour » (D'" Boucher, Acad, de Rouen, op. cit., p. 194).
15. « Aussi tost la délibération prise, on travaille à la recherche des meilleurs ouvriers, et à disposer les marchez, on les fait signer peu à près par tous les commissaires; et aussi tost les tranchées faites, Mgr. le duc de Longueville, Mgr. Lévesque d’Ollonne, faisant la cérémonie, met la première pierre à l’hospital destiné pour les malades et luy donne le nom du grand saint Louis, roy de
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A Nuremberg (1626), il existe un hôpital spécial destiné à servir en temps de peste, c’est la maison de Saint-Roch. Un asile analog’ue s’ouvre à Francfort sur-le-Mein (1625). Le couvent de Sainte-Glaire d’Essling (1635) est aménag“é à cet effet; un chirurgien de la peste s’y installe. Les malades de la Cité Messine sont placés dans un bâtiment sis en une île de la Moselle (Lammert, op. cit . ^ p. 60, 68, 69, 84, 190).
En dehors des villes maritimes, le lazaret de Milan peut passer pour un modèle du genre ; il est entouré de fossés pleins d’eau, afin d’éviter toute tentative d’évasion i®. Sa construction remonte aux dernières années du xv® siècle ; il affecte une forme quadrangulaire (378 mètres sur 370), et se trouve composé de chambres situées au rez-de-chaussée, ouvrant sur une série d’arcades formant cloître, et séparées des cours intérieures par un petit mur fort bas^^. Papon, en son Traité de la peste ^ s’étend longuement sur la bonne organisation de cet asile (1. p. 151).
Mais tous les malades, nous venons de le dire, ne sont pas conduits aux lazarets, ou parqués dans de rudimentaires cabanes ; nombre d’entre eux se trouvent consignés à domicile. C’est un nouvel aspect de la question.
§ 2. — Malades enfermés dans leur propre maison.
Le malade est transféré d’office au lazaret, ses parents et serviteurs sont obligés, eux aussi, de quitter la demeure conta-
France. Quinze jours après celuy des convalescens reçoit la mesme cérémonie en sa première pierre, M. le premier président luy donnant le nom de Saint-Roch. » Récit de ce qui s'est passé en Vestablissement des hospitaux de Saint-Louis et de Saint-Roch de la ville de Rouen, in-4, 28 p. (sans date), collections de l’auteur.
16. « Et erat unicuique lazareto circumducta ibssa, tum, ne qui temere per diem aut licentia tenebrarum, ingrederentur, insultarentque clausis, tum, ne temere etiam ipsi inde exire possent. » (Ripamonti, op. cit., lib. V, p. 316).
17. « Il lazzaretto, che imprendiamo a descrivere, ripristinando il concetto del suo autore, è una vasta cosiruzione la quale occupa una area rectangolare, quasi quadrata, i cui lati maggiori misurano metri 378, i minori metri 370 ail’ incirca. R fabbricato che si stende lung-o ilperimetro de quest’ area, constadiun seguito di camere, a livello del piano recinto et delle circostanti strade, le quali camere, verso 1 interno, sono fiancheggiate da portico, chiuso da un muricciuolo a parapetto, montre délia parte opposta, prospettano su di un fossato che circonda, siccome un fortilizio, tutto l’edificio » Luca Beltrami, Il lazzaretto di Milano, in-8, 41 p. Milano, 1882. Descrizione del lazzaretto nella sua forma originaria, p. 14.