‹ Histoire de la charité (volume 5)Chapitre 47 sur 197 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

minée et d'occuper des loges dans l’hôpital des suspects, ou de gagner quelques maisons des champs. Il faut sauvegarder les objets garnissant l’immeuble ainsi évacué de force. Les commissaires de la santé font fermer et verrouiller les portes au moyen de barres de fer scellées dans le mur ou de poutres solidement fixées

C’est là le cas le plus fréquent ; mais des personnes aisées occupant des maisons confortables, peuvent être autorisées à y séjourner; alors les membres de la famille, les serviteurs, sont également internés Les portes extérieures se trouvent fermées au moyen de cadenas -o, défense absolue de sortir ''^, de se montrer aux fenêtres donnant sur la rue, il faut les tenir fermées

La durée de cette réclusion est variable selon les circonstances : quarante jours, vingt jours (Prudhomme, op. cit., p. 177). « Au commancement de la maladie, à la première, deuxième, et jusques à la sixième famille affligée, il est bon, dit V ordre public oour la ville de Lyon [op. cit., p. 29), de faire tenir les autres inquelins fermez dans leur demeure, afin de voir si dans une quinzaine de jours il ne s’en treuvera point de frappez ; par ce moyen l’on empêchera la communication du mal, outre la terreur que l’on donne à la populace, et qui les peut détourner de fréquenter avec les infects. » On voit ces séquestrés adresser fréquemment des pétitions aux autorités de santé pour obtenir leur liberté.

Si le nombre des maisons atteintes, et situées dans une même rue, devient considérable, la rue, elle aussi, est barrée et entourée de palissades par-dessus lesquelles on jette les médicaments, vivres et objets nécessaires aux habitants ^3.

18. Prudhomme, GrenoibZe, op. cit., p. 173. « Seront toutes lesdictes maisons closes et serrées de lattes de fer sans y laisser une seulle personne surpeyne de vye (Delourmel, La peste à Rennes, 1563-1640, in-8, 1897 p. 12). A Marseille (1630), un serrurier est chargé de platiner, c’est-à-dire d'apposer une sorte de scellés, consistant en feuilles de métal, sur les maisons vides d’habitants (Fabre, op. cit., 1, p. 331). P. de Tolon, Le capucin charitable, op. cit., chap. X'V, p. 123.

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