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DE LA DIMINUTION DE LA LÈPRE ET DU SORT DES MALADRERIES

§ — De la diminution de la lèpi^e.

Au xvP siècle l’org^anisation des maladreries ne présente pas de différences notables avec les règles signalées aux siècles précédents b

L’examen des personnes soupçonnées de ladrerie continue à être confié aux hommes de Part et donne lieu parfois à de véritables consultations affectant un caractère scientifique

Le nombre des praticiens ainsi commis varie selon les localités ; un individu de Carentan (Normandie) est reconnu sain après la visite faite par six médecins et quatre chirurgiens

U La connoissance d’un lépreux Lsty ^ et séparation d’icelui, appartient au juge Lay ; s’il est prêtre ou clerc non marié^ il ne reconnoît que le Juge d' Église L »

La lèpre bien que diminuant, inspire toujours de la terreur et les habitants d’une ville sont les premiers à réclamer la visite minutieuse des suspects Les individus soumis à ces investiga-

1. Voir notre Histoire de la, charité, t. III, seconde partie, chap. i, ii, ni.

2. Procès-verbaux de 1577 à 1594. Hildenfmger, la Léproserie de Reims du XIL au XVIL siècle. In-8, ix-323 p. Reims, 1906, p. 282 et suiv.

3. Brillon, Dict. des arrêts, t. IV, p. 78, 2® colonne, au mot Lèpre.

4. Brillon, Dict. des arrêts au mot lèpre, IV, p. 78. Arrêt du Parlement de Paris donné ès Grands Jours de Moulins, le 12 octobre 1534.

5. « Dans l’Angoumois on eut des appréhensions de ce genre en 1540. Deux maîtres barbiers et chirurgiens furent désignés pour visiter d’office ceux qui « étaient blâmés et accusés de ladrerie. » Ils se transportèrent notamment à Ner-

lions cherchent, comme leurs devanciers, à gagner du temps ; ils veulent des contre-épreuves, se transportent d’un lieu à un autre, espérant trouver des examinateurs plus favorables ou plus ignorants. Rien de nouveau sur ce point.

Les praticiens chargés de ce service reçoivent souvent des honoraires élevés 6.

En ce qui concerne la séparation et rinternement des lépreux nous trouvons les règles établies au xv® siècle, notamment : la procession, la messe, les recommandations faites par le prêtre. En 1577 les échevins de Reims décident que pour mener les ladres « aud. Hospital sera gardée la forme ancienne^. »

Une fois entrés à la maladrerie les lépreux restent soumis à des règlements sévères ; ils peuvent néanmoins avoir des serviteurs ou des chambrières 8. Souvent aussi ils se servent eux-mêmes et s’entr’aident au besoin

sac et à la Couronne et firent comparaître deux familles, dont une au moins fut trouvée indemne. » (Lièvre, La ^misère et les épidémies à Angoiiléme, op. cit., chap. III, p. 21.)

6. A Reims — 1563 — un médecin et un chirurgien, 35 s. t. — 1577. Les médecins 16 s. p., le chirurgien et le barbier chacun 12 s. p. La visite de trois lépreux est payée 9 livres à un docteur en médecine, et à un chirurgien. « Ces sommes, dit Hildenfmger, doivent être remboursées parle malade. Quand il ne peut payer, la visite est faite «auxdespens »de l’Échevinage. Mais plus souvent, par un système de remboursement partiel très commun, une retenue est effectuée sur les pensions mensuelles du ladre jusqu’à concurrence du montant de ces frais. Le malade peut payer directement les médecins » (op.ciC, chap. vu, p. 137-138).

7. Hildenfînger, op. cit., p. 153 ; conférer aussi Guidault, La léproserie de Bourges, in-8, 79 p. Bourges, 1892, p. 42-44. Procès-verbaux de 1550 et 1605. D' Puech, La léproserie de Nimes (1163-1663), in-8, 86 p.,1888, p. 79, une admission en 1541.

8. A Alais, en 1535, un Lozérien qui a servi dans d’autres léproseries ayant le désir de servir encore, supplie les Consuls de lui accorder « station et mansion sa vie durant. » (D. Puech, op. ciL, p. 37). Le règlement de 1531, «maladerie de Deux Eaux lez Troyes », défend aux lépreux « de ne tenir avec eulx aucunes ehamberières n^ aultres personnes qui soient natifz de la ville de Troyes, si ce ne sont leurs parties espousees, à peine depugnicion et privacion de leur panssion. » Il est à craindre que devenant enceintes elles ne veuillent faire tomber leurs enfants à la charge de la ville (Harmant, Not. hist. sur la léproserie de la ville de Troyes-, in-8, 252 p. Troyes, 1849, p. 233 etsuiv).

9. « Au XV® et au xvi® siècle, les lépreux se servaient eux-mêmes, préparant leurs repas et cultivant le jardin joint à la léproserie » (Abbé Froger, La condition des lépreux dans le Maine (ext. Rev. quest. hist. , oetobre 1899), in-8, 21 p. 1899, p. 13. — Requête présentée aux Recteurs par les lépreux de la maladrerie de Balmont, à l’effet d’obtenir aux dépens de l’aumône, une chambrière pour les servir; décision portant que les pétitionnaires seront débouttés de Veffect de leur dicte reqiieste etqii'ilz se serviront Vung Vaiiltre (1559-1562). (Rolle, liiv. somm. arch. hospit. ville de Lyon. La Charité ou Aumône générale. T . II, Lyon, 1875, série E, p. 35, 2®, colonne).

DU SORT DES MALADRERIES

Les allocations en argent ou en nature qui leur sont faites suffisent à leur entretien ; ils ont d’ailleurs les produits des jardins. A Lucerne les administrés reçoivent du vin, de la viande, trois fois par semaine ; les autres jours du lait, des confitures, des légumes ; aux fêtes on sert des gâteaux (1668). A Saint-Moritz in Unterstrass (Suisse), les distributions sont abondantes

Les lépreux de Lucerne obtiennent du Conseil, en 1545, l’autorisation de se servir de couteaux pointus, leurs mains privées de certains doigts ne leur permettant pas facilement d’atteindre, avec des couteaux à bouts arrondis, la viande dans les plats (Bühler, op. cit.^ p. 49).

Le règlement du grand Aumônier de France pour saint Ladre de Reims (1549) décide que les administrés, au nombre de dix, doivent recevoir chacun « pour leur vivre, nourriture et entretenementla somme de trente livres tournois par an » (Hildenfinger, op. cit.., p. 279). A Florence chaque malade admis à l’hôpital di <S. /acopo a *S. Eusebio a, par jour, deux livres de pain, une mesure convenable de vin, un bon potage le matin, de la salade le soir ; on lui fournit le sel, le feu, la lumière. Le dit administré est blanchi, vêtu aux frais de l’établissement et reçoit deux lires et demie par mois, plus une allocation de huit lires à la saison des bains afin de pouvoir recueillir les effets salutaires de ce traitement^ b

Les maladreries sont de plus en plus réservées aux seuls habitants des localités où elles se trouvent situées ; les pauvres passants ne peuvent être admis qu’une nuit

Selon la coutume de Lille (1565, chap. xxxii) «les manans et habitans de la paroisse là où une personne entachée de lèpre, a esté née et baptisée, sont tenus, si le dit entaché le requiert, luy délivrer, en la dite paroisse, maison pour sa demeure, un

10. D’^F. Bühler, DerAussatz in derSchweiz. In-8, deux fascicules, p. 1 à 72 et 73 à 109 ; nombreuses figures. Zurich, 1902-1903, p. 47 et 76. Voir aussi notre hist., de la charité, t. III, seconde partie, chap. iii, § 3, p. 293 à 295 et Lejeune, Not. hist., sur la maladrerie du Grand-Beaulieu. In-S^ 20 p., Orléans, 1833.

11. LuigiPasserini., Storia deglistahilimentidi beneficenza délia cilla di Firenze^ In-8, Firenze, 1853, p. 132.

12. «Les dictz maistres de maladreries ne recevront aucuns ladres dedans leurs, maladreries qu’ils ne soient de la ville et banlieue de Paris, 1533 {Reg. des délih. des Bureaux delà ville, t. II, n° GGXXVIII).

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