‹ Histoire de la charité (volume 5)Chapitre 54 sur 197 · Luigi Passerini, op. cit., p · texte numérisé non relu

Luigi Passerini, op. cit., p

37. Lors de l’établissement de la Réforme, les deux léproseries de Genève existent

DU SORT DES MALADRERIES

Les léproseries d’Espagne sont, comme dans les autres pays, fondées par les particuliers, les communautés d’habitants. La lèpre perd ensuite lentement de son intensité ; aux environs de Valence, en Andalousie, on peut dire toutefois qu elle ne disparaît jamais complètement. Le sort des asiles affectés aux lépreux est variable. Les maisons dues à la générosité privée se transforment fréquemment en hôpitaux destinés aux maladies ordinaires. Les établissements émanant des municipalités, s’ils sont bien conservés, se trouvent utilisés par les services divers mis à la charge des Ayuniamientos. Certaines léproseries disparaissent sans laisser de traces. A signaler, en sens contraire, la léproserie de Séville qui reste afPectée à son usage primitif.

L’Angleterre nous offre un nombre élevé de léproseries, mais cette affection terrible décroît assez rapidement. Ainsi l’hôpital de Saint-James à Tannington près Canterbury, fondé sous Henri II, pour (( 25 leprous sisters », ne renferme plus aucun lépreux lors du règne d’Edouard III (1344)

L’asile des Saints-Innocents à Lincoln, remontant à Henri P^’, contient dès l’origine 10 lépreux, le caractère des personnes admises se modifie graduellement et les commissaires d’Edouard III y rencontrent neuf administrés dont aucun n’est atteint de ladrerie. Sous Henri VI il n’existe plus aucune demande d’admission. Même situation à l’hôpital de Ripon, établi en vue d’assister « ail the lepers in Richmondshire » et d'autres pauvres

En effet, dans nombre de ces asiles la proportion desméseaux reçus n’atteint qu’un tiers ou qu'un quart du personnel. « We kno w that, in some instances of leper-hospitals with authentic charters,

encore, mais on ne note plus de nouvelles réceptions dans celle de Garouge. La dernière admission à la maladière du Chêne date de 1541 (Bühler, op. ct7.,p. 31).

38. Gh. Greighton, A History of Epidémies in Britain fromA. D. 664 to the Extinction of Playue, in-8, xii-706 p. Cambridge, 1891. « Our task is to discover, if we can, what share of this charitable provision in médiéval England, embracing at least four hundred and sixty houses, was intended for the class of Leprosi », p. 86 à 92.

39. « And from thein quisition of Edward III, we learn that its original destination had been for the relief as much of the poor as the leprous, — tam pauperum quam leprosorum — and that therewas no leprous person in it at the date of the inquisition » (Greighton, op. ct’L, p. 93).

the provision for the le prous Avas in the proportion of one ta three or four of non-leprous inmates » [op. cit.^ p. 97).

La terrible affection une fois disparue, beaucoup de ces établissements continuent à fonctionner régulièrement jusqu’au règne de Henri Vlll. Bien des fondations affectées d’abord aux ladres sont employées ensuite au soulagement des mendiants, en général.

Cette destination multiple des asiles se retrouve en Irlande

Nous venons de dire précédemment que certaines léj^roseries sont détournées de leur destination par les réformateurs allemands. D’autres appartenant originairement à l’ordre de Saint-Lazare se transforment en hôpitaux-infirmeries pour les. incurables, les vieillards. Les deux maladreries de Rostock (Saint-Georges et du Saint-Esprit) servent à l’entretien de la noblesse pauvre et des bourgeois payant une petite pension. La qualification d’hôpital Saint-Georges se rencontre fréquemment parce que les maladières allemandes sont presque sans exception sous le patronage de ce saint.

Cette affectation aux divers genres d’assistances de nombreux établissements consacrés au début au soulagement des lépreux, explique la qualification de a Lazarets » donnée à nombre de ces. asiles.

Il ne s’ensuit pas d’ailleurs que toutes les maisons dénommées ainsi de l’autre côté du Rhin doivent leur origine à des léproseries.

En ce qui touche la France, l’attribution d’une quantité assez considérable de maladreries à des Hôtels-Dieu, Hôpitaux généraux, Aumônes générales, ne se rencontre qu’après un temps fort long, consacré à mille procès entre le grand Aumônier les Evêques les Villes, les Fondateurs, les Ordres religieux.

40, « There were sotne leper-hospitals in Ireland, but it is not easy to distinguish themin every case from general hospital for the sick poor » (Greighton, op. cit., p. 100).

4L « Les Maladeries de fondation Royale sont à la nommination du Grand Aumônier ef réputées telles, s'il n'y a titres contraires. » (Arrêt du Grand Conseil 20 juillet 1634. Brillon, Dict. des arrêts, t. IV, p. 192 au mot maladerie).

42. En 1599 des lettres patentes pour la réformation des hôpitaux placèrent la maladrerie de Saint-Lazare et celle de Saint-Antoine de Marissel sous la direction du grand Aumônier de PVance et dépossédèrent ainsi l’évêque de Beauvais du

DU SORT DES MALADRERIES

Edouard Maugis montre les difficultés que cette lutte journalière impose aux autorités communales. « Du fait de la réduction des pensionnaires de Saint-Ladre d’Amiens auxv® siècle, écrit-il, une partie du revenu devient libre, l’on peut en user pour les besoins des pauvres ou autres formes d’assistance. Mais il faut aussi trop souvent compter soit avec le fléau des guerres et la dévastation du pays, qui forcent à consentir aux censiers des remises considérables et même totales, soit avec les fantaisies de la Couronne qui, devenue prodigue et besogneuse, au xvi® siècle, prétend, à son tour, en disposer, mais dans une toute autre pensée, tantôt attribuant à quelque intrigant le gouvernement et administration de la maison, tantôt imposant, dans un but tout fiscal, la reddition des comptes à Paris, ou même gratifiant, sans vergogne, quelque favori de la totalité du revenu. A force de vigilance et d’énergie l’échevinage réussit à se défendre de toutes ces exactions et à sauvegarder, avec son droit, cet élément notable du bien des pauvres »

Voici quelques réunions normales de léproseries à des établissements de bienfaisance . Maladrerie de Gorbeil unie à l’Hôtel- Dieu de cette ville par sentence de l’officialité de Paris, 10 avril 1604^^. Vers la même époque (1602), un édit met l’hôpital de Nuits en possession des bâtiments, chapelle, biens fonds, cens et revenus de la maladière Saint-Bernard-de-Premeaux^^.

L’année 1609 les mayeur et échevins de Montreuil obtiennent un jugement de la charité chrétienne^ que confirme, en 1614, une sentence de la chambre générale de ré formation des hôpitaux et maladreries de France. Ils conservent en qualité de fondateurs et légitimes administrateurs, le revenu de la maison du Val, qui revient plus tard à FHôtel-Dieu

droit à la nomination des administrateurs. L’Évêque protesta; nouvelles lettres patentes lui rendant ses droits en 1602. (Barré, La Maladrerie de Saint-Antoine de Marissel (Oise), in-8, 20 p. Beauvais, 1887.)

43. Édouard Maugis, Recherches sur les transformations du régime politique et social de la ville d'Amiens, des origines delà commune à la fin du XVR siècle, in-8° xvii-655 p. Paris, 1906, p. 482-483 (Thèse, doctorat es-Lettres, tirée à 150 exemplaires).

44. Dufour, Notes pour servir à l'hist. des étab. hosp. de la ville de Corbeil, in-8, 20 p. Gorbeil, 1891, p. 8.

45. Garraud, Not. hist, sur la léproserie de Saint-Bernard de Premeaiix, in-8, 33 p. Dijon, p. 10.

46. De Loisne, op.’cit., p. 41 à 49. Autres réunions en 1693.

La maladière de Volej (D’’ Uly. Chevalier, op. cit., p. 56) compte, en 1624, un seul lépreux, la ville arrente les maisons et terres au profit de son Aumône générale.'

Les hôpitaux g-énéraux d’Avranches et de Tournai (1693) réunissent à leur patrimoine les biens de plusieurs léproseries

A Gourville et à llliers (près Chartres), les Hôtels-Dieu reçoivent les revenus de diverses maladreries à charge de les affecter à la nourriture et à l’entretien des pauvres malades Disposition semblable en faveur de l’hôpital du Saint-Esprit d’Arles (1696) ^9.

La léproserie des Pefits-Malades de Verdun finit, après des vicissitudes nombreuses par être unie à l’hôpital Général (Buvignier, op. cit., p. 25 et 26).

On ne peut qu’applaudira ces mesures, d’autant plus que certaines autres affectations s’éloignent du but primitif des fondateurs.

Ainsi, en Auvergne, à Riom (1629), abandon par la ville aux Pères de l’Oratoire, comme régents du Collège, des revenus de

l’infirmerie (environl60 /fü.), « n’ayant aucun lépreux en icelle ^9 >>

Union de la maladrerie de Bourges au collège des Jésuites (1619) (( pour être les revenus régis par eux en bons pères de famille, tant qu’ils dirigeront le collège, aux charges et conditions de nourrir et entretenir les malades reconnus lépreux natifs de la Ville 91. »

Eu 1659 la léproserie de Beaulieu (Caen) devient ainsi que tous ses biens, l’apanage du grand séminaire diocésain (Lejeune, op. cit., p. 19). Dans la même province de Normandie, les Etats demandent (1567), (( que les revenus des léproseries et des hôpitaux où il n’y a aucuns malades, soient employés à l’entre te-

47. Beaurepaire, Not. sur l'hosp. d'Avranches^ in-8, 1858, p. 66. Delannoy, Not. hist. sur les hôp. de Tournai, in-8, 303 p., 1880, p. 85.

48. Lucien Merlet, Not. sur Vhôp. de Gourville, in-8, 15 p. Chartres, 1892, p. 11. Du même auteur, i\^oL sur Vhôp. d'Illiers, in-S, 14 p. Chartres, 1892, p. 8.

49. Jacquemin, Mém. hisl. et stat. sur les hospices d'Arles, in-8, 52 p. Arles, 1844,

50. Grasset, Les hôp. de Riom, in-8, 1900, 2® part., p. 189-190. Plus tard ces biens reviennent à l’hôpital général lors de sa fondation.

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