DU PAUPÉRTS3IE DE 1515 A
d’Henri VIH. Là, le prolétariat s’établit d’une manière g'énérale alors qu’auparavant les causes de la misère sont locales et momentanées.
Brinklow, zélé protestant, reconnaît que les moines se montrent, avant cette réforme, meilleurs propriétaires du sol, que leurs successeurs. « Brinklow, a zealous Protestant, and, therefore, no friend of the monks, isforced to admit that they where better landlors than their successors »
Au témoignage d’un auteur, écrivant vers 1590, les moines, tant qu’ils sont tolérés sur le sol anglais, font chaque jour des provisions pour les nécessiteux, les infirmes, si bien que personne ou peu s’en faut ne manque d’assistance. Les voyageurs logés la nuit reçoivent en partant de la nourriture et un subside «n argent.
Les propriétaires qui, au prix de retentissantes apostasies, succèdent aux religieux, s’efforcent de tirer le meilleur parti de leurs nouvelles propriétés. Ils s’emparent des terres vaines et vagues ; les pauvres villageois ne trouvent plus comme auparavant la facilité de nourrir une vache et quelques moutons.
« Il est, ajoute le Père Gasquet, une vérité positive : c’est que le paupérisme, qui se déchaîne furieux aussitôt après la suppression des monastères, est tenu en bride tant que ceux-ci restent debout!^. »
La plupart des trésors des maisons religieuses servent, on ne peut le contester, à pourvoir aux besoins particuliers du roi et à enrichir ses courtisans. Le nombre de ces derniers va croissant, pendant que les pauvres deviennent a de purs mendiants »
13. B. Kirkman Gray, A History of English Philanthropy from the dissolution of the Monasteries to the takiny of tho^first Census. In-8, London, 1905, p. 7.
14. R. P. Gasquet, de l’ordre de saint Benoît, Henri VIII et les monastères anglais (trad, française), in-8, 2 vol., 1894; t. II, p. 482. Ouvrage de premier ordre qui fait justice de maintes traditions erronées.
15. « L’extermination complète des monastères, si bienfaisants et si indispensables à la vie du pays, dut causer une immense misère : peu de gens nient ce fait, bien qu’ils n’en saisissent pas toute la portée. Les auteurs qui ont traité le sujet au point de vue économique, s’accordent presque tous à voir dans cette suppression la véritable source des maux issus du paupérisme, en tant qu’il se distingue de la pauvreté » (P. Gasquet, op. cit., t. II, p. 482-501). « Je suis convaincu, écrit Thorold Rogers, que même sans sa querelle avec Rome, les besoins d’argent et le gaspillage inconsidéré d’Henri l’auraient fatalement entraîné à
Ce roi commet d’autres crimes : la falsification des monnaies et l’abolition des Gildes, ou associations de marchands dont il confisque les biens.
(( Au XVI® siècle le travailleur anglais est donc assailli de deux côtés à la fois. On lui paye son salaire en monnaie falsifiée et on confisque les fonds des sociétés de secours mutuels qui lui viennent en aide en temps de détresse, lui consentant des prêts gratuits, payant l’apprentissage de son fils ou une pension à sa veuve. « (Th. Rogers, op. cit., p. 316).
Ajoutons, pour le travailleur rural, l’extension de plus en plus grande des pâturages, ce qui réduit la main-d’œuvre agricole dans des proportions considérables.
L’or apporté du nouveau monde fait aussi enchérir le prix de toutes les choses nécessaires à la vie, l’existence des ouvriers agricoles ou autres, en devient plus difficile.
Cette situation nouvelle se fait sentir dans tous les pays L’Espagne notamment place tout son espoir dans les mines et néglige les véritables sources de la richesse des peuples
Est-il utile maintenant de mentionner les guerres étrangères et religieuses qui dépeuplent et appauvrissent les Français à la fin du XVIII® siècle? Il s’agit ici de faits présents à tous les esprits.
Des maux causés par les forces de la nature viennent parfois aussi aggraver les souffrances des populations. Sans revenir sur les pestes, décrites dans les chapitres précédents, il convient d’accorder une mention spéciale au grand hiver de 1709.
dissoudre les monastères et à confisquer leurs biens... La dissolution des monastères a été cause d’un bouleversement économique intense « [Travail et salaire en Angleterre depuis le XIIT siècle^ traduction française, par Castelot, in-8, 189 7 ; chap. XI, p. 291 et 293.
16. « Later on in the sixteenth century, another cause tended to increase the hardships of the poor, and so necessitaded new methods of poor relief. The influx of silverfrom the New World caused a general rise of prices. Food and clothing andrents rose more quickly than wages, so that the poor could obtain fewer of the necessaries of life. » (Leonard, The early history of English Poor reliefs in-8, xviii, 397 p. Cambridge, 1900, p. 16.)
17. « Si Espana, senora de las Indias, decayô de su antigua prosperidad, nofué por haberse hartado de oro y plata, sino porqueengolosinado elGobierno con lostesoros de las flotas y galeones, puso la vista y el corazon en las minas, y dejo cegar las fuentes de nuestra natural y verdadera rigueza. » (Manuel Golmeiro, llis~ toriade la Economia p olit ica en Espana, i. II, cap. lxxix, p. 452),