CHAPITRE I
er
tence assurée. Les malades sont soignés chez eux ou, s'ils n’ont pas de foyer, en un local approprié
On recueille les enfants orphelins et délaissés, pour leur apprendre un métier. Il en est de même des filles si exposées à se perdre.
Les indigents formés au travail se voient affranchis de l’oisiveté et des maux qui en découlent ; leurs enfants ne sont plus voués fatalement à la triste existence de leurs parents.
Les autorités judiciaires affirment que dans les localités où l’œuvre recommandée est établie il n’}^ a presque plus de voleurs à pendre ou à fustiger
Les bons chrétiens ne sont plus déshonorés par le spectacle d’une misère sordide, témoignage public d’un manque de charité et de bon gouvernement. On enlève de cette manière à bien des faux pauvres le moyen de croupir dans l’oisiveté et le vagabondage.
On évite le développement des maladies contagieuses que tant d’indigents sèment sur leur route. Les temples ne retentissent plus de ces clameurs, de ces cris troublant le recueillement des fidèles.
La doctrine catholique est enseignée et les secours vont aux seuls individus qui en ont réellement besoin.
Les hôpitaux paraissent vides car l’on n’y reçoit que ceux possédant de véritables titres à cette admisssion.
Juan de Médina appuie donc ses conseils sur des expériences déjà tentées sur quelques points du territoire, mais le zèle des premiers organisateurs se ralentit, les mendiants reparaissent partout et c’est en vue de donner une impulsion nouvelle au mouvement qu’un autre Espagnol prend la plume quelques années plus tard. Il s’agit du Christoval Ferez de Herrera.
Lui aussi veut séparer les véritables indigents, des paresseux,
32. Résultats obtenus à Valladolid : « Y de un ano a esta parte se han curado à Costa desta limosna en esta Giudad, sesenta y cinco, ô sesenta y seis pobres de tan graves enferniedades, que se tenian por incurables ; y han salido de la cura sanos, y el diade oy ganan de corner por su trabajo» (p. 83).
33. « Y ansi lo testifican los Ministros de Justicia en los Lugares donde esta orden se guarda, que (en comparacion de lo que solian hallar) à penas hallan agora à quien ahorcar, ni azotar por ladron » (Tercera parte, p. 83).
LES THÉORIES EN MATIÈRE d’aSSISTANCE
des vagabonds, qui extorquent les aumônes des âmes généreuses. Il se prononce sans hésitation pour le renfermement des mendiants.
Voici les grandes lignes du plan soumis par lui au roi Philippe III Vers la fin de son travail il prend soin de tout réduire à dix propositions principales ce qui en facilite singulièrement l’examen et la compréhension.
Il convient, selon lui, d’ordonner que les pauvres mendiants soient bons chrétiens, entendant la messe au moins les jours d’obligation ; instruits dans la doctrine catholique, le tout afin de mettre un terme à leurs vices et aux mauvais exemples qu’ils donnent.
Qu’il J ait en chaque localité une maison servant à ces infortunés, d’Église et d’asile de nuit, — que les sirva de parrochia J dormitorio, — où on leur enseigne les vérités de la religion ; qu’après la messe ils partent demander l’aumône pour rentrer ensuite au coucher du soleil.
Ces asiles (albergues) doivent permettre la séparation absolue des hommes et des femmes. Les dortoirs restent d’ailleurs éclairés toute la nuit.
Si la localité est assez importante, un prêtre résidant à l’établissement en est à la fois le" chapelain et le directeur. Il peut exister en outre des délégués de la municipalité chargés de la surveillance.
Les pauvres, une fois admis et reconnus pour de vrais nécessiteux, incapables de travailler, sont tenus de porter un rosaire, une croix, et une image de Notre-Dame-de-l’ Annonciation présentant au revers les armes de la ville. Il leur est remis aussi une attestation officielle comprenant leur signalement détaillé, afin de les distinguer de ces paresseux qui cherchent à extorquer les aumônes.
Les quêtes que font les indigents véritables ne peuvent avoir lieu que dans la localité où se trouve l’asile, qui les reçoit. Il faut
34. Discursos del Amparo de los légitimas patres^ y reduccion de las fingidos, y de la fiindacion y principio de los Albergues destos Reynos, y amparo de la milicia dellos. Por el Doctor Christoval Ferez de Herrera... En Madrid MDXGVIII, in-4°, 8 feuillets plus 180 feuillets paginés au recto. (Collections de l’auteur). Ferez de Herrera a publié de nombreux ouvrages, mais celui-ci résume toutes ses théories sur ce vaste sujet.