‹ Histoire de la charitéChapitre 102 sur 112 · Act. sanct. BoUand., Junii, t. VII, vita, § 4, p. 2S · texte numérisé non relu

Act. sanct. BoUand., Junii, t. VII, vita, § 4, p. 2S

59. « Visitando en cicrta ocasion à iina pobre niujer, que eslaba ciibierta de llafi^as, 80 seiitiô movida à abrazarla la piadosa reina, para venccr su repugnancia ejecutôlo intrt'pidamentc y en el mismo punto quedô la enferma enleramente sana »> (A. Balbin de Unqiicra, Reseùa histôrica y teoria de la Beneficencia. in-«, Madrid. 1862, p. 136.)

60. Mém, du sire de Joinville (collecl. Petilot, t. Il, p. 398). «c La bonnd royne Blanche, qui fut mère saint Loys, qui ne prenoit point desplaisirs ains faisoit donner la viande de devant elle aux plus mesaisiéz. Kt après, sainl Loys, son filz, le faisoit ainsy : car il visitoit les povres et les paissoit de sa propre main »» (Le livre du chev. de la Tour-Landry pour l'enseignement de ses filles édit. Monluifrl«»n). chap. XX, p. 45). « Le roi lavait chaque samedi de l'annce, les pieds A trois des plus pauvres et des plus vieux qu'il pût trouver. »» « Kt en sa ^arde-robe, dit la confesseur de la reine Margruerite, avoit trois bacins, et liaue esloit ilecques apareiiliée toute chaude et blanches toailles, et ilecques il leur lavoit leur piez, ceint d'un linceul et agenoillié devant els » (Lonj^non, Iconographie, op. cit., p. 19 et 20).

61. De Ribbe, Société provençale à la fin du Moyen Age^ in-8, 1898, p. 105.

marchands destruits par fortune et toutes autres choses nécessaires. Et à chascun le duc, à sa dévotion, départit ses aumosnes et signe le papier... ^^ »

Citons encore :

Le bienheureux Charles Le Bon, comte d'Amiens et de Flandre, •j-1127, qui, à Ypres, lors d'une famine distribue en un jour 7.800 pains de 2 livres : « Adeo utapud Yprani uno die septem millia octoginta panes eum erogasse [Act, sanct. Bolland,^ Martii, t. I, m7a, cap. XI, § 17-19, p. 167).

Sainte Hedwige, duchesse de Pologne, \ 1243, nourrit constamment treize pauvres qui la suivent portés sur des chariots ^.

Le bienheureux Amédée IX, duc de Savoie, •{• 1472, est entouré de malheureux ; malgré ses largesses il laisse les finances de son Etat dans une situation des plus prospères. Répondant à ceux qui le taxent de prodigalité sous ce rapport, il déclare que les pauvres sont les meilleurs protecteurs de son duché par leur prières: « Respondebat, nullas se munitiones firmiores, nuilos fortiores milites, nuUos aulicos fîdeliores nosse quam pauperes, quorum pnrsidio sua^ omnes ditiones, tutas esse securas existimaret. Itaque pauperes suos appellebat commilitones » [Act. sancl, 5o//«?/i(/., Martii, t. III. Virtutes et miracula, cap, II, §7, p. 874).

La bienheureuse Françoise d^Amboise, duchesse de Bretagne, devenue Carmélite après la mort de son mari, •{• 1485, n'oublie pas les pauvres honteux de Nantes ; les visites qu'elle leur fait constituent le meilleur de ses délassements. Le peuple en la voyant s'enfoncer dans les ruelles étroites s'écrie : « Notre Dame est en partie de plaisir aujourd'hui >/ [Petits Bolland,, op. ait,. XIII, p. 171).

Combien d'autres mériteraient d'être cités et qu'il nous faut passer sous silence, nous bornant à reproduire ce qu'écrit le chevalier de la Tour Landry [op, cit., p. 200) au sujet d'une bonne comtesse d'Anjou.

Elle fait chercher « les povres mesnaigers »> par les paroisses, et leur donne ; elle a pitié des « povres femmes en gésines » et

62. Mém. d'Olivier de La Marche (collect. Petitot, t. X, p. 479-480).

63. Ael. sancL Bolland,, Octob., t. VIII, vita, cap. V, § 53-63, p. 237-239.

320 HISTOIHE DE LA CHARITÉ. — TROISIÈME PARTIE. CHAPITRE l®*"

les va voir « et repestre » ; elle a « ses Gsiciens et cirurgiens à guérir pour Dieu toute manière de gens » et « par espécial » les pauvres qui n'ont pas de quoi payer.

Cet amour des malheureux n'est d'ailleurs Tapanage d aucune classe de la société.

En effet, nous voyons :

Sainte Rose de Viterbe, -j- 1232, malgré sa pauvreté, trouver le moyen de secourir les indigents. Ceux qui ne peuvent implorer la charité en raison de leurs infirmités excitent plus particulièrement sa compassion. Elle se fait indiquer leur demeure et leur apporte, par tous les temps, les vivres qu'elle réussit à se procurer ^'^.

Sainte Marguerite de Cortone, née en Toscane, -j- 1297, pénitente après une vie de désordres, n'aime plus que les nécessiteux : tout le fruit de son travail est pour eux ; elle transforme sa maison en infirmerie *»^.

Sainte Catherine de Sienne, -j- 1380, se dévoue au soulagement des misères cachées : dès qu'on lui en signale une elle accourt {Act, sanct. Rolland,^ Aprilis, t. " III, ri/a, pars II, cap. II, p. 122).

Dans les châteaux des seigneurs et la maison plus humble des bourgeois, l'on trouve le pot à aumosne, La coutume est de réserver une part pour les pauvres au milieu de la surabondance des repas ; cette part les valets sont chargés de la recueillir dans des pots, des plats, des corbeilles. Ces pots à aumosnes peuvent être d'un grand luxe, marqués aux armes de leurs possesseurs, ou tout simplement des vases de terre. En certaines occasions on ajoute quelques pièces de monnaie ^\

A l'époque du Dante beaucoup de seigneurs italiens, par une pieuse coutume, donnent aussi à des intervalles plus ou moins longs, quelquefois tous les jours, le gîte et la nourriture à un nombre déterminé d'indigents (Cibrario, o/>. c//., p. 70).

6i. .4c/. sanct. Bolland., Sept., t. Il, vita altéra, § 7, p. 4iO.

65. Act. sanct. liolland , Februarii, t. III, vUa, cap. II. S H-18, p. 306,

66. n Pour XIII pouvrc» qui furent au mandé XIIII s. 1 cl. » (G. IIag:enians, Vie domestique d'un seigneur châtelain au Moyen Age, in-12, Verviers, 1888, p. 20, 65 et 85).

Les parents développent chez leurs enfants lesprit de charité et aiment d'une manière particulière ceux qui montrent de Taffection pour les malheureux :

« Les pauvres gens ont leur part dans les libéralités de Bertrand du Guesclin encore jeune, il lui arrive parfois de se dépouiller de ses habits pour les donner à des mendiants quand il ne peut les assister autrement. C'est le fait pourquoi son père Taime le plus et pense bien que son lils lui fera honneur :

So est H fais pour coi son père plus Tamoit,

Et peiisoit bien qu'ainsi à honuour il vendroit^''.

Le maréchal de Boucicaut ne le cède en rien au vaillant Connétable : « et encore neluy suffisent les aumosnes que ilfaict au pays où il est ; ains, pour ce qu il scait que à Paris y a maintes secrètes grandes pauvretez il envoyé souvent très-grand argent pour employer en tels usaiges à gens qu'il commect à ce faire. Volontiers donne à pauvres prebstres, à pauvres religieux et à tous ceulx qui sont au service de Dieu. Et à tout dire, jamais ne fault à nul qui luy demande pour lamour de Dieu. Et quant il chevauche dehors volontiers donne Taumosne de sa main, non mie un petit denier à la fois, mais très largement. Si est secourable et très grand aumosnier ^. »

Quant àBayard, (idèle aux enseignements maternels ^'»^, « il est lui aussi grand aumosnier et fait ses aulmosnes secrètement. Il n'est rien, si certain qu'il marie en sa vie, sans en faire bruyt, cent povres filles orphelines, gentilz femmes ou autres. Les povres veufves, console et leur départit de ses biens. »

Souvent ces dévouements personnels donnent naissance à des œuvres utiles. Ainsi à Milan, 1496, deux gentilhommes inspirés par un sentiment de piété se mettent à pratiquer l'assistance des

6". Siméon Luce, Hist.de Bertrand Du Guesclin, in-8, 1876, p. 24.

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