DE L AFFECTATION DES ASILES HOSPITALIERS
liberalitas et munifîcencia. » On héberge les nécessiteux, en quelque moment qu ils se présentent, et quel que soit leur nombre. Le passage de Tétang n*offre alors aucune difficulté : un pont solidement établi rattache Tîle à la terre ferme. A l'extrémité continentale de ce pont, s'élève, du reste, une hôtellerie, précédée d'un vaste portique et soigneusement entretenue, où les pauvres trouvent toujours un abri, et où se distribuent les aumônes quand la violence de la tempête ne permet pas de gagner sans péril l'autre bout. En temps ordinaire, les pèlerins ont dans l'île un logis et une nourriture assurés. Le prévôt leur fournit à tous du pain du plus pur froment. : « Tenetur dare Prepositus panem canonicis et omnibus venientibus ad insulam Magalonensem, ibidem comedere volent ibus et commorantibus, panem videlicet frumento puro et mundato » (Germain, op, cit., p. 47).
Les voyageurs qui se rendent à Saint-Jacques passent fréquemment par Roncevaux ; une fois là, après deux ou trois étapes, ils arrivent à Pampelune, ville hospitalière où existe un vaste établissement pouvant abriter de 4 à 500 personnes. Sur le sol de l'Espagne, et dès le x* siècle, rois, évêques, particuliers rivalisent de zèle pour favoriser les pèlerinages, construire des ponts, améliorer les routes ; des associations armées protègent les voyageurs '^.
Une fois le but de leur pèlerinage atteint, s'ouvre pour ces voyageurs le magnifique asile dû aux rois catholiques et qui n'exclut que les personnes atteintes de maladies contagieuses : (( ha de recibir à todos los enfermos de mal no contagioso que se le presenten. »
Quatre chapelains, de nationalité : française, allemande, flamande et anglaise, témoignent par leur présence de la diversité d'origine des individus qui y sont admis.
13. M S. Domingo de la Calzada abre caminospara los pere^inos que visilan el sepulcro del Apôstol ii^anliafco, los socorre é instruye, le» or^raniza una hospederia en el mismo palacio del Rey D. Alfonso Vï de Castilla, y echa sobre el rio Oja el hermoso pucnte que aun subsiste » (Iplesias, op. cit.. I, p. 16). A Aubrac, dans les rudes montagnes du Rouerguc, nous trouvons Thôpital desservi par : des prêtres administrant les sacrements ; des chevaliers défenseurs de la maison, servant d'escorte aux pèlerins^ et enfin des frères affectés au service des pauvres et des malades.
Il e«t imp^/v^iU^ 4'é\SihMfr 1*t cbiffre des Xerêodochi^ : oo les trooY^ ^1 Um» li«tix. A N^sifitiirs. l'aamônerie desponUfjutfoode ('Ji^Ht:% d#r BloL% 1362-1367 béberge les pèlerins de Saint- J«cqci^r^ et ceux dfr Saint-Méen. I^es hôpitaux de Montpellier ^titT^A^ HU\ fH%%Hnts sont nombreux : asiles à Avranehes sur Id r^mUf du Mont Saint-Michel: centaines d'établissements €m\'^ri% en Kuropn v^us le vocable de saint Julien de Brioude.
A Pan«« la confn'-rie S^int-Jacques. rue Saint-I>enis. abrite chaque nuit. ;iu xi%'* siècle. «' de xl à l povres qui ont chascun %fHr chacun un quartier d'un pain de denier et un gobelet de vin a Uiire^*, »
I^ nvtimm Sainte-Catherine, ouverte vers 1188, admet les [lauvre» filles ou femmes sans asile, les hospitalise trois jours et trois nuits.
Au S^int-Ksprit créé, en 1363. par une réunion de bourgeois parisiens, Thospitaliié de nuit pour les femmes est pratiquée, durant les deux premiers siècles au moins de son existence. La maisiin « doit recevoir au soir et mettre hors au matin les |K>vres femmes passans, vieilles ou jeunes de quelque aage qu*elles soient, qui n'ont lieu ne refuge où elles puissent être hébergées »» (h\ M. J. B., op. cit., p. 8-lOj.
A Cillais, maison « pur sustentation des pilrines et autres [M)V(îrez gentz repairantz au dite ville, pur eux reposer et refresher » (li02j fJusserand, op. cit., p. 221). La charte de la fondation de Thôpital Saint-Julien de Lille fl321) porte qu'il est insiitué afin de « coukier povres irespassans cascune nuit ; li quel povre s'en doivent partir Tendemain au matin ; et ne poeent ne doivent estre hiebreghiet ou dit hospital, le viesprée ensuivant, cliil qui celle nuit i aront geut (couché), anchois i doivent estre hiebreghiet nouviel trespassant tant que li (seize) lit soient plain » (1)'" Folet, op. cit., p. 79).
Si nous nous transportons en Italie, nous pouvons, à titre d'exemple, citer des refuges analogues. A Venise, divers asiles sont aiïectés principalement aux pèlerins de Terre-Sainte. L'hôpi-
14. Hordier, Mém, soc. hist. de Paris, I, p. 186 et suivantes ; Du Rreul (édit. de 1*13U), p. l'.\2. Kii 1;M(1 il existe sur la chaussée Saint-Denis l'hôp. Imbert de Lyon^ Ayant la m^mc destination; il est englobé plus tard dans rétablissement des HUéi-Di§u (Léon Le Grand, Maitons-Diêu, op. cit., p. 235).