Dom Morice, Hisl. de Bretagne, preuves ^ I, p
30. Léon Le Grand, Maisons-Dieu , op. cit., p. 267. Pour éviter les abus qui s'iuiroduisent dans l'hôp. de Bar-le-Duc, le duc René ordonne en 149S que « les femmes enceintes ai/anf /)ien cfon( elles poussent s'entretenir ne soient repcuz esdictz hospitaulx et qu'elles trouvent moyen daller accouchier ailleurs » (D' Bï^illot, Bar-le-Duc, op. cit., p. 16).
L'hôpital de Commine (Flandre), xii^ siècle, est destiné aux malades et aux chartriers, c'est-à-dire aux infirmes qui ne peuvent quitter leur Ht ; c'est ce que veut Vital Carie à Bordeaux "^^
Ailleurs, au contraire, comme à Valenciennes, défense d'amener les chartriers et les paralytiques qui occupent des places si nécessaires aux « gens malades, couchants au lit, agravez de maladies curables et vraisemblablement sannables, comme de bleschures, navreures, cassuelles, fistules, acc^s de fièbvres, chaude maladie ou aultres semblables maladies, à la discrétion et ordonnances des commis-^». »
A Rome, les hôpitaux Saint-Roch et Santa-Maria del Orto admettent plus spécialement les individus atteints de fièvre ou les blessés.
Lépreux, malheureux souffrant d'affections contagieuses, pestiférés sont écartés des Maisons-Dieu. 11 existe néanmoins des époques de calamités où certains hôpitaux, comme celui de Florence, par exemple, doivent recueillir tous les patients en attendant que Ton puisse ouvrir des lazarets séparés ^^',
Pour résumer ce qui concerne cette catégorie d'asiles hospitaliers, nous dirons qu'ils cherchent à pratiquer les sept œuvres de miséricorde, tellesque les conçoit le Moyen Age : u Ksurientes •pascere ; Potare sitientes ; Hospitio excipere advenas ; Vestire nudos ; ^gros curare ; Liberare captivos ; Sepelire mortuos. » Œuvres condensées dans ce vers :
Vestio, poto, ('il)o, redimo, lego, colligo, coudo.
31. « On recevra dans rétablissemenl les pauvres malades qui ne peuvent aller, ni demander Taumône, ni chercher leur vie. •» Il permet aussi d'admettre les voyageurs à l'exception des truands {Inv., op. cit., p. 58 .
32. Ordonnance Philippe de Bourgogne, 24 juillet 1 134 (Lejeal, op. cit., p. 5 et 6).
33. Santa Maria Nuova : « Sebbene fosse stata ordinata la edificazione di uno spedale per gli ammorbati di peste, passarono non ostante molti onni innanzi che ciô avvenisse, e durante qucsto tempo i pesliferati furono, non senza pcricolo e lamenlo, ricovrati ecurati nello spedale comunc »» (Andrcucci, op. cit., p. 12).
DE l'affectation DES ASILES HOSPITALIERS 129
§ 4. — Des maisons affectées à des catégories distinctes d'infortunés ^*,
Le sort des fous laisse k désirer ; mis souvent au rang des criminels responsables de leurs actes, ils sont conduits en prison •^^. L* Allemagne parait donner la première le modèle d'un asile distinct pour soigner ces infortunés ; celui de Hambourg remonte, en effet, à Tannée 1375. Un citoyen de Lubeck, alloue une somme de 400 marks pour la construction d'une maison d'aliénés et, de plus, 1.000 marks destinés à l'entretien de l'établissement (1479). En 1471, le conseil de Bamberg fait construire une maison pour les individus privés de raison. Une partie de l'hôpital Saint-Revilien de Cologne est affectée à cet objet, et Esslingen possède également (1500) des locaux affectés aux aliénés (Uhlhorn, p. 298).
Vers l'an 1400, les déments sont admis à la Mirandola dans un asile fondé par une confrérie ; à la réception des enfants trouvés, des pèlerins, se joint le soin des lunatiques : « e a ver cura de 'pazzi » (Molinari, op, cit., p. 5). Au commencement du xvi® siècle, même assistance à San Vincenzo in Prato de Milan : « e non solo ritirati e custoditi, ma anche assistiti e curât i » (Luigi Vitali, op, cit., p. 368).
L'Espagne ne reste pas en arrière ; on place la fondation du premier établissement en 1409 ; il s'élève à Valence et est dû à « la asociacion de los inocentes » , fondée par frère Jofre Gilaberto, de Tordre de la Merci; Don Alphonso V d'Aragon crée la maison de « Nuestra Senora de Gracia à Saragosse (1425) ; Mârcos Sanchez de Contreras, celle de Se ville (Los Inocentes) (1436) ; Sancho Velazquez de Cuellar la casa de Oratcs à Valladolid (1489) » (Iglesias, op. cit., I, p. 294).
34. Nous laissons toiyours de côté pour le moment les enfants trouvés et les orphelins, qui seront Tobjet d'une étude spéciale.
35. « L'échevinage condamne au bannissement perpétuel une jeune folle qu accablait d injures les gens les plus honorables. Une autre fois il fait enferme dans la tour basse de Tune des portes de la ville un homme furieux et dangereux dont on recommande la surveillance aux voisins. . • » (De Galonné, La vie municipale au XV*iiècle dans le Nord de la France, in-8, 1880. p. 138-139).
En Angleterre, le juge doit assurer à Tidiot de naissance, « fatuus a nativitate », un tuteur pour sa personne et un curateur pour ses biens. Ces fonctions conférées originairement aux seigneurs deviennent prérogatives royales sous Edouard 1^' (xiii® siècle). Le roi s'occupe de faire donner à ces infortunés Tassistance nécessaire ^^\
En France apparaît dès le commencement du xiv^ siècle la curatelle des majeurs atteints de folie, sans que le souverain jouisse du revenu de leurs terres. Le bailli d'Amiens (1303) est chargé de nommer, sur avis du conseil de famille, un curateur à un dément dissipateur : « tutor ydioto et mente capto ^^. »
Le soin des pauvres dénués de raison semble être laissé aux parents, aux seigneurs hauts justiciers ou autres autorités chargées de la police.
Pour ce qui concerne les aveugles •'^, la pensée se reporte immédiatement vers Tasile créé par « Monseigneur saint Louis », les Quinze- Vingts, non en faveur de 300 chevaliers auxquels le Soudan fait «rêver les yeux lors de la croisade, comme le veut la légende '^^, mais au profit des pauvres aveugles de la cité de Paris, privilège étendu plus tard à tout le royaume (xv® siècle).
C'est moins d'ailleurs un hôpital qu'une maison de refuge, « domus hospitalitatis*^», où les malheureux privés de la vue viennent habiter ensemble sous le nom de frères et de sœurs, et mettre leur petit avoir en commun, se donnant eux-mêmes à la confrérie. Rien dans l'asile n'est organisé en vue de soins médicaux à fournir aux administrés.
36. « S*il est constaté qu*il 8*a§^it d'un purut idiota a nativitate le Roi prend la garde de la personne et des biens de Taliéné, à charge de rendre compte à ses héritiers » (Glasson, Hist. des Instii., op. cit., III, p. 173).
37. Paul VioUet, Précis de l'hist. du droit français, op. cit., p. 465-466.
3S. Pour tous les détails, consulter la remarquable thèse de Léon Le Grand, Les Quinze-Vingts, in-8, 368 p., Paris 1887.
39. La condition sociale ne fut jamais l'objet d'aucune règle. Une femme noble pouvait s'y rencontrer avec une courroyère, un prêtre pouvait y coudoyer un boulanger ou un fourreur, un médecin s'y trouvait à côté d'un tavernier ou d'un maître d'école (Léon Le Grand, op. cit., p. 219).
40. « Que saint Louis ait, oui ou non, rencontré une congrégation d'aveugles formée avant lui dans la ville de Paris, il méritera toujours le titre de ft)ndaleur des Quinze-Vingts, car c'est lui qui en a fait le grand établissement charitable que nous allons voir se développer. . . w (Léon Le Grand, op, cit.t p. 21).