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I)E L^ÂFFECTATION DÈS ASILES HOSPITALIERE

11 existe d'ailleurs d'autres institutions similaires, en dehors des grandes créations charitables des premiers siècles, dues aux Basile et autres évêques, et qui comprennent certainement les aveugles au nombre des indigents assistés. On peut citer au Moyen Age des « aveuglcries, » Guillaume le Conquérant fait diverses fondations au nombre desquelles figurent quatre hôpitaux institués à Cherbourg, Rouen, Bayeux et Caen, pour recevoir les aveugles ^^

A Bayeux, en 1448, il subsiste encore une congrégation d'aveugles placée sous la juridiction du grand doyen de la cathédrale ^2.

Citons aussi :

1® La maison de Chartres {les Six-Vingts) destinée à loger, recueillir et consoler les pauvres privés de la vue et autres misérables personnes de la cité (1292). Cet asile fusionné ultérieurement avec l'hôpital de la ville conserve sa destination première.

2** L'établissement Jean Rose à Meaux ouvert à 25 aveugles et à 12 pauvres passants.

3** La congrégation de Châlons-sur-Mame portant le nom àiAveulas,

4® L'hospice allemand de Hanovre où sont soignés les aveugles (1256) (Uhlhom, p. 204).

5** Une société anglaise, Guilde de la Vierge Marie, qui s'occupe de ceux de ses membres qui perdent la vue.

6** Une autre confrérie établie à Padoue (xiv® siècle) et composée principalement d'aveugles.

7** La fondation de Tournai due à Laurent de Hollande, chapelain de l'église Notre-Dame (1351), « pour et au nom des pauvres aveugles mendians, quiconque le sont ou seront, jusques au nombre de treize bourgeois oumanans d'icelle ville,

41. Léon Le Grand fait remarquer qu'il ne faut pas confondre cette maison de Rouen qui eut une courte durée avec celle du Saint-Esprit de la même ville réunie plus tard aux Quinze-Vingts {op. cit., p. 295).

42. Nous avons, dit Léon Le Grand (p. 296), plus de renseignements sur les aveugles de Caen. Au xiv* siècle les bâtiments sont réédifiés à la suite d'un don, et en 1399 les aveugles obtiennent le droit de porter la fleur de lit et de jouir des autres prérogatives des Quinze-Vingts.

afin qu'en icelle maison, les dits aveugles puissent vivre en paix et en tranquillité Tun avec l'autre, et vivre en bonne union et obéissance » (Delannoy, op. cit., p. 170 et suiv.^^)^

Plusieurs asiles s'ouvrent également dans diverses contrées pour abriter les filles de mauvaise vie désireuses de renoncer aux désordres passés pour mener une existence d'honnêteté et de repentir.

Un prêtre fonde vers 1220-1225 deux couvents, l'un à Worms, , l'autre à Strasbourg, avec cette affectation spéciale. Des fondations analogues existent à Erfurth ; dans le Mecklembourg ; à Prenzlau (Poménarie) ; à Ratisbonne ; à Neuenkirch, près Lucerne (Uhlhorn, op. cit., p. 299-300).

La maison des Filles-Dieu de Paris (1225?) est mise au rang des « lieux pitéables », Guillaume d'Auvergne convertit un grand nombre de femmes « folles de leur corps » et entreprend cette fondation qu'encourage Louis VIll (Léon Le Grand, Maisons-Dieu, op. cit., p. 194 et suiv.).

La plus ancienne mention d'im refuge à Marseille remonte à l'année 1381.

En 1357, Bartolomeo dal Verde organise, dans le même but, à Venise, un institut qui dure peu faute de ressources : « ospizio ove ricoverare le prostitute che volevano purgare una vita d'infamia collo esercizio délia penitenza e délia virtù (Bembo, op. cit., p. 280).

Condom possède un refuge fondé et doté par le chapitre de la cathédrale (1472)**. A Lille, Jehan de la Cambe « offre aux filles de légère vie qui se veulent réduire et oster du péché public, un lieu où elles se puissent retraire pour amender leur vie au salut de leur âme » (Folet, op. cit., p. 41).

On rencontre enfin, partout, de petites maisons de retraite analogues à celles qui existent de nos jours.

Dès le XIV* siècle. Valence possède un asile de sacerdotes pobres. A Tournai (1251), l'évêque Walter de Marvis veut

43. Léon le Grand cite encore [une maîhon analogue à Bruges (1400), op. cit.^ p. 307.

44. Ces repenties furent expulsées de la ville vers 1528 pour leur mauvaise conduite, « plus los juratz et la justici fem d abis de getar de la vila les Rependidas per so que fom advertitz que no se guobernaben pas bien » (Inv., op. cit., p. 12).

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satisfaire aux besoins des prêtres auxquels on retire leurs bénéfices en raison de leur vieillesse et consacre des sommes importantes à ouvrir un hospice où ils sont reçus ^^.

La grande majorité de ces petites maisons pourvoit au soulagement de veuves ou d'honmies âgés, d'une bonne conduite ^^, incapables de gagner leur vie ; de 50 à 60 ans environ. On admet souvent de préférence les personnes déchues de leur chevance (fortune) : Lille, 11S8-1291; Venise : « donne impotenti, colla preferenza aile nobili. » A Genève, Tasile que construit François de Versonay (1434) est confié à la confrérie de la sainte Eucharistie et affecté aux pauvres honteux : « hospitale pauperum de statu felici ad inopiam versorum. » On n'y reçoit pas indistinctement tout le monde; en 1505, im habitant est écarté parce qu'il n'est pas d'une société honnête.

La fondation de Henry Barton, Londres, 1434, s'applique à des individus éprouvés par la perte de leurs biens, tombés dans un extrême besoin, sans être des gens malhonnêtes ou de vulgaires mendiants : « had by divine Visitation and adverse fortune, casually lost their worldly goods, and hadcometo extrême want, of whatsoever art, trade, or conditions they should be, but who were not litigious, dishonest, or common beggars... »

Les personnes ainsi logées gratuitement doivent prier pour « the Lord Henry the Sixth », alors roi d'Angleterre, ses ascendants et descendants {Endotved charities^ op, cit., p. 437).

A Milan, au xv® siècle, à la suite d'une famine, le nombre des pauvres s'accroît, on répartit de vieilles femmes dans des monastères en leur laissant la faculté de sortir pour mendier. 11 en résulte mille abus et l'archevêque fonde un asile où elles sont reçues (L. Vitali, op. cit.^ p. 122).

Les pensionnaires de la maison Sainte-Elisabeth de Trêves

45. C'est une œuvre recommandée par le concile de Mayence : « Qui pro débilita te corporis non valent nec debent sacerdotali officium ulterius exercere, ne ipsos quos ministerii nostri coopérantes habuimus, famé oporteat miserabiliter interire vel necessitate cogente in vituperium ministerii nostri inopprobium ordinis clericalis, in plateis quod Jeronymus detcstatur miseros mendicare » {Conc. Moguntinum, 1261, Mansi, XXIII, p. 1105).

46. Florence : « Ospizio délie vedore di onesta vilà — Sei donne oneste e miserabili mature d'eta » ; Venise : « Povere vedove di buone condizione ; povere vedove ed impotenti di buona condizione e fama. »

doivent travailler selon leurs forces ; les hommes fendent du bois, jardinent, trient les légumes; les femmes filent, tricotent, cousent, blanchissent (Uhlhorn, p. 220 4^).

Londres possède deux maisons de retraite ; Tune en faveur des cabaretiers (Vintners' almshouses) (1446), la seconde destinée aux marins (Salters' Almshouses) (1454).

On rencontre aussi des fondations destinées à la fois à des religieuses et à des femmes pauvres : douze femmes chartrières, débiles et languissantes et trente religieuses ; Roubaix, 1488 (Faidherbe, notes, op. cit., p. 12).

Ajoutons : La maison des Haudriettes à Paris, ou « ospital des Bonnes femmes de la chapelle fondée en grève par sire Estienne Haudry bourgeois de Paris et Jehanne sa femme » (xiv® siècle). L'Hôpital Sainte-Catherine de Ratisbonne, qui, d'après une bulle d'Innocent IV (1245), loge deux cent cinquante pauvres paralytiques.

Ces institutions, contrairement à ce qui a lieu pour les asiles de nuit et cerisines Maisons-Dieu , sont habituellement affectées aux seuls habitants d'une cité et de sa banlieue ; il s'agit, en effet, ici, d'indigents hospitalisés lem* vie durant et non de malades ou de voyageurs.

Le chiffre des individus admis dans ces petits asiles est en général restreint, ils jouissent parfois de chambres séparées et même de maisonnettes distinctes (Félibien, I, p. 591; Brentano, op, cit., p. 125) qu'ils doivent laisser en bon état, abandonnant à l'établissement le chétif mobilier apporté lors de leur admission.

47. A Passau, au commencement du xui* siècle, les bourgeois fondent, d'accord avec le chapitre, Thôpital Saint-Jean, afTecté à la réception de toute personne des deux sexes ne pouvant plus travailler (Ratzinger, op. ci(., p, 349).

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