‹ Histoire de la charitéChapitre 27 sur 112 · janvier 1419 (n. s · texte numérisé non relu

janvier 1419 (n. s

« Qua die ad relacionem domini A. Percrii fuit rcperla una filia parvula porrecta in matutinis in ecclcsia Sancte Cruci» a casu, quam custodes fecerunl baptizari et vocatur Johanncta de Sancta Crucc, qiiani mandaveruiit nutriri de bonis elcmosine per manum domini A. Pererii hinc quousque sit adulta, juxta no>c.M MUREM KccLESiB, supcT clcmosinam »>(Arch. dt^p. du Rhône. — Actes capitulaires de Saint-Jean, livres 9 et 10, f' 241 V*). — Note communiquée par M. G. Gigue.

5. Ropartz, Étude sur le tiers état en Bretagne^ t. I**, p. 132.

doivent être bourgeois de la ville. En février 1320, Téchevinage décide que tout gard'orphènes convaincu d'avoir pris à intérêt l'argent des pupilles est publiquement déclaré parjure et « escassé » de la bourgeoisie.

Les textes retrouvés par M. de la Fonsde Mélicocq^ et consistant en mentions de dépenses faites par ladministration municipale Lilloise, de 1420 à 1600, pour les enfants trouvés, permettent de se rendre compte facilement du mode d'assistance employé à leur égard.

Les municipalités ayant la charge de ces enfants abandonnés sur leur territoire, il existe un intérêt évident pour elles à retrouver l'origine de ces infortunés, de manière à s'aifranchir de dépenses relativement importantes : « Aussi, dit M. Desnoyers, résultet-il de plusieurs témoignages que, dans ce régime civil, cette recherche précède tout autre acte administratif. On procède à la constatation par proclamation et cri public en promenant l'enfant à travers les rues et carrefours; on accorde des récompenses à ceux qui font connaître les parents. »

En 1495 (c on envoie devers les bailly et eschevins du pays de Laleue, afin de constraindre une fille y demeurant, de reprendre son enfant qu'elle avoit délaissié en la dite ville de Lille, lequel y celle ville avoit fait garder certain temps. »

A Amiens, en octobre 1343, un accord a lieu entre l'échevinage et les administrateurs de l'Hôtel-Dieu au sujet des enfants trouvés. Les parties déclarent mettre à néant la procédure née de leurs contestations et conviennent que toutes les fois que des enfants abandonnés sont trouvés par la ville, le maire et les échevins doivent les envoyer à l'hôpital sous la garde de sergents pour y être reçus et nourris. D'un autre côté, « pour raison de carité et aumosgne, lidit maire et esquevin baillent à ledicte Hostellerie les courtoisies et amosnes, ainssi comme autres fois a esté fait 7. »

6. Bulletin du Comité historique, t. IIÏ. Dans le même volume, rapport sur un document inédit concernant les dépenses faites par la ville de Lille pour les enfants trouvés du xv^au xvi* siècle, par M. Desnoyers.

7. A. Thiéry, Monum., tiers état. op. cit., I, p. 502 et 749. A Montrcuil-sur- Mer il existe des mères aleresses, c'est-à-dire des femmes chargées par la municipalité de nourrir et de soigner les orphelins ('Môme ouvrage, t. IV, p. 749 j.

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Aa XV* siècle eo Allemagne ce f>oot presque pariont les con> seils maoicipaax qui se chargeai des malheureiix dont nous parlons Ublhom, o/>. <ri7.. 29i-29o \

Les textes nous montrent dans toute rEorope nombre de maisons hospitalière^ recevant au w* siècle les enfants abanàimïïé%. Tel cet hôpital majeur de Crémone où sont admis, indépendamment des pèlerine et des malades : « gli inCantuli accattaticci vagabonds, mendiants o rimasti orfani de' lor genitori. o mancanti di chi li nutrisca, o nati da donne libère, ed espostialla pnbblica caritâ^. »

A la Mirandole la compagnia dei battu ti o délia misericordÎM recueille dès le xiii* siècle des enfants exposés Molinari, op. cit.. p. 38;. L*Hôiel-Dieu de Nantes possède un quartier affecté aux orphelins. Citons encore les Hùtels-Dieu de Paris. d*Issoudun. de Malestroit ; Thôpital de Douais antérieur à 1271, fondé par la municipalité, etc.

Far contre, on voit des asiles écarter ces délaissés de crainte quUls n*amènent par leur affluence la ruine de la maison: t' Fueri in venti non recipientur in domo nostra » , disent les statuts de r Hôtel- Dieu-le-Com te de Troyes (art. lxxxix) : « quos si receperimus, tanta afflueret copia puerorum quod ad hoc non suffjcerent bona domus; et quod ad nos non pertinet, sed ad parrochiales ecclesias » ; mêmes dispositions dans les règlements de Sain t-Jeand* Angers ^^.

Plus tard, en 1362 et 1445 les lettres patentes portant approbation de la confrérie dite du Saint-Esprit à Paris, indiquent expressément « que la règle qui d'ancienneté a été gardée de recevoir au dit bospital du Saint-Esperit en Grève enfans

H. DariH les ville» allemandes, dit Ratzinger (op. ci7., p. S.')! :, où il n'y avait paM encore de maisons spéciales affectées aux enfants tmuvés, on cherchait, comme à Lille, à découvrir les parents, sans cependant imposer une pénalité (|uclconc|ue. Si les investigationn n'aboutissaient pas on faisait élever le pauvre délaissé dans un hôpital municipal, ou bien il était placé en nourrice, ou bien encore confié à une fondation privée.

9. (jsi hôpital de Crémone avait d ailleurs absorbé plusieurs petits établissements, notamment, en 1260, un ancien brefotrofio (Robolotti, op. cit., lib. I*% cap., quarto j.

10. « XIII. Item iste persone non recipiantur in domo : leprosi, ardentes, contracti, orbati, latrones de novo mutilati vel signati, pueri expositi » (Statuts op. cit., p. iib et 25).

approuvés estre nés en loyal mariage et non aultres, a été tout notoire d ancienneté. » Sans cela, ajoutent ces lettres, « si les revenus du dit hospital estoient employés à nourrir et gouverner lesdits enfants bastards, illégitimes, dont pourroit advenir qu'il y en auroit si grande quantité, parce que moult de gens s'abandonneroient et feroient moins de diffîcultez de eulx abandonner à pescher quand ils verroient que tels bastards seroient nourris davantage ^^ » Cette exclusion est toujours^ comme on le voit, basée sur la crainte du grand nombre de pupilles à recevoir ; il faut ajouter cependant que la plupart du temps cette règle ne s applique pas aux enfants nés hors mariage, dont la mère meurt dans l'établissement : « Se la mère meurt en la Meson Dieu^ ses enfes sera norriz des biens de la Meson Dieu, meesmement s'il n'a point de père », disent les constitutions de Vernon ^Normandie) *2.

En Allemagne les maisons destinées aux orphelins ^^ sont fréquemment distinctes de celles où l'on reçoit les trouvés; comme à Fribourg-en-Brisgau et à Ulm(1386) (Ratzinger, p. 331).

L'asile affecté aux enfants abandonnés à Esslinger est mentionné pour la première fois en 1473; il en existe d'autres à Augsbourg, Breslau, Munich, etc.

L'hôpital de Ségovie qui admet ces pauvres créatures : « destinado â criar niôos expositos y desamparados » remonte à une époque ancienne non déterminée.

Le refuge de l'archiprêtre Dateus à Milan disparaît probablement dans les grands incendies de 1071 et de 1075 ; deux petites

11. Le manuscrit de la bibliothèque nationale contenant Thistorique du Saint- Esprit de Paris (Fonds français, n* 11778) confirme ces dispositions : « seconde cause de la fondation est pour nourrir pauvres enfans orphelins et orphelines qui n'ont père ne mère, ne aultres amyz charneulx ou aultres qui soient tenuz à leur nourriture, non pour les trouvez que par les églises ou paroisses ou par les rues de la dicte ville sont gectez ou délaissez. Car iceulx trouvez estoient et sont secouraz aulcunement par les paroisses^ églises on rues ou ils sont trouvez. . . »

12. Statuts, op. cit., p. 162. Hôtel-Dieu-le-Comte de Troyes, statuts, art. Lxxxvii : « Et si aliqua (mulier) in domo nostra decederit contigerit, orphanus ejus de bonis domus usquead decem annos nutriatur. Et si aliquis puer sub etatem (septem) annorum in domo nostra remanserit sine parente, usque ad decem annos nutriatur, et siprofuerit de bonis domus maritetur » (op. cit., p. \\b).

13. Ces fondations sont nombreuses dans le Nord de la France (D' Folet, op. cit., p. 26-27).

institutioas sont également mentionnées : brefotrofio (ouvert à Saint-Celse à la fin du x^ siècle; fondation del Broglio^ 1145.

Florence possède trois établissements de cette nature ; le premier à Saint-Gallo (1193 ou 1218) ; le second à Santa Maria délia scala (1316j ; le troisième dû à la corporation des ouvriers en soie, (c detta Tarte di Por Santa Maria » (Bargiacchi, op. cit.^ p. 123; Passerini, op. cit., p. 661 à 724).

Une vieille tradition fait ouvrir à Sienne, par un émule de Dateus, une maison d'enfants trouvés au milieu du ix® siècle ; en réalité elle parait remonter seulement à 1233'^.

La municipalité de Pavie crée, en 1479, l'asile dit Santa Maria di porta aurea, elle y est incitée par la situation lamentable des enfants abandonnés, que dévorent les chiens ou les porcs, s'ils ne meurent pas de faim et de froid *•'». Sur l'initiative de Bernardin de Feltre, cette maison en décadence revêt une vigueur nouvelle (1493); elle est confiée aux soins d'une confrérie de flagellants : « di plagipatidi o pazienti *^. »

Ce sont les membres d'une confrérie analogue qui parcourant la nuit les rues de Naples, un vendredi saint, trouvent un enfant exposé et élèvent /â sân^â casa delV Annunziata (1338-1339)*^. Une autre maison (1482) est destinée aux orphelines des ouvriers en soie : « le fanciulle dell'arte che per mancanza digenitoririmanevanosanza guida. » En 1488, les travailleurs de la laine suivent

I i, « Per una vetu^ta tradizione si vuole che il B. Sororc cittadino Senese, fondaHsc in Sicna ncr aiino 832 uno spedale 8otto il lilolo di S. Maria detto poi délie Scala per ricovrarvi infermi, pelleg^rini, e fanciuUi esposii; e questo sarebbe il secorido asilo fondalo in Italia, perô non mancano cronisli e slorici che ritenf^ono fondalo lo spedale di Siena nel 1233, e qucsta seconda epoca è da accetlarsi corne la più vera « (Bargiacchi, op. cit., p. 122 : Passerini, op. cit., p. 660).

15. a Rilevasi infatti da^rli autentici docuinenti, che i presidi c decurioni délia città onde impedire che i poveri esposti, o baslardelli non periscano a cagione délia poca o nessuna cura che si ha di essi, non solo rispelto al corpo, ma ben anche aile loro anime, come pur di récente molli, e molli di essi furono Irovali indiversi luojfhi di quesla cilU di Pavia, allri divorali o lacerali dai cani e dai porci. ed allri morli dai freddo se^nalamenle nella slagione jemalc, e che molli eziando, come si crede, uccidansi secretamenle dalle madri » (Ma^cenla, op. cit., seconda parte, p. 13j.

16. La maison n'avait plus (|ue deux ou trois nourrices avec (/ua^re c/ièiTC* (Père Ludovic de Besse, Vie du bienh. Bernardin de Feltre, t. 1* , 1902, p. 3051.

17. « I congrcgali rinvennero abbandonala, e quasi in lin do vila una fanciullina in fahce. con la seguenle scrilta sul petto : « Buttata. per povertà » (T. Havaschieri Kieschi, op. cit.^ I, p. 107, 108).

cet exemple et ouvrent un conservatoire pour les filles de la corporation exposées à perdre leur honneur, « in un conservatorio le fanciulle povere orfane de genitori nell' arte (délia lana), ed in pericolo deU'onore *8. »

A Pise, un asile d'enfants trouvés, institué en 1219, subsiste jusquà la fin du xiv* siècle; il se trouve, avec un établissement semblable, incorporé, en 1451, dans Thospice Saint-Georges des Allemands.

Venise suit tardivement ce mouvement ; Tannée 1346, un frère mineur, Pietro d'Assisi, ému à la pensée du sort qui attend un trop grand nombre d'abandonnés, parcourt la ville en criant Pietà! Pietà! pour recueillir des offrandes, et organise une confrérie qui élève un asile que les papes Clément VI (1346) et Innocent VIII (1480) enrichissent d'indulgences (Bembo, op. cit.^

Ces fondations sont distinctes les unes des autres ; un ordre hospitalier, celui du Saint-Esprit de Montpellier, suscite, au contraire, toute une catégorie d'hôpitaux relevant d'une direction commune.

§ 2. — L'ordre du Saint-Esprit de Montpellier,

Un habitant de Montpellier, Gui, qui appartient peut-être à la noble lignée des Guillems, fonde vers 1160 un ordre hospitalier voué au soulagement des pauvres, des malades et des enfants trouvés. Cette famille religieuse grandit rapidement, et Tan 1198 le pape Innocent III en fait le plus bel éloge : « Ainsi que nous l'apprenons, dit le Pontife par le récit véridique d'un grand nombre, l'hôpital du Saint-Esprit ouvert à Montpellier, grâce à la sollicitude de notre cher frère Guy brille entre les autres hôpitaux nouvellement institués par l'éclat de la religion autant que par l'exercice d'une immense charité. Là en effet les affamés sont rassasiés, les pauvres vêtus, les infirmes soignés ; les indigents trouvent des consolations comme nulle part ail-

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