Bons habitants de Beaune, Je suis le Trézeleur
C'est moi qui carillonne Les fêtes du Seigneur.
Quant une postulante Se présente au saint Lieu, Pour être la servante Du pauvre et du bon Dieu,
l'architecture hospitalière au moyen AGE 161
Ces cloches au nombre de quatre se trouvent placées dans un clocher élevé, qui montre de loin sa flèche hardie, capable de déGer les siècles ; huit pinacles forment couronne au sommet de sa base.
La porte d'entrée, remarquable, présente un guichet armé de pointes acérées ; quant au marteau ciselé ou heurtoir sur lequel rampe une salamandre guettant une mouche, c'est une merveille de ferronnerie.
Cette porte est abritée par un porche en forme d'auvent, surmonté d'ï^iguilles portant banderoles, de statues^ le tout d'une élégance incroyable : « Il y a tant de légèreté, tant de souplesse dans sa contexture, qu'il semble n'être en quelque sorte soutenu que par Tair à la place qu'il occupe. » (Verdier et Cattois, op. cit,, I, p. 5).
A droite, le long du mur, règne un banc de grès que protège un appentis permettant aux pauvres de se reposer au seuil de la demeure hospitalière ^6.
Le vestibule donne accès sur la cour d'honneur, vaste parallélogramme entouré à Test et au midi par une galerie à deux étages, soutenue au moyen de colonnes ; on accède à celle du haut par des escaliers en spirale qu'accompagnent de gracieuses tourelles 27.
Le toit immense, à pente rapide, auxtuiles vernissées formant losanges, est coupé de baies hautes, pittoresques (grands et petits louvres) ^8, destinées à jeter dans tout l'édifice l'air et la
Ma main se précipite Car je suis Trézelenr, Et mon clavier s'agite Pour chanter son bonheur.
26. « Un appentis préservait de la pluie du ciel et des toits ces sièges dont la voirie n a pas su respecter Thospitalière destination »> (Verdier et Cattois, op. cit.,
27. « A la rencontre des deux côtés de cette galerie, un escalier en limaçon se termine par une tourelle octogonale dont la silhouette se détache admirablement des grands combles. Les deux promenoirs inférieur et supérieur se détournent en passant en demi cercle, au devant de sa cage... A Textrémité des bâtiments du midi, une tourelle carrée renferme un autre escalier en spirale auquel on accède de l'aire môme de la grande cour »> (Verdier et Cattois, op. cit.^ I, p. 4).
28. n La tradition rapporte que les charpentiers de Beaune ayant brigué l'honneur de construire ces louvres^ chacun de ces artistes s'ingénia à décorer à sa façon ce qui lui était échu, tout en conservant l'unité du plan de l'architecte » (Abbé Bavard, op. cit. y p. 21).