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CHAPITRE VII

§ 1**^. — Considérations générales.

Il résulte des documents qui précèdent que nombre de petits asiles du Moyen Age sont desservis par des époux ; une veuve. A Saint-Affrique, « un prêtre idoine et une femme veuve sont chargés, le premier des soins spirituels, la seconde des soins temporels à donner aux administrés. » Lors de ses inspections dans rile-de-France, Jean de Villescoublain trouve, en 1351, la Maison-Dieu de Palaiseau réduite à un état lamentable. Le maître est parti après avoir vendu les biens mobiliers ; une pauvre vieille reste seule. Le Visiteur place un gardien provisoire, puis « fait délivrer par Tévesque des lettres de fraternité à Gilles Guillion et à sa femme Eudeline. » Ces époux apportent à rétablissement une somme de trente livres avec les revenus de leurs biens. Gilles remplit la charge de maître (Léon Le Grand Maisons-Dieu y op. cit., p. 101).

1. Principaux ouvra^i^es consultés: Passerini, op. ciL^ ArcispedalediS. Maria, Nuova, Rcfçolamenio, p. 839-850 ; Ph. Guifn^ard, Les anciens statuts de l'Hôtel- Dieu-le-comte de Troyes^ in-8, liii-115 p., Troyes, 1854; Luciano Banchi, Statuti volgari de lo spedale di santa Maria vergine di Siena scritii Vanno MCCCV.in- 12, xxii-120 p., Sicna, 1864 ; E. de Coussemaker, Hôp. et couvent Saint-Jean k Bourbourg, cxl. Ann. Comité flamand de France, t. IX, in-8, 73 p., Lille, 1868 ; F. Apollinaire, capucin, £5sa< sur les Franciscaines hospitalières et garde-malades depuis le XIII' siècle {Antiq. de la Morinie. t. IV, 1867-1871, p. 564, à 591 ); Delannoy, op. cit.. Hôtellerie Notre-Dame de Tournai^ Règrlcm. de 1238. p. 21-29 ; Hôp. Saint-Eleuthère^ Règlem. de 1400, p. 66 à 71 ; Léon Thomas, Les Prieures de VHôtel-Dieu de Pontoise. in-8. 20 p., Pontoise, 1882 ; J.-M. Richard, Cart. de l'hôp. Saint-Jean en VEstrée d'Arras, FJtud. sur le règlem. intérieur de cette maison et des hôp. d'Ifesdin et Gosnay. in-8, 154 p., 1888 ; Régula ordinis sancti spiritus, Miprne, Patrol. latin., t. GCXVn, 1889, p. 1137-1158 ; Léon Le Grand, La règle de i Hôtel-Dieu de Pontoise^ in-8, 54 p., 1891.

166 HISTOIRE DE LA CHARITÉ. — PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE YIl

Il arrive aussi que des bienfaitrices fondent une œuvre, groupent autour d'elles-mêmes des âmes dévouées et gouvernent le refuge sans règlements particuliers. La directrice vient ensuite à mourir, le zèle de la première heure se ralentit. Les autorités ecclésiastiques ou municipales^ au courant de ce désordre, interviennent, exigent Tadoption de règles de nature à ramener la discipline. Les habitudes d'indépendance sont les plus fortes, toute sujétion est repoussée, il faut remplacer Tancien personnel par des religieuses 2.

A Laval, Taumônerie Saint-Julien est dirigée, au xiii® siècle, par des séculiers tous égaux ; leurs signatures figurent au bas des actes; plus tard nous trouvons là, comme partout, un maître, des frères, des sœurs 3.

C'est cette organisation que nous rencontrons, en effet, dès qu'il s'agit d'un établissement unpeuconsidérable, et, ainsi que le dit Léon Le Grand, « les confréries au caractère mal défini qui peuplent d*ordinaire les petits hôpitaux de campagne, font place bien souvent à des femmes consacrées à Dieu et aptes aux fonctions charitables ». « Âc nonnule Deo dicate mulieres pro vacatione aptiori ad opéra carifatis circa infirmos illuc accedentes » (Denifle, Hosp, paup. Aurelianen,, op, cit.^ I, n® 99, P-29).

Saint Louis installe à Pontoise, pour servir les pauvres et les malades, des sœurs ayant fait profession, « sorores velatae. »

C'est d'ailleurs une prescription du Concile d'Arles, car les laïques ou clercs séculiers laissent parfois fort à désirer, ils appliquent à leur profit les revenus de la maison ; ils les dévorent^ selon l'expression énergique des Pères. Ce canon rédigé en 1260 peut servir à confondre les partisans de la prétendue laïcisation imputée au Concile de Vienne (1311), soit 51 ans après *.

2. Ce fait se passe à Saint-Omer, 1417-1427 (Deschamps de Pas, op. cii.^ p. 105 â 121). Au Mans, 1470, les maf^islrats font venir des religieuses du tiers-ordre de Saint-François du monastère de Brugelette (Hélyot, op. cit., VII, p. 304).

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